Quatre mois après la disparition de Manon Relandeau, une éleveuse de Loire-Atlantique, sa famille reste sans nouvelle et le principal suspect, son époux, est détenu en Algérie sans que les enquêteurs français ne puissent l’interroger. Nathalie Rousseau, la mère de la jeune femme de 31 ans, a pris la parole ce samedi 8 août 2026 pour exiger une intervention d’Emmanuel Macron auprès des autorités algériennes, afin de débloquer une coopération judiciaire jugée insuffisante. Selon Le Figaro, Manon Relandeau a été aperçue pour la dernière fois le 27 mars 2026 à son domicile de Saint-Étienne-de-Montluc, près de Nantes, avant que son mari, Karim Boukhari, ne prenne la fuite avec leur fille de 15 mois, Inaya.

Ce qu'il faut retenir

  • Manon Relandeau, une éleveuse de 31 ans, a disparu le 27 mars 2026 dans la région nantaise ;
  • Son époux, Karim Boukhari, est suspecté d’avoir commis un meurtre et d’avoir enlevé leur fille, Inaya, alors âgée de 15 mois ;
  • Karim Boukhari a été interpellé fin avril 2026 en Algérie, mais les enquêteurs français n’ont toujours pas pu l’interroger ;
  • Nathalie Rousseau, la mère de Manon Relandeau, a appelé Emmanuel Macron à intervenir pour faire avancer le dossier auprès des autorités algériennes ;
  • Une enquête pour meurtre et enlèvement d’enfant a été ouverte le 7 avril 2026.

La disparition de Manon Relandeau, une éleveuse établie à Saint-Étienne-de-Montluc, a plongé sa famille dans une incertitude insoutenable. Une enquête pour meurtre et enlèvement a été ouverte le 7 avril 2026, mais quatre mois plus tard, l’enquête piétine faute d’accès au suspect principal. Karim Boukhari, 34 ans, a été arrêté fin avril en Algérie, où il s’était réfugié avec leur fille, Inaya. Pourtant, les autorités judiciaires françaises n’ont obtenu ni son extradition ni la possibilité de l’interroger sur place, alors qu’il constitue la clé de voûte du dossier.

Côté algérien, les raisons de ce blocage restent floues. Le Figaro indique que les démarches diplomatiques et judiciaires engagées par la France n’ont, pour l’heure, abouti à aucun résultat concret. Nathalie Rousseau, la mère de la victime, a choisi de s’adresser directement au chef de l’État dans une tribune diffusée ce week-end. « Je supplie monsieur le président de la République de m’aider à faire avancer le dossier relatif à la disparition de ma fille Manon auprès des autorités algériennes », a-t-elle déclaré, soulignant l’urgence de la situation.

Pour les proches de Manon Relandeau, l’impossibilité d’obtenir des réponses sur son sort — vivante ou décédée — s’ajoute à l’angoisse née de l’éloignement de sa fille. Inaya, aujourd’hui âgée de 15 mois, est toujours en Algérie avec son père, dont le statut juridique local reste indéterminé. Les avocats de la famille évoquent des lenteurs administratives et des obstacles juridiques, sans pouvoir préciser si un mandat d’arrêt international a été transmis ou si une demande d’extradition a été formulée.

« Je supplie monsieur le président de la République de m’aider à faire avancer le dossier relatif à la disparition de ma fille Manon auprès des autorités algériennes »
— Nathalie Rousseau, mère de Manon Relandeau

Les autorités algériennes n’ont, pour l’instant, pas réagi publiquement à cette demande. Du côté français, le ministère de la Justice et le parquet de Nantes se refusent à tout commentaire, invoquant le secret de l’instruction. Pourtant, des sources proches du dossier confirment que des démarches sont en cours, mais sans garantie de succès. En Algérie, les conditions d’extradition dépendent de traités bilatéraux, souvent longs à appliquer, surtout lorsque les faits reprochés sont qualifiés de meurtre par les autorités françaises.

Cette affaire met en lumière les limites de la coopération judiciaire entre la France et l’Algérie, deux pays liés par des accords d’entraide, mais dont les procédures peuvent s’avérer inefficaces en pratique. Les disparitions forcées ou les enlèvements d’enfants transfrontaliers soulèvent régulièrement des difficultés, notamment lorsque le pays de refuge n’est pas signataire de conventions spécifiques ou lorsqu’il invoque des raisons de souveraineté.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines pourraient être décisives. Une réunion diplomatique entre les ministères de la Justice des deux pays est attendue début septembre, selon des sources concordantes. Si aucune avancée n’est enregistrée, la famille Relandeau pourrait envisager des recours juridiques supplémentaires, comme une saisine de la Cour européenne des droits de l’homme. Quant à Inaya, son retour en France dépendra avant tout de la conclusion des procédures en cours — et de la volonté des autorités algériennes de coopérer.

Cette affaire rappelle que les disparitions, même dans un pays voisin, restent un défi majeur pour les familles et les institutions. L’attente d’une issue, quelle qu’elle soit, pèse désormais sur le quotidien de Nathalie Rousseau, qui continue de chercher des réponses, malgré l’absence d’espoir exprimée publiquement.

Karim Boukhari est détenu en Algérie depuis fin avril 2026, mais les autorités judiciaires françaises n’ont pas obtenu l’autorisation de l’interroger sur place ni son extradition vers la France. Les raisons officielles ne sont pas communiquées, mais cela peut tenir à des lenteurs administratives, à des obstacles juridiques liés aux traités d’entraide, ou à des positions divergentes entre les deux pays sur la qualification des faits.