Donald Trump a une nouvelle fois pressé, ce lundi 3 août, les grandes compagnies pétrolières américaines de baisser les tarifs à la pompe, leur reprochant de ne pas reconnaître les efforts de son administration pour soutenir le secteur. Le président américain a notamment visé le PDG de Chevron, Mike Wirth, l’accusant d’avoir « commodément omis » de saluer le rôle de Washington dans la stabilisation du marché pétrolier, notamment au Venezuela. Ces déclarations interviennent alors que la flambée des prix de l’essence pèse sur le pouvoir d’achat des Américains, un enjeu électoral crucial à quelques mois des élections de mi-mandat de novembre, selon BFM Business.

Ce qu'il faut retenir

  • Donald Trump a publiquement critiqué Mike Wirth, PDG de Chevron, l’accusant de ne pas avoir mentionné le soutien de son administration au secteur pétrolier lors d’une interview télévisée.
  • Le président a souligné que, « sans l’Administration Trump », l’industrie pétrolière américaine « serait morte », évoquant la stabilité politique et économique apportée par sa politique.
  • Trump a exigé une baisse immédiate des prix de l’essence, déclarant sur Truth Social : « Faites BAISSER vos prix de détail à la consommation ! MAINTENANT ! ».
  • La hausse des prix à la pompe représente un risque politique pour les républicains, alors que les élections de mi-mandat approchent et que le parti pourrait perdre sa majorité à la Chambre des représentants.
  • Les résultats financiers des majors pétrolières – Exxon Mobil, Chevron, Valero Energy et Marathon Petroleum – ont révélé des bénéfices records ces derniers mois, portés par la hausse des cours du brut et des marges de raffinage après le conflit avec l’Iran.
  • Malgré une chute du prix mondial du pétrole après l’annulation par Trump d’une frappe contre l’Iran, cette baisse ne se répercute pas automatiquement sur les prix à la pompe.

Un conflit public entre Trump et le PDG de Chevron

Dans un message publié sur Truth Social, Donald Trump a vivement critiqué Mike Wirth pour avoir « oublié » de reconnaître, lors d’une intervention télévisée, le rôle de son gouvernement dans le soutien aux compagnies pétrolières. Selon le président américain, sans la « clairvoyance » et la « force » de son administration, « l’industrie pétrolière, et notre pays lui-même, seraient morts ». Il a ajouté que, grâce à sa politique, les entreprises comme Chevron avaient pu revenir au Venezuela après en avoir été expulsées, et qu’elles « s’attendent désormais à faire fortune ».

Ces propos illustrent la frustration de Donald Trump face à la hausse persistante des prix de l’essence, un sujet qui alimente les tensions avec les producteurs de pétrole. Le président exige désormais une baisse immédiate des tarifs à la pompe, qu’il juge « injustes » au regard des bénéfices enregistrés par les majors du secteur. Chevron a réalisé son meilleur résultat trimestriel en six ans, un chiffre que Trump utilise pour justifier sa demande de réduction des prix.

Des bénéfices records pour les pétroliers américains

Les dernières publications financières des géants du secteur confirment leur santé économique. Valero Energy a annoncé son bénéfice trimestriel le plus élevé depuis la crise énergétique de 2022, porté notamment par l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Chevron, de son côté, a enregistré son meilleur résultat trimestriel en six ans, tandis qu’Exxon Mobil et Marathon Petroleum ont également affiché des performances exceptionnelles.

Ces résultats s’expliquent en partie par la hausse des prix du brut, alimentée par les tensions géopolitiques, comme le conflit entre Israël et l’Iran. Pourtant, la baisse du prix mondial du pétrole observée après l’annulation par Trump d’une frappe contre Téhéran – qui a fait chuter les cours de près de 5 % – ne s’est pas encore traduite par une réduction des prix à la pompe. Une situation qui irrite particulièrement les consommateurs américains, alors que l’inflation reste un sujet de préoccupation majeur.

Un enjeu politique majeur à l’approche des élections de mi-mandat

La flambée des prix de l’essence représente un risque politique pour le Parti républicain de Donald Trump, alors que les élections de mi-mandat de novembre se profilent. Les républicains pourraient perdre leur majorité à la Chambre des représentants, et potentiellement le contrôle du Sénat, si les électeurs associent la hausse des prix à la gestion économique de l’administration Trump. Les démocrates, de leur côté, exploitent ce sujet pour critiquer la politique énergétique du président.

Dans ce contexte, les déclarations de Donald Trump envers les compagnies pétrolières s’inscrivent dans une stratégie plus large visant à rassurer l’électorat sur sa capacité à maîtriser l’inflation. Le président mise sur une baisse des prix de l’essence pour apaiser les tensions sociales, tout en attaquant frontalement les dirigeants du secteur, qu’il accuse de profiter de la situation. Une tactique qui pourrait se révéler risquée, alors que les marges des pétroliers restent élevées.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines devraient voir une intensification des pressions de Donald Trump sur les compagnies pétrolières, avec un risque de mesures réglementaires ou fiscales si les prix à la pompe ne baissent pas. Les élections de mi-mandat, prévues en novembre 2026, pourraient être le véritable test de la crédibilité de ces promesses. D’ici là, les consommateurs américains continueront de surveiller de près l’évolution des tarifs à la pompe, alors que le gouvernement tente de concilier soutien au secteur énergétique et maîtrise de l’inflation.

Pour rappel, BFM Business avait déjà révélé en début d’année que les marges des raffineurs américains avaient atteint des niveaux historiques, alimentant les critiques sur la formation des prix à la pompe. La question reste donc entière : les pétroliers accepteront-ils de réduire leurs profits, ou les consommateurs devront-ils patienter jusqu’à l’automne pour voir une éventuelle baisse des prix ?

Plusieurs facteurs expliquent cette situation. D’abord, les marges des raffineurs restent élevées, en raison des coûts de production et de logistique. Ensuite, les tensions géopolitiques, comme le conflit entre Israël et l’Iran, peuvent à tout moment relancer les cours du brut. Enfin, les compagnies pétrolières préfèrent souvent maintenir des prix élevés pour maximiser leurs profits, surtout lorsque la demande reste forte, comme c’est le cas en été.

Les élections de mi-mandat de novembre 2026 constituent l’échéance majeure. Les résultats pourraient influencer la politique énergétique américaine, notamment en matière de régulation des prix ou de soutien aux énergies renouvelables. Par ailleurs, le Congrès pourrait examiner des projets de loi visant à encadrer les marges des pétroliers, une mesure que Donald Trump a déjà évoquée sans donner de détails.