Trois candidats sont désormais en compétition pour reprendre la verrerie historique Duralex, située à La Chapelle-Saint-Mesmin dans le Loiret, selon Le Figaro. Deux entrepreneurs français et un groupe hongkongais ont déposé des offres avant la date limite initiale du 7 août, initialement fixée par l’administrateur judiciaire. Cette procédure de redressement judiciaire, ouverte le 1er juin 2026, marque une nouvelle étape pour cette entreprise emblématique, fondée en 1945 et passée sous forme de coopérative en 2024.
Parmi les prétendants figurent deux entrepreneurs français et une société basée à Hong Kong. Les deux candidats français étaient déjà connus du grand public, tandis que le troisième, inconnu jusqu’alors, a été révélé par l’Agence France-Presse (AFP) vendredi. Les noms des candidats n’avaient pas été communiqués la veille par l’administrateur judiciaire, conformément à sa volonté de ne pas influencer le processus.
Ce qu'il faut retenir
- Trois candidats sont en lice pour reprendre Duralex, dont deux entrepreneurs français et un groupe hongkongais, selon Le Figaro.
- Les candidats incluent Cédric Meston, via sa holding Tomé, connu pour avoir cofondé HappyVore et racheté Tupperware France en 2025, ainsi que le groupe stéphanois Carlesimo.
- Le troisième candidat est la société AA Investments, détenue par l’homme d’affaires franco-iranien Morteza Goshayeshi et sa famille, déjà propriétaire de l’enseigne de décoration Bouchara depuis mai 2026.
- Le délai de dépôt des offres a été prolongé jusqu’au 11 septembre 2026, afin de permettre aux candidats d’affiner leurs propositions.
- Duralex, célèbre pour ses verres incassables, emploie 243 salariés et traverse son cinquième redressement judiciaire en vingt ans.
Deux entrepreneurs français en compétition
Parmi les deux candidats français, Cédric Meston, via sa holding Tomé, s’est distingué par son parcours entrepreneurial. Connu pour avoir cofondé la start-up HappyVore, spécialisée dans les substituts végétaux à la viande, il a également repris Tupperware France en 2025. Contacté par l’AFP, il n’a pas souhaité s’exprimer sur sa candidature. De son côté, le groupe stéphanois Carlesimo, qui avait déjà manifesté son intérêt dans les médias, a également déposé une offre officielle.
Ces deux candidats sont désormais en compétition avec le troisième groupe, jusqu’alors inconnu du public. Selon les sources syndicales et proches du dossier, il s’agit de la société AA Investments, détenue par l’homme d’affaires franco-iranien Morteza Goshayeshi et sa famille. Ce groupe familial, spécialisé dans la commercialisation internationale de produits de beauté, parfums et biens de grande consommation, a récemment étendu ses activités en rachetant Bouchara, une enseigne de décoration, en mai 2026.
Un groupe hongkongais aux ambitions internationales
La société AA Investments, basée à Hong Kong mais détenue par une famille d’origine française, représente une approche différente des deux autres candidats. Spécialisée dans les produits de grande consommation, elle pourrait apporter à Duralex une expertise en développement à l’international, un domaine où la verrerie française a déjà connu des succès. Contactés par l’AFP, ni AA Investments ni le groupe Carlesimo n’ont souhaité réagir à l’annonce de leur candidature.
Cette diversité de profils parmi les candidats reflète les enjeux auxquels fait face Duralex. L’entreprise, qui emploie 243 salariés, doit faire face à des défis économiques récurrents, avec cinq redressements judiciaires en vingt ans. Sa reprise pourrait donc s’inscrire dans une stratégie de stabilisation, voire de développement, selon les ambitions des repreneurs.
Un délai prolongé pour affiner les offres
L’administrateur judiciaire a annoncé jeudi la prolongation du délai de dépôt des offres jusqu’au 11 septembre 2026. Cette décision vise à « permettre aux candidats repreneurs d’affiner leurs offres voire de faire émerger de nouvelles candidatures », a indiqué la direction de Duralex dans un communiqué transmis à l’AFP. Les trois propositions restent soumises à des conditions suspensives, que les candidats devront lever pour que leur offre soit considérée comme ferme.
Cette prolongation s’inscrit dans un contexte où Duralex affiche une performance commerciale encourageante. « À date, le budget commercial initial prévu pour 2026 est tenu, avec une forte accélération du chiffre d’affaires sur juin et juillet, ainsi que l’ouverture de nouveaux marchés internationaux », a souligné Peggy Sadier, directrice générale de l’entreprise. Elle a également salué « la bonne performance commerciale et la gestion rigoureuse du budget de trésorerie au cours de la période d’observation ».
« À date, le budget commercial initial prévu pour 2026 est tenu, avec une forte accélération du chiffre d’affaires sur juin et juillet, ainsi que l’ouverture de nouveaux marchés internationaux. »
— Peggy Sadier, directrice générale de Duralex
Une entreprise emblématique aux défis récurrents
Fondée en 1945, Duralex s’est imposée comme un symbole de la verrerie française, grâce à ses produits réputés incassables. Son histoire récente est marquée par des difficultés financières répétées, avec cinq redressements judiciaires depuis les années 2000. En 2024, l’entreprise avait été reprise par ses salariés sous forme de coopérative, une tentative de redynamisation qui n’a pas suffi à enrayer ses problèmes structurels.
Le redressement judiciaire actuel intervient dans un contexte économique difficile pour le secteur de la verrerie, concurrencé par des productions à bas coûts à l’international. La reprise de Duralex représente donc un enjeu à la fois économique et symbolique pour le territoire du Loiret, où l’entreprise est implantée depuis plus de huit décennies.
Quels sont les critères de sélection des repreneurs ?
L’administrateur judiciaire n’a pas détaillé les critères exacts qui guideront son choix entre les trois candidats. En revanche, le communiqué de Duralex met en avant la nécessité de lever les conditions suspensives pesant sur chaque offre. Ces conditions pourraient inclure des garanties financières, des engagements en matière d’emploi ou des plans de développement industriel.
Pour les salariés, la question de la pérennité de l’entreprise et de la préservation des emplois sera probablement centrale. Duralex, qui emploie 243 personnes, représente un ancrage local important. Les repreneurs devront donc proposer un projet crédible, à même d’assurer la continuité de l’activité et de rassurer les équipes.
Aucun détail précis n’a été communiqué par les candidats concernant leurs engagements en matière d’emploi, d’investissement ou de développement industriel. Ces éléments devraient être précisés dans les offres définitives, qui doivent être déposées avant le 11 septembre 2026. L’administrateur judiciaire et le tribunal de commerce d’Orléans auront alors pour mission d’évaluer la solidité et la faisabilité des projets proposés.
La décision finale sera prise lors de l’audience prévue le 17 septembre 2026 au tribunal de commerce d’Orléans. Cette date marquera l’examen des offres et la sélection du repreneur retenu, sous réserve de la levée des conditions suspensives associées à l’offre.