Alors que les tensions géopolitiques au Moyen-Orient continuent de peser sur les marchés énergétiques, le président américain Donald Trump a vivement critiqué, hier 7 août 2026, deux géants du secteur pétrolier : Chevron et ExxonMobil. Selon Cryptoast, il les accuse ouvertement de « trop d’argent », profitant de la flambée des prix du brut liée à la guerre en Iran — un conflit déclenché en février 2026 aux côtés d’Israël. Une prise de position surprenante de la part d’un dirigeant jusqu’ici considéré comme un allié inconditionnel des majors pétrolières.

Ce qu'il faut retenir

  • Donald Trump a critiqué publiquement Chevron et ExxonMobil, les accusant de réaliser des profits jugés excessifs.
  • Chevron a enregistré ses meilleurs profits trimestriels en six ans, tandis qu’ExxonMobil a réalisé un bénéfice net de 14,5 milliards de dollars au deuxième trimestre 2026.
  • Cette attaque intervient dans un contexte de prix élevés de l’essence aux États-Unis, oscillant autour de 4,10 dollars le gallon.
  • Trump a ordonné fin juin 2026 au ministère de la Justice d’enquêter sur les pratiques des grandes compagnies pétrolières.
  • Les cours du pétrole ont chuté de 7 % le 3 août 2026 après une annonce de Trump, mais les prix à la pompe n’ont pas encore baissé.

Une communication inhabituelle de Donald Trump

« Ils font trop d’argent, trop d’argent », a lancé Donald Trump lors d’une allocution publique le 7 août 2026. Le président américain a exhorté les deux groupes pétroliers à « reverser une partie de leurs profits au public » et à baisser leurs prix. Une sortie inhabituelle pour un dirigeant qui s’est toujours présenté comme un fervent défenseur de l’industrie pétrolière et de la libre entreprise. Trump a toutefois nuancé ses propos en rappelant : « Basé sur une pénurie, ils font trop d’argent. Je n’aime pas ça. Et je devrais être le dernier à le dire parce que je suis un grand défenseur de la libre entreprise, personne ne l'est plus que moi. »

Il a par ailleurs affirmé que les prix du pétrole « allaient s’effondrer » une fois le dossier iranien réglé. Une prédiction qui contraste avec les alertes lancées en parallèle par les PDG des deux compagnies. Cette contradiction reflète la complexité du dossier, entre impératifs politiques et réalités économiques.

Des profits records pour Chevron et ExxonMobil

Les critiques de Trump interviennent alors que Chevron vient d’enregistrer ses meilleurs résultats trimestriels en six ans, tandis qu’ExxonMobil affiche un bénéfice net de 14,5 milliards de dollars pour le deuxième trimestre 2026, son plus haut niveau depuis quatre ans. Des performances directement liées à la hausse des cours du pétrole, elle-même consécutive à l’escalade du conflit avec l’Iran — une guerre que Trump a lui-même lancée en février aux côtés d’Israël. Autant dire que la flambée des prix à la pompe pèse désormais sur la popularité du président.

Le 3 août 2026, les cours du brut ont pourtant chuté de près de 7 %, le Brent passant sous la barre des 83,77 dollars le baril. Cette baisse fait suite à une annonce de Trump, qui a repoussé une attaque prévue contre l’Iran et évoqué un possible accord susceptible d’augmenter l’offre pétrolière du Golfe. Pourtant, cette détente sur les marchés ne s’est pas encore traduite par une baisse des prix à la pompe pour les automobilistes américains.

Une pression politique croissante sur les prix de l’essence

Cette sortie de Trump s’explique aussi par un contexte intérieur tendu : les prix de l’essence restent élevés, oscillant autour de 4,10 dollars le gallon aux États-Unis. Une situation qui met le président sous pression, alors que les ménages américains subissent le contrecoup de la flambée des prix énergétiques. Fin juin 2026 déjà, Trump avait ordonné au ministère de la Justice d’enquêter sur les grandes compagnies pétrolières, leur reprochant de ne pas répercuter assez rapidement la baisse des cours du brut sur les prix à la pompe.

Pourtant, les dirigeants des deux groupes ne semblent pas prêts à céder. Darren Woods, PDG d’ExxonMobil, a prévenu que le niveau actuel d’utilisation des raffineries ne pourrait pas être maintenu indéfiniment. Son homologue de Chevron, Mike Wirth, a pour sa part indiqué que la pression à la hausse sur les prix des produits raffinés pourrait se poursuivre au troisième trimestre 2026, voire au-delà. Des déclarations qui illustrent la tension persistante entre le pouvoir politique et les industriels.

« Le niveau actuel d’utilisation des raffineries ne pourra pas être maintenu indéfiniment. Un retour à une navigation normale dans le détroit d’Ormuz sera essentiel pour apaiser les tensions sur le marché. »
Darren Woods, PDG d’ExxonMobil

« La pression à la hausse sur les prix des produits raffinés pourrait se poursuivre au troisième trimestre, voire au-delà. »
Mike Wirth, PDG de Chevron

Une guerre en Iran qui s’enlise, malgré les annonces

Le coup de semonce de Donald Trump reflète une réalité plus large : la guerre en Iran, initialement prévue pour durer deux semaines, s’est enlisée. Quatre mois après son déclenchement en février 2026, le conflit n’est toujours pas résolu, et ses répercussions sur les marchés énergétiques continuent de se faire sentir. Les annonces de Trump, qu’il s’agisse de menaces militaires ou de promesses de détente, ont jusqu’ici eu un impact limité sur les prix à la pompe.

Alors que les États-Unis et leurs alliés tentent de trouver une issue diplomatique, les compagnies pétrolières, elles, affichent des résultats exceptionnels. Une situation qui alimente les tensions entre la Maison-Blanche et les majors du secteur, mais aussi entre les promesses politiques et les contraintes économiques. Bref, l’équation reste complexe à résoudre.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines pourraient être déterminantes. D’une part, la situation géopolitique au Moyen-Orient reste volatile, avec des risques d’escalade ou, à l’inverse, de désescalade. D’autre part, les prix de l’essence pourraient enfin baisser si les cours du brut continuent leur tendance à la baisse — mais rien n’est garanti. Enfin, les enquêtes lancées par le ministère de la Justice pourraient aboutir à des mesures contraignantes pour les compagnies pétrolières, sous la pression d’un Trump en quête de solutions pour les automobilistes américains.

En attendant, les marchés restent attentifs aux déclarations des dirigeants politiques et industriels. Une chose est sûre : le dossier iranien et ses répercussions économiques continueront de dominer l’actualité dans les semaines à venir.

Le président américain fait face à une pression politique croissante en raison des prix élevés de l’essence aux États-Unis, qui atteignent environ 4,10 dollars le gallon. Ses critiques visent à montrer sa préoccupation pour les automobilistes, tout en pointant du doigt les profits records des compagnies pétrolières, liés à la flambée des cours du pétrole due à la guerre en Iran.

Si les cours du brut baissent, les prix à la pompe pourraient suivre, mais avec un décalage de plusieurs semaines. Cependant, les industriels comme Chevron et ExxonMobil ont prévenu que la pression sur les prix des produits raffinés pourrait persister jusqu’au troisième trimestre 2026, voire au-delà. Les consommateurs restent donc exposés à une volatilité persistante des prix de l’essence.