Alors que la primaire de la gauche peine à se structurer, les écologistes sont confrontés à une question cruciale : comment porter leur voix à la présidentielle de 2027 ? Selon Reporterre, une motion a été déposée en amont du conseil fédéral du parti, prévu les 6 et 7 juin 2026, pour discuter d'une stratégie alternative face à l'échec probable de la primaire.

Ce qu'il faut retenir

  • Une motion a été déposée par l'aile droite et l'aile gauche des Écologistes pour anticiper l'abandon de la primaire de gauche.
  • Le conseil fédéral des Écologistes se tient les 6 et 7 juin 2026 pour trancher sur la stratégie présidentielle.
  • La direction du parti préfère temporiser plutôt que de s'engager sur une candidature unique.
  • La primaire de la gauche, déjà fragilisée, cristallise les tensions internes au mouvement écologiste.

Côté coulisses, le parti des Écologistes traverse une période de doute. D'un côté, les partisans d'une union large de la gauche multiplient les initiatives pour sauver la primaire. De l'autre, les tenants d'une ligne plus autonome, voire d'une candidature écologiste autonome, gagnent du terrain. Selon Reporterre, cette motion déposée en amont du conseil fédéral reflète ces divisions internes, avec des élus et militants des deux bords qui s'interrogent sur l'opportunité de maintenir une primaire dont l'issue semble déjà compromise.

La direction du parti, elle, adopte une posture prudente. Plutôt que de trancher dès maintenant, elle préfère attendre les résultats des négociations en cours avec les autres forces de gauche. Une stratégie qui agace une partie de la base, convaincue que le temps presse. « On ne peut pas se permettre de perdre encore des mois à discuter d'une primaire qui n'aura pas lieu », a déploré un membre du bureau national sous couvert d'anonymat. Une position partagée par plusieurs cadres locaux, qui estiment que le parti doit se préparer à une candidature propre dès maintenant.

« La primaire de gauche est en train de prendre l'eau, et nous, on reste là à regarder le bateau couler. Il faut anticiper, sinon on sera exclus de la présidentielle avant même d'avoir commencé la campagne. »
— Un cadre des Écologistes, cité par Reporterre

Pourtant, la situation n'est pas totalement bloquée. Certains responsables du parti rappellent que les Écologistes ont toujours su rebondir dans les moments de crise. L'histoire récente le montre : en 2022, Yannick Jadot était parvenu à s'imposer comme le candidat unique de la gauche écologiste malgré des divisions initiales. Une performance qui pourrait inspirer une nouvelle tentative d'union, même tardive. « On a déjà vu des primaires se sauver in extremis, a rappelé une élue régionale. Rien n'est joué d'avance, même si la situation est compliquée. »

Reste que les obstacles sont nombreux. Entre l'absence de consensus sur un candidat commun et les désaccords persistants sur le programme, les Écologistes risquent de se retrouver marginalisés dès le premier tour. Un scénario redouté par une partie de l'appareil, qui craint une répétition de 2022, où le score de Jadot (4,6 % des voix) avait été jugé décevant par beaucoup. « On ne peut pas se permettre de faire pire, a prévenu un membre du secrétariat national. Si on ne trouve pas une issue rapide, on sera les grands oubliés de la présidentielle. »

Et maintenant ?

Le conseil fédéral des Écologistes, qui se réunira les 6 et 7 juin 2026, devrait donner une première indication sur la stratégie du parti. Deux scénarios sont envisageables : soit la direction parvient à imposer une candidature unique dans le cadre d'une primaire élargie, soit elle acte l'échec du processus et se tourne vers une stratégie autonome. Dans les deux cas, la décision devra être prise rapidement, au risque de laisser le champ libre à d'autres forces politiques pour occuper l'espace écologiste.

Quoi qu'il en soit, une chose est sûre : les Écologistes ne peuvent plus se permettre d'attendre. La présidentielle 2027 approche à grands pas, et le parti devra faire des choix clairs d'ici la fin de l'été pour éviter une nouvelle marginalisation.

Selon Reporterre, la primaire de la gauche souffre de divisions internes et d'un manque de candidats crédibles. Plusieurs partis, comme le PS ou Place publique, hésitent à s'engager pleinement dans le processus, tandis que les Écologistes peinent à trouver un consensus sur une candidature unique.