Une étude récente attire l’attention sur la qualité de l’eau du robinet dans certaines zones côtières, où la teneur en sel pourrait influencer la tension artérielle. Selon Top Santé, les habitants de ces régions devraient surveiller leur consommation d’eau courante, un facteur souvent sous-estimé.

Ce qu'il faut retenir

  • L’eau du robinet dans certaines zones côtières peut contenir des niveaux élevés de sel, selon une étude citée par Top Santé.
  • Cette teneur accrue en sel pourrait avoir un impact sur la tension artérielle des consommateurs réguliers.
  • Les zones les plus exposées sont celles situées à proximité immédiate du littoral, où l’infiltration d’eau salée est plus probable.
  • Les autorités sanitaires recommandent une vigilance accrue pour les personnes souffrant d’hypertension ou de problèmes cardiovasculaires.

Un phénomène lié à la proximité de la mer

Le problème de la présence de sel dans l’eau du robinet n’est pas anodin. Il s’explique principalement par la proximité des nappes phréatiques avec l’eau de mer, un phénomène naturel dans les zones côtières. « L’infiltration d’eau salée dans les réseaux d’adduction peut augmenter la concentration en chlorure de sodium », explique un expert cité par Top Santé. Cette situation, bien que rare, touche des communes entières, notamment dans le sud de la France et en Bretagne, où les sols sont plus perméables.

Les infrastructures de traitement de l’eau, bien que conçues pour limiter ce phénomène, ne peuvent pas toujours éliminer totalement le sel présent dans l’eau brute. « Les stations de dessalement ou de filtration avancée permettent de réduire, mais pas d’éliminer complètement, ce risque », précise l’étude. Pour les habitants, cela signifie que même une consommation quotidienne d’eau du robinet pourrait, à long terme, avoir des répercussions sur leur santé.

Les conséquences sur la santé : un enjeu sous-estimé

Si le lien entre une alimentation riche en sel et l’hypertension artérielle est bien documenté, celui entre la consommation d’eau salée et la tension reste moins connu. Pourtant, selon les experts interrogés par Top Santé, « une eau contenant plus de 250 mg de sodium par litre peut contribuer à une élévation de la pression artérielle ». Or, certaines analyses réalisées en zone côtière ont révélé des taux dépassant ce seuil, notamment après des épisodes de sécheresse ou de montée des eaux.

Les personnes les plus vulnérables — hypertendus, insuffisants cardiaques ou rénaux — sont particulièrement concernées. Pour elles, boire de l’eau du robinet dans ces zones pourrait aggraver leur état. « Il est conseillé de consulter un médecin pour évaluer son exposition personnelle et, le cas échéant, opter pour une eau minérale faible en sodium », recommande le Dr Martin Dupont, cardiologue à l’hôpital de Nice, cité par Top Santé.

Quelles zones sont concernées ?

Les régions les plus exposées sont celles où les nappes phréatiques sont en contact direct avec la mer. En France, cela concerne notamment le littoral atlantique, de la Bretagne à la Nouvelle-Aquitaine, ainsi que certaines parties de la Méditerranée. « Les communes de Camaret-sur-Mer, Arcachon ou encore Menton sont régulièrement citées dans les rapports sanitaires », indique Top Santé. Ces territoires, souvent prisés pour leur cadre de vie, voient leur eau potable soumise à des variations saisonnières importantes.

Les épisodes de sécheresse ou les tempêtes, en accentuant l’intrusion d’eau salée dans les sols, aggravent temporairement la situation. Les habitants doivent alors redoubler de prudence, surtout en été, période où la consommation d’eau est la plus élevée. Des analyses locales permettent de suivre l’évolution de la teneur en sel, mais ces données ne sont pas toujours accessibles au grand public.

Et maintenant ?

Face à ce constat, les autorités sanitaires pourraient renforcer les contrôles sur la qualité de l’eau dans les zones à risque. Une réunion est prévue le 30 mai 2026 entre les agences régionales de santé (ARS) et les collectivités locales concernées, afin d’évaluer les mesures à mettre en place. Pour les habitants, il est recommandé de se renseigner auprès de leur mairie ou de leur fournisseur d’eau sur les analyses récentes. Bref, mieux vaut prévenir que guérir.

En attendant, les experts s’accordent sur un point : une vigilance accrue est nécessaire, surtout pour les populations fragiles. « L’eau du robinet reste globalement sûre en France, assure un porte-parole de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES), « mais dans ces zones spécifiques, une attention particulière s’impose ».

Les rapports annuels de votre mairie ou de votre fournisseur d’eau doivent indiquer le taux de sodium présent. Vous pouvez aussi demander une analyse spécifique auprès de l’ARS de votre région.