La Fifa s’apprête à lancer la Coupe du monde 2026, coorganisée par les États-Unis, le Mexique et le Canada, alors que son président, Gianni Infantino, fait face à un examen renforcé de son mandat. Selon Courrier International, qui s’appuie sur une enquête publiée par la revue espagnole Panenka, la présidence d’Infantino, en place depuis 2016, reste marquée par des tensions entre ses discours novateurs et les critiques récurrentes sur l’opacité de sa gestion.
Ce qu'il faut retenir
- Gianni Infantino a été élu à la tête de la Fifa en 2016, après une période de scandales sous la présidence Sepp Blatter.
- Son mandat, marqué par des promesses de transparence, est régulièrement associé à des accusations d’opacité et de concentration du pouvoir.
- La Coupe du monde 2026, dont le coup d’envoi est donné ce 11 juin, coïncide avec des critiques sur la gestion logistique et politique de la Fifa.
- Samindra Kunti, journaliste belge auteur d’enquêtes sur la Fifa, qualifie Infantino d’« intouchable » dans un article pour Panenka.
- Le cas de l’équipe d’Iran, contrainte de s’installer à Tijuana pour éviter les trajets épuisants, illustre les défis logistiques de l’organisation.
Gianni Infantino incarne une figure controversée au sein de la Fifa. Selon Samindra Kunti, auteur d’enquêtes sur l’instance, le président suisse est aujourd’hui considéré comme « intouchable ». Une affirmation qui prend un relief particulier à l’approche de la Coupe du monde 2026, dont la phase finale débute ce 11 juin pour s’achever le 19 juillet. Dans un article publié sur le site de la revue espagnole Panenka, Kunti passe au crible les dix années de règne d’Infantino, élu en 2016 après une décennie marquée par les scandales sous la présidence de Sepp Blatter.
Au moment de son élection, Infantino avait promis de redorer le blason d’une Fifa ébranlée par les affaires de corruption. Pourtant, comme le souligne Panenka, son mandat n’a pas échappé aux critiques, notamment sur le plan de l’opacité et de l’attrait pour le pouvoir et l’argent. Une analyse que partage le quotidien suisse Le Temps, qui évoque des « étincelles » à chacune de ses interventions médiatiques. La tenue d’une conférence de presse à Mexico, le 10 juin 2026, en pleine préparation de la compétition, a d’ailleurs offert un nouvel exemple de cette communication parfois clivante. Infantino s’y est livré, selon Le Temps, à un « étonnant exercice de modestie » — une formule qui sonne comme une critique voilée.
« Son mandat, pourtant, n’a pas échappé à l’opacité et à l’attrait du pouvoir et de l’argent. »
— Panenka, cité par Courrier International
Le début de la Coupe du monde 2026 coïncide avec des tensions persistantes autour de la gouvernance d’Infantino. L’une des illustrations les plus concrètes de ces défis reste la logistique imposée à certaines sélections. C’est le cas de l’équipe d’Iran, contrainte de s’installer à Tijuana, ville mexicaine frontalière avec les États-Unis, pour éviter des déplacements épuisants. Ces contraintes géographiques, qui s’ajoutent aux critiques sur les conditions de préparation des équipes, soulèvent des questions sur l’organisation globale de l’événement.
La Fifa, sous la direction d’Infantino, a également renforcé son modèle économique. La Coupe du monde 2026, comme ses prédécesseures, s’annonce comme une machine à cash, avec des droits télévisés et des partenariats commerciaux estimés à plusieurs milliards de dollars. Pourtant, cette manne financière ne suffit pas à éteindre les polémiques. Le rôle d’Infantino, souvent perçu comme celui d’un « homme qui voulait être roi », reste au cœur des débats sur la transparence et l’éthique dans le football mondial. Selon Samindra Kunti, le président suisse a su consolider une position dominante au sein de l’instance, au point de devenir, selon ses termes, intouchable.
Les tensions entre Infantino et une partie de la presse ne sont pas nouvelles. Le quotidien genevois Le Temps rappelle que ses interventions publiques sont souvent suivies de polémiques, alimentées par des déclarations perçues comme provocatrices ou malhabiles. À Mexico, mercredi 10 juin 2026, le président de la Fifa a une nouvelle fois alimenté les débats en se livrant à ce que Le Temps qualifie de « modeste » exercice. Une formulation ironique, qui reflète l’écart entre l’image projetée par Infantino et les attentes d’une partie de l’opinion publique et médiatique.
La Fifa reste un acteur clé du football mondial, et son président un personnage incontournable. Pourtant, les questions sur la transparence, l’éthique et la gestion des ressources ne disparaîtront pas après le coup d’envoi de la Coupe du monde. Le mandat d’Infantino s’achèvera en 2027, mais les défis qu’il laisse en héritage — logistique, financiers et éthiques — continueront de façonner le football international bien au-delà de cette échéance.
Selon les enquêtes relayées par Courrier International et la revue Panenka, les principales critiques portent sur l’opacité de sa gestion, la concentration du pouvoir au sein de la Fifa, et les liens persistants avec des affaires de corruption ou de conflits d’intérêts. Son style de communication, perçu comme provocateur ou arrogant par une partie de la presse, a également alimenté les tensions.