Dominique de Villepin, ancien Premier ministre, a livré une série de déclarations sur l’évolution politique et sociale de la France à l’aube de l’élection présidentielle de 2027, comme le rapporte BFM - Politique.

Dans un entretien accordé au média, il a notamment évoqué sa future politique à l’égard du Rassemblement national (RN), ses propositions économiques et sociales, ainsi que ses critiques envers certains responsables politiques actuels. Ces prises de position s’inscrivent dans un contexte marqué par une défiance croissante des citoyens envers les institutions et une polarisation accrue du débat public.

Ce qu'il faut retenir

  • Dominique de Villepin s’est dit intraitable sur le respect de la République en cas de victoire du RN à l’élection présidentielle de 2027.
  • Il propose le retour d’un impôt sur la fortune et une réforme des retraites basée sur les trimestres plutôt que sur l’âge pivot.
  • Il critique vivement La France insoumise, tout en jugeant que « le référendum n’est pas une formule magique ».
  • Sur l’immigration, il estime qu’Édouard Philippe « fait le jeu de Marine Le Pen » par sa surenchère.
  • Il affirme vouloir faire entrer au Panthéon un tirailleur sénégalais en cas d’élection.

Un engagement républicain sans compromis face au RN

Dominique de Villepin a tenu à clarifier sa position concernant une éventuelle victoire du Rassemblement national (RN) à l’élection présidentielle de 2027. « Je serai intraitable sur le respect de la République », a-t-il déclaré sans ambiguïté. Pour lui, la défense des valeurs républicaines prime sur toute autre considération politique. Cette fermeté s’adresse en particulier aux propositions du RN, dont certaines, selon lui, menacent les fondements de la démocratie française.

Interrogé sur la place de l’immigration dans le débat politique, il a rejeté les propositions du RN, notamment celle d’un référendum sur ce sujet. « Le référendum, ce n’est pas une formule magique », a-t-il souligné, estimant que cette approche simplifie à outrance des enjeux complexes.

Critiques envers La France insoumise et soutien à une immigration maîtrisée

Dominique de Villepin n’a pas épargné La France insoumise (LFI) dans ses propos. Il a qualifié de « choquants » les termes employés par Manon Aubry, eurodéputée du mouvement, qui avait qualifié les milliardaires de « nuisibles ». Pour lui, ces formulations révèlent une dérive verbale qui nuit au débat démocratique. « Les propos de Manon Aubry me choquent », a-t-il affirmé, tout en réaffirmant son opposition à toute forme d’extrémisme, qu’il soit de gauche ou de droite.

Sur la question migratoire, il a défendu une approche équilibrée, refusant à la fois la fermeté excessive et l’angélisme. « Nous avons besoin d’une certaine immigration pour faire avancer notre pays », a-t-il déclaré, tout en critiquant Édouard Philippe pour avoir, selon lui, « fait le jeu, à travers la surenchère, de Marine Le Pen ». Une allusion aux discours sécuritaires de l’ancien Premier ministre.

Propositions économiques et sociales : retour de l’ISF et réforme des retraites

Côté économie, Dominique de Villepin a plaidé pour le retour de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF). « Pour faire des économies, Dominique de Villepin veut le retour d’un impôt sur la fortune », a-t-il précisé, estimant que cette mesure permettrait de concilier justice sociale et rigueur budgétaire. Il a également pointé du doigt « un pays qui est à bout devant l’impuissance publique », soulignant l’urgence de réformer un système perçu comme sclérosé.

La réforme des retraites figure également au cœur de son projet. Il propose de « sortir de cet âge pivot, tabou, pour compter davantage en trimestres et offrir à nos compatriotes de choisir ». Une approche qui vise à redonner de la flexibilité aux futurs retraités, tout en garantissant la pérennité du système.

Justice sociale et règle républicaine : un double impératif

Dominique de Villepin a rappelé son attachement à deux principes indissociables : la justice sociale et la règle républicaine. « Moi je veux la justice sociale et la règle républicaine », a-t-il martelé, insistant sur la nécessité de concilier équité et discipline budgétaire. Cette position s’inscrit dans une volonté affichée de restaurer la confiance entre les citoyens et les institutions, minée par des années de crises successives.

Il a également évoqué la question de la dette publique, sans entrer dans le détail de ses propositions, mais en réaffirmant son refus des solutions simplistes au détriment des équilibres de long terme.

Un tirailleur sénégalais au Panthéon et une candidature à la présidentielle

Parmi ses engagements symboliques, Dominique de Villepin a annoncé qu’en cas d’élection, la première personne qu’il ferait entrer au Panthéon serait « un tirailleur sénégalais ». Une décision destinée à honorer la mémoire des soldats africains ayant combattu pour la France pendant les deux guerres mondiales, souvent oubliés de l’Histoire officielle.

Par ailleurs, il a réitéré sa volonté de se présenter à l’élection présidentielle de 2027. « Je veux être candidat, je me bats pour être candidat », a-t-il affirmé, balayant d’un revers de main l’hypothèse d’une primaire au sein de son camp. Pour lui, « une primaire n’est pas le bon mode de fonctionnement » dans le contexte actuel, où la rapidité et l’efficacité seraient des atouts majeurs.

Et maintenant ?

Dominique de Villepin devrait préciser d’ici la fin de l’année 2026 les contours de son éventuelle candidature, à moins qu’il ne choisisse de soutenir un autre candidat issu de son camp. Ses propositions, notamment sur la fiscalité et les retraites, pourraient alimenter le débat public lors des prochaines échéances électorales. Reste à voir si ses idées trouveront un écho suffisamment large pour peser dans une campagne présidentielle déjà très disputée.

L’élection présidentielle de 2027 s’annonce donc comme un moment charnière, où les clivages traditionnels pourraient être bousculés par des candidats prônant un renouvellement des pratiques politiques. Les prochains mois seront déterminants pour voir émerger les thèmes qui structureront la campagne.

Dominique de Villepin justifie cette mesure par la nécessité de concilier justice sociale et rigueur budgétaire. Selon lui, l’impôt sur la fortune permettrait de mieux répartir l’effort fiscal tout en générant des recettes supplémentaires pour l’État. Cette proposition s’inscrit dans une logique de redistribution et de lutte contre les inégalités économiques.