Comme le rapporte RFI, la Belgique a rejeté la demande des États-Unis de restreindre l’accès à son territoire pour les ressortissants de République démocratique du Congo (RDC), du Soudan du Sud et d’Ouganda. Cette mesure, envisagée en raison de craintes liées à la propagation de l’épidémie d’Ebola, devait notamment s’appliquer à l’approche du Mondial de football. Washington avait même menacé de ne plus admettre sur son sol les nationaux des pays européens ne se pliant pas à cette exigence.

La position belge, élaborée en coordination avec l’Union européenne, s’inscrit dans une logique de solidarité sanitaire et de respect des accords internationaux en matière de libre circulation. Selon plusieurs sources européennes, cette décision reflète une volonté de ne pas stigmatiser les pays touchés par des crises sanitaires, tout en maintenant une vigilance renforcée.

Ce qu'il faut retenir

  • Les États-Unis ont demandé à plusieurs pays européens, dont la Belgique, de fermer leurs frontières aux ressortissants de RDC, du Soudan du Sud et d’Ouganda, craignant une propagation d’Ebola via l’Europe.
  • Washington a menacé de refuser l’entrée sur son territoire aux ressortissants des pays européens ne suivant pas cette directive.
  • La Belgique a rejeté cette demande, en accord avec la position de l’Union européenne.
  • Cette décision s’inscrit dans un contexte de vigilance sanitaire accrue avant le Mondial de football.

Une demande américaine motivée par la Coupe du monde

Les États-Unis ont justifié leur demande par la tenue prochaine du Mondial de football, un événement susceptible d’attirer des millions de supporters en Europe. Selon les autorités américaines, citées par RFI, la crainte d’une propagation transfrontalière de l’épidémie d’Ebola justifiait des mesures drastiques, y compris la fermeture partielle des frontières. Cette épidémie, qui sévit notamment en RDC, a déjà fait plusieurs centaines de morts depuis 2025, selon les derniers bilans de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Cependant, les experts sanitaires soulignent que les risques de contamination via les déplacements de supporters restent limités, à condition que les protocoles sanitaires soient respectés. « Les mesures de restriction systématique ne sont pas justifiées par les données épidémiologiques disponibles », a indiqué un porte-parole de l’OMS sous couvert d’anonymat.

La Belgique et l’UE privilégient une approche coordonnée

La Belgique n’a pas agi seule dans sa décision. Comme l’a confirmé le ministre belge de la Santé, « cette position a été adoptée en concertation avec les institutions européennes, qui partagent une vision commune sur la gestion des risques sanitaires ». L’UE a rappelé que toute restriction de libre circulation devait être proportionnée et basée sur des preuves scientifiques, conformément aux traités internationaux.

Cette approche s’inscrit dans la continuité des recommandations de l’OMS, qui prône une gestion équilibrée des risques sans discrimination. « Nous ne pouvons pas isoler des pays entiers sur la base de craintes non étayées », a déclaré un haut fonctionnaire européen, cité par RFI.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines seront déterminantes pour évaluer l’impact de cette décision. Plusieurs pays européens, dont la France et l’Allemagne, devraient se prononcer dans les prochains jours sur leur position concernant les restrictions frontalières. Une réunion des ministres de la Santé de l’UE est prévue le 20 juin 2026 pour harmoniser les mesures sanitaires en vue de l’été et du Mondial.

Dans l’immédiat, les autorités belges maintiennent une surveillance renforcée aux frontières et dans les aéroports, tout en appelant à la responsabilité individuelle des voyageurs. Les organisateurs du Mondial, quant à eux, ont annoncé le déploiement de protocoles sanitaires stricts dans les stades et les lieux de rassemblement.

Cette affaire illustre les tensions entre sécurité sanitaire et principes de libre circulation, un équilibre que l’UE devra continuer de défendre dans les mois à venir. La question reste ouverte : les autres pays européens suivront-ils l’exemple de la Belgique, ou céderont-ils aux pressions américaines ?