Un double féminicide commis en mars 2022 par Cédric Prizzon, un ancien policier français, a été révélé par Le Figaro. Pendant deux mois, ce dernier avait pris la fuite en camping-car vers l’Espagne et le Portugal avec son fils, son ex-compagne Audrey et sa compagne Angela, retrouvées mortes « par asphyxie » au Portugal.

Ce qu'il faut retenir

  • Double féminicide : Audrey et Angela, deux femmes liées à Cédric Prizzon, ont été retrouvées mortes « par asphyxie » au Portugal en mars 2022.
  • Fuite organisée : Prizzon a pris la fuite en camping-car avec son fils, son ex-compagne et sa compagne, avant d’être arrêté dans le nord du Portugal.
  • Antécédents violents : En 2018, il avait déjà contraint Angela à partir en Espagne avec lui et leur fils, entraînant une condamnation à 9 mois de prison pour « non-représentation d’enfant ».
  • Contexte familial tendu : Le sentiment d’injustice vis-à-vis de la garde de son premier enfant aurait motivé sa fuite.
  • Condamnations antérieures : Angela avait écopé de 6 mois de prison avec sursis pour complicité dans la première cavale.
  • Enquête en cours : Prizzon a avoué le double féminicide, mais n’a pas encore livré tous les détails de son mobile.

Une cavale de deux mois qui se termine en drame

Fin mars 2022, Cédric Prizzon, alors âgé de 42 ans, a pris la décision de fuir avec son fils Elio, alors âgé de 12 ans, Audrey, son ex-compagne, et Angela, sa compagne d’alors, ainsi que leur fille d’un an et demi. Selon le rapport d’autopsie cité par Le Figaro, les deux femmes ont été tuées « par asphyxie ». Après deux mois de cavale en camping-car à travers la France, l’Espagne et le Portugal, Prizzon a été arrêté dans le nord du Portugal. C’est là que les corps d’Audrey et d’Angela ont été découverts, mettant un terme tragique à cette fuite.

L’enquête a révélé que Prizzon avait un mobile précis : le sentiment d’injustice face à la garde de son premier enfant. « La fuite comme idée fixe », résume Le Figaro, qui souligne que ce périple, loin d’être improvisé, avait été planifié pour échapper à toute poursuite pendant des années. Pourtant, l’ancien policier a finalement été rattrapé par la justice portugaise, avant d’être rapatrié en France pour y être jugé.

Des antécédents violents et une première cavale en 2018

Quatre ans avant ce drame, Cédric Prizzon avait déjà manifesté un comportement violent et manipulateur. En mai 2018, il avait convaincu Angela de partir avec lui et son fils en Espagne, alors qu’un conflit familial sur la garde de l’enfant opposait les parents. Après deux mois de vagabondage, le couple avait été intercepté. Prizzon avait alors été condamné à 9 mois de prison sous bracelet électronique pour « non-représentation d’enfant », tandis qu’Angela avait écopé de 6 mois de prison avec sursis pour complicité, selon un jugement rendu par le tribunal de Rodez le 25 octobre 2022, que Le Figaro a pu consulter.

Le départ de 2018 n’était pas anodin : Prizzon avait clairement indiqué vouloir échapper à toute poursuite « avant la majorité » de son fils, alors âgé de 8 ans. Son attitude, décrite comme bagarreuse, sanguine et violente, avait déjà alerté son entourage. Angela, sous son emprise, avait accepté de le suivre, malgré les risques évidents pour elle et son enfant.

— « Un homme anxieux, voire complotiste, et violent » —

C’est ainsi que Le Figaro décrit Prizzon, un profil qui correspond aux témoignages recueillis par les enquêteurs. Les proches des victimes évoquent un homme obsédé par le contrôle, capable de manipuler son entourage pour parvenir à ses fins, quitte à recourir à la violence.

Un profil inquiétant et des méthodes calculées

Les éléments recueillis lors de l’enquête révèlent un homme déterminé, prêt à tout pour imposer sa vision de la famille. En 2018 comme en 2022, Prizzon a utilisé les mêmes méthodes : la fuite en camping-car, l’isolement des victimes, et une stratégie de dissimulation pour échapper à la justice. Son arrestation en 2022 au Portugal montre que, malgré ses précautions, il n’a pas réussi à éviter les conséquences de ses actes.

Les enquêteurs tentent désormais de reconstituer le déroulé exact des événements. Plusieurs questions restent en suspens : Prizzon a-t-il forcé Audrey et Angela à le suivre, ou les a-t-il convaincues ? A-t-il agi seul, ou a-t-il bénéficié de complicités ? Les réponses à ces interrogations pourraient éclairer les motivations profondes de ce double féminicide, dont le mobile dépasse le simple conflit familial.

Une affaire qui soulève des questions sur la protection des victimes

Ce drame rappelle les risques encourus par les femmes confrontées à des conjoints ou ex-conjoints violents, même lorsque des mesures de protection existent. En 2018, Angela avait été condamnée pour complicité dans la cavale de Prizzon, mais cela n’a pas suffi à le dissuader en 2022. La question se pose : comment mieux protéger les victimes de violences conjugales lorsque l’agresseur est déterminé et prêt à tout pour les contrôler ?

Les associations féministes soulignent régulièrement l’importance d’un suivi renforcé des hommes violents, même après une première condamnation. Dans le cas de Prizzon, son profil de « manipulateur » et son passé de policier ont pu lui donner un sentiment d’impunité. Son cas illustre les défis auxquels sont confrontés les systèmes judiciaire et policier pour prévenir les féminicides et protéger les victimes.

Et maintenant ?

Cédric Prizzon a avoué le double féminicide, mais l’enquête se poursuit pour déterminer l’ensemble des circonstances du drame. Une audience est prévue devant le tribunal correctionnel de Rodez, où il sera jugé pour les faits commis en 2022. Par ailleurs, les autorités portugaises et françaises collaborent pour clarifier les modalités de la cavale et les éventuelles complicités. Reste à savoir si ce procès permettra de lever le voile sur les motivations profondes de Prizzon et d’éviter que d’autres drames similaires ne se produisent.

Ce cas rappelle également la nécessité d’un accompagnement psychologique et social pour les victimes de violences conjugales, ainsi que d’un renforcement des dispositifs de protection. Les féminicides restent un fléau en Europe, et chaque affaire soulève des questions sur les moyens de les prévenir efficacement.

Selon Le Figaro, Prizzon était animé par un profond sentiment d’injustice vis-à-vis de la garde de son premier enfant. Ce mobile, déjà présent en 2018 lors d’une première cavale, l’a conduit à organiser une fuite de plusieurs mois en camping-car avec son fils, son ex-compagne Audrey et sa compagne Angela.

En 2022, Prizzon a été condamné à 9 mois de prison sous bracelet électronique pour « non-représentation d’enfant ». En 2018, il avait écopé de la même peine pour une cavale similaire. Angela, sa compagne de l’époque, avait été condamnée à 6 mois de prison avec sursis pour complicité.