Deux nouveaux cas d’infection par le virus Ebola ont été enregistrés en Ouganda, portant à sept le nombre total de cas confirmés depuis le début de l’épidémie actuelle en Afrique centrale, a annoncé ce lundi 25 mai 2026 le ministère ougandais de la Santé dans un communiqué officiel. Selon Le Figaro, ces deux nouveaux patients, des membres du personnel médical d’une clinique privée de Kampala, la capitale, ont été admis dans une unité de traitement dédiée où ils sont actuellement pris en charge.
Ce qu'il faut retenir
- Sept cas confirmés en Ouganda depuis le 15 mai, dont un décès signalé parmi les premiers cas.
- Les deux nouveaux cas concernent des soignants ougandais d’une clinique privée de Kampala, désormais hospitalisés en unité spécialisée.
- L’épidémie actuelle, déclarée en République démocratique du Congo (RDC) le 15 mai, a déjà causé 204 décès sur 867 cas suspects dans ce pays.
- Le variant Bundibugyo, responsable de l’épidémie, présente un taux de létalité pouvant atteindre 50 % et aucun vaccin ni traitement spécifique n’existe à ce jour.
- Plus de 900 personnes sont considérées comme ayant été exposées au virus en RDC depuis le début de l’épidémie.
Une épidémie déclarée en RDC le 15 mai
L’épidémie de fièvre hémorragique à virus Ebola qui frappe actuellement l’Afrique centrale a été officiellement déclarée le 15 mai 2026 en République démocratique du Congo, pays voisin de l’Ouganda. D’après Le Figaro, cette flambée épidémique est provoquée par le variant Bundibugyo, identifié pour la première fois en 2012 en Ouganda. Ce variant, contre lequel aucune immunisation préventive ou traitement curatif n’a encore été développé, se distingue par une mortalité particulièrement élevée, pouvant osciller entre 25 % et 50 % selon les estimations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
Côté congolais, le dernier bilan officiel publié ce week-end par le ministère de la Santé de la RDC fait état de 867 cas suspects, dont 204 décès confirmés. Ces chiffres, communiqués samedi 24 mai, soulignent la rapidité avec laquelle l’épidémie progresse dans ce pays déjà touché à plusieurs reprises par des flambées d’Ebola au cours des dernières décennies. L’OMS a d’ailleurs déclenché une alerte sanitaire internationale pour tenter de contenir la propagation du virus au-delà des frontières de la RDC.
Deux soignants ougandais contaminés dans une clinique de Kampala
Les deux nouveaux cas confirmés en Ouganda concernent des professionnels de santé travaillant dans une clinique privée de Kampala, la capitale du pays. Le ministère ougandais de la Santé précise, dans son communiqué publié ce lundi, que ces deux personnes ont été immédiatement prises en charge dans une unité dédiée à la prise en charge des patients infectés par le virus Ebola. « Ces deux nouveaux cas confirmés sont des Ougandais membres du personnel médical d’une clinique privée de Kampala », indique le communiqué. « Ils ont été admis dans l’unité de traitement dédiée et sont actuellement soignés », ajoute la même source.
Cette contamination au sein du personnel soignant représente un risque particulier, car elle met en lumière les difficultés à garantir des protocoles stricts de biosécurité dans des structures de santé locales. Jusqu’à présent, l’épidémie en Ouganda comptait déjà cinq cas confirmés, dont un décès. Avec l’ajout de ces deux nouveaux patients, le bilan total passe donc à sept cas confirmés, dont deux décès. Les autorités sanitaires ougandaises n’ont pas précisé si les deux soignants contaminés avaient été en contact avec des patients ou des échantillons biologiques infectés.
Plus de 900 cas suspects en RDC, selon l’OMS
Alors que l’épidémie progresse en RDC, le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a estimé dimanche 24 mai 2026 que plus de 900 personnes étaient désormais considérées comme ayant été exposées au virus depuis le début de la flambée épidémique. Cette estimation, communiquée lors d’une conférence de presse, reflète l’ampleur de l’épidémie dans ce pays, où les chaînes de transmission restent difficiles à briser en raison de facteurs logistiques et socio-économiques.
L’OMS rappelle que le virus Ebola, identifié pour la première fois en 1976 en République démocratique du Congo (alors Zaïre), a déjà causé la mort de plus de 15 000 personnes en Afrique au cours des cinquante dernières années. Le taux de mortalité varie considérablement selon les souches du virus, pouvant atteindre jusqu’à 90 % dans certains cas, comme lors de l’épidémie de 2014-2016 en Afrique de l’Ouest. La souche Bundibugyo, responsable de l’épidémie actuelle, avait été à l’origine d’une flambée limitée en 2012 en Ouganda, avec un taux de létalité d’environ 36 %.
Une réponse internationale en cours de coordination
Face à l’aggravation de la situation, l’OMS a activé une alerte sanitaire internationale, une mesure exceptionnelle réservée aux situations de santé publique de portée mondiale. Cette décision vise à accélérer la mobilisation des ressources nécessaires pour contenir l’épidémie, notamment en renforçant les capacités de dépistage, de traçage des contacts et de prise en charge des patients. Les pays voisins, dont l’Ouganda, ont été invités à renforcer leurs dispositifs de surveillance aux frontières et à se préparer à d’éventuels cas importés.
Dans ce contexte, la sélection congolaise de football, dont la participation à la Coupe du monde 2026 est prévue en juin prochain aux États-Unis, devra évoluer dans des conditions sanitaires strictes. Selon la Maison Blanche, évoquée par Le Figaro, l’équipe nationale congolaise devrait être isolée dans une « bulle sanitaire » pour éviter tout risque de contamination lors de son déplacement. Cette mesure illustre l’impact que peut avoir une épidémie d’Ebola sur les activités internationales, y compris sportives, dans une région déjà fragilisée par des décennies de conflits et de crises sanitaires.
Cette résurgence d’Ebola rappelle cruellement l’urgence de renforcer les systèmes de santé en Afrique centrale, où les flambées épidémiques se succèdent depuis des décennies. Les leçons tirées des précédentes crises, comme celle de 2018-2020 en RDC qui avait fait plus de 2 200 morts, devront guider les actions futures pour éviter que l’histoire ne se répète.
Le variant Bundibugyo est l’une des six souches connues du virus Ebola. Identifié pour la première fois en 2012 en Ouganda, il se distingue par un taux de létalité pouvant atteindre 50 %, selon les épidémies observées. Contrairement à d’autres souches comme Zaire (responsable des flambées les plus meurtrières en RDC), il n’existe aujourd’hui ni vaccin ni traitement spécifique ciblant ce variant. Sa dangerosité réside également dans sa capacité à provoquer des flambées localisées mais intenses, comme celle actuellement en cours en RDC.
L’OMS a déclenché une alerte sanitaire internationale pour mobiliser les ressources nécessaires et coordonner la réponse des pays voisins. Les mesures incluent le renforcement des contrôles aux frontières, la formation des personnels soignants, la distribution de matériel de protection et la sensibilisation des populations locales. En Ouganda, les autorités ont également mis en place des unités de traitement dédiées et intensifié la surveillance des cas suspects, notamment parmi les voyageurs en provenance de RDC.