Alors que la campagne pour l’élection présidentielle de 2027 s’intensifie, l’ancien Premier ministre Dominique de Villepin a réaffirmé, ce dimanche 7 juin 2026 sur BFM - Politique, sa détermination à se porter candidat. Interrogé sur sa position politique — de droite ou de gauche — il s’est défini comme un « défenseur de la justice sociale », une ligne qu’il entend incarner dans le débat public. L’ancien chef du gouvernement, déjà confronté à une procédure judiciaire dans l’affaire des statuettes, a précisé que cette mise en examen ne remettrait pas en cause sa candidature, soulignant : « Ma détermination est entière. »

Ce qu'il faut retenir

  • Dominique de Villepin réaffirme sa candidature à l’élection présidentielle de 2027 malgré une mise en examen en cours.
  • Il se présente comme un « défenseur de la justice sociale », refusant de se situer clairement sur l’échiquier politique.
  • Sur la scène internationale, il critique la politique américaine au Moyen-Orient et dénonce une « dérive de la démocratie américaine ».
  • Il propose la création d’un « parquet spécialisé » pour lutter contre les violences faites aux femmes et aux enfants.
  • Il salue le modèle espagnol dans la lutte contre les féminicides et critique les propositions de Bruno Retailleau sur la justice.

Une candidature présidentielle sous le signe de la justice sociale

Dominique de Villepin a profité de son passage sur BFM - Politique pour clarifier sa posture politique, souvent perçue comme ambiguë. Face à l’invitation à se situer sur l’échiquier gauche-droite, il a répondu sans détour : « Je suis le défenseur de la justice sociale. » Une affirmation qui résonne comme un positionnement central dans une campagne où les clivages traditionnels semblent s’estomper. L’ancien ministre des Affaires étrangères, connu pour son éloquence et son style direct, a également balayé les critiques sur son goût pour les plateaux télévisés, déclarant sans ambages : « Je ne suis pas là pour faire de la bonne télévision, je m’en fous. »

Sur le plan judiciaire, Dominique de Villepin reste sous pression. Il a confirmé que sa mise en examen dans l’affaire des statuettes ne modifierait pas sa décision de se présenter, insistant sur le fait que « sa détermination est entière ». Une position qui pourrait s’avérer risquée, alors que l’opinion publique reste sensible aux questions d’éthique et d’intégrité des candidats. Pour l’instant, il maintient sa ligne, malgré les incertitudes juridiques qui pèsent sur son avenir politique.

Critiques acerbes envers la politique américaine et les dérives démocratiques

Dominique de Villepin n’a pas manqué de s’exprimer sur la scène internationale, où il a vivement critiqué la politique des États-Unis au Moyen-Orient. Selon lui, Washington se trouve dans une « impasse » et devrait « rétablir le principe du respect de la souveraineté des États ». Une prise de position qui s’inscrit dans la continuité de sa vision d’une diplomatie indépendante, loin des alliances perçues comme trop contraignantes. Il a également dénoncé une « dérive de la démocratie américaine », en réaction aux propos de Pete Hegseth, conseiller de Donald Trump, évoquant une supposée « invasion migratoire » en Europe. Pour l’ancien Premier ministre, ces déclarations reflètent une dérive populiste et simplificatrice des débats politiques.

Propositions fortes sur les violences faites aux femmes et à l’enfance

Dominique de Villepin s’est aussi illustré par ses propositions sur des sujets sociétaux sensibles. Face à la mort de Lyhanna, jeune victime de féminicide, il a proposé la création d’un « parquet spécialisé sur les violences faites aux femmes et aux enfants ». Une mesure qu’il présente comme une réponse structurelle à une « dérive révélatrice » de la société, appelant chacun à « faire son examen ». Il a par ailleurs salué le modèle espagnol dans la lutte contre les féminicides, tout en critiquant les propositions de Bruno Retailleau, président du groupe LR au Sénat, qui suggère la création d’une « cour disciplinaire de la magistrature ». Pour de Villepin, cette idée est « simpliste et populiste », un diagnostic qu’il étend à une partie du débat politique actuel.

Une vision contrastée de la politique intérieure et des hommages

Sur la scène politique française, Dominique de Villepin a également réagi aux tensions récentes, comme les violences survenues après la victoire du PSG en championnat. Il s’est montré ferme : « Je suis pour que le principe de responsabilité s’applique, quand on casse, quand on détruit des commerces et quand on s’attaque aux forces de l’ordre. » Une position qui contraste avec les appels à l’apaisement de certains responsables politiques. Il a également pris position sur les relations franco-israéliennes, qualifiant de « oui, c’est de l’ingérence » les propos de l’ambassadeur d’Israël en France concernant Jean-Luc Mélenchon, figure de la gauche radicale.

Enfin, il a rendu hommage à Bernadette Chirac, disparue récemment, évoquant « une femme engagée et curieuse ». Un hommage qui rappelle son ancrage dans la vie politique française, où il a longtemps occupé des postes clés, notamment sous la présidence de Jacques Chirac.

Et maintenant ?

Dominique de Villepin semble déterminé à jouer un rôle actif dans la campagne présidentielle de 2027, malgré les incertitudes judiciaires et politiques qui l’entourent. Ses prises de position, souvent percutantes, pourraient séduire une partie de l’électorat en quête de renewal et de justice sociale. Cependant, la question de sa crédibilité, notamment face à l’affaire des statuettes, reste un point d’interrogation. Les prochaines semaines seront cruciales pour évaluer l’impact de ses propositions et la solidité de sa candidature. Reste à voir si son discours, à la fois critique envers les institutions et porteur de réformes sociétales, parviendra à fédérer au-delà des clivages traditionnels.

Alors que Jean-Luc Mélenchon a officiellement lancé sa campagne ce dimanche à Saint-Denis, la course à l’Élysée s’annonce déjà comme un affrontement multiple, où chaque candidat tente de se différencier. Pour Dominique de Villepin, l’enjeu sera de transformer ses idées en actes, dans un contexte politique plus que jamais fragmenté.

Dominique de Villepin se définit comme un « défenseur de la justice sociale » et refuse de se situer clairement sur l’échiquier politique gauche-droite, selon BFM - Politique.

Il a proposé la création d’un « parquet spécialisé sur les violences faites aux femmes et aux enfants », en réponse notamment au féminicide de Lyhanna, comme rapporté par BFM - Politique.