Le gendarme de la concurrence a intensifié ses contrôles sur les plateformes de vente en ligne comme Shein ou Temu, ciblant particulièrement les dérives en matière de sécurité des produits. Pourtant, seulement **700 articles** ont été examinés en 2025, selon le rapport annuel de la DGCCRF publié mercredi 10 juin 2026. Une enquête révélée par Libération, qui souligne l’ampleur des lacunes persistantes malgré une surveillance accrue.

Ce qu'il faut retenir

  • Seulement 700 articles examinés en 2025 par la DGCCRF sur les plateformes d’e-commerce comme Shein ou Temu.
  • Les contrôles visent les dérives en matière de sécurité des produits, un enjeu majeur pour les consommateurs.
  • Le rapport annuel de la DGCCRF a été rendu public le 10 juin 2026.
  • Les géants de l’e-commerce low-cost sont particulièrement surveillés pour leurs pratiques commerciales.

Une surveillance accrue, mais des résultats limités

Depuis plusieurs années, les plateformes d’e-commerce telles que Shein, Temu ou AliExpress font l’objet d’une attention croissante de la part des autorités françaises. Leurs prix attractifs et leurs délais de livraison rapides séduisent les consommateurs, mais ces acteurs sont régulièrement pointés du doigt pour des manquements en matière de sécurité des produits. « Les contrôles ont été renforcés », a indiqué un porte-parole de la DGCCRF à Libération, « mais les résultats restent en deçà des attentes ».

En 2025, les enquêteurs ont passé au crible **700 articles**, un chiffre jugé insuffisant au regard du volume d’échanges sur ces plateformes. Ces produits, souvent importés de Chine ou d’autres pays tiers, font l’objet de suspicions concernant leur composition, leur conformité aux normes européennes ou encore leur étiquetage. Les risques pour les consommateurs vont des allergies aux matériaux toxiques, en passant par des produits défectueux.

Des dérives récurrentes malgré les alertes

Les dérives ne se limitent pas à la sécurité des produits. Les plateformes d’e-commerce low-cost sont également critiquées pour leurs pratiques commerciales, comme la non-déclaration des délais de livraison réels ou l’absence de mentions obligatoires sur les droits des consommateurs. « Certaines enseignes contournent sciemment les réglementations », a souligné une source proche du dossier. Ces pratiques, bien que connues, restent difficiles à éradiquer en raison de la complexité des circuits d’importation et de la rapidité des mises en ligne de nouveaux produits.

En 2024, la DGCCRF avait déjà épinglé plusieurs plateformes pour la vente de produits non conformes, notamment des jouets et des accessoires électroniques. Ces infractions avaient donné lieu à des **300 mises en demeure** et **150 procédures de retrait** du marché. Pourtant, malgré ces sanctions, les contrôles en 2025 n’ont pas permis d’endiguer totalement ces dérives.

Un cadre réglementaire européen en question

Face à l’ampleur du phénomène, la Commission européenne a adopté en 2025 un nouveau règlement renforçant les obligations des plateformes d’e-commerce. Ce texte, entré en vigueur en décembre 2025, impose notamment aux vendeurs de fournir des informations claires sur l’origine des produits et leur conformité aux normes. « Ce cadre est un premier pas », a déclaré un représentant de la Commission, « mais son application effective reste un défi ».

En France, la DGCCRF travaille en collaboration avec les douanes pour identifier les flux suspects et bloquer les produits dangereux à la frontière. Cependant, le volume des échanges rend cette tâche colossale. « On ne peut pas tout contrôler », a reconnu un responsable de la DGCCRF, « mais on doit prioriser les risques les plus graves ».

Et maintenant ?

D’ici la fin de l’année 2026, la DGCCRF prévoit d’augmenter de **40 %** le nombre d’articles contrôlés, en ciblant particulièrement les plateformes les plus récurrentes dans les signalements. Une concertation est également en cours avec les associations de consommateurs pour renforcer les sanctions en cas de récidive. Reste à voir si ces mesures suffiront à endiguer les dérives, dans un secteur où l’innovation et la rapidité priment souvent sur la sécurité.

Pour les consommateurs, la vigilance reste de mise. L’achat de produits sur des plateformes inconnues ou via des liens promotionnels doit s’accompagner d’une vérification systématique des mentions légales et des avis clients. Autant dire que la lutte contre les dérives de l’e-commerce low-cost est loin d’être terminée.

Les risques incluent des matériaux toxiques, des produits défectueux, des allergènes non déclarés ou des non-conformités aux normes européennes. En 2024, la DGCCRF avait notamment retiré du marché des jouets et accessoires électroniques jugés dangereux.