Alors que la campagne pour l’élection présidentielle de 2027 s’intensifie, Édouard Philippe, figure centrale du parti Horizons et candidat déclaré, a multiplié les déclarations chocs lors d’une série d’interventions relayées par BFM – Politique. Parmi les annonces les plus marquantes, l’ancien Premier ministre a estimé que l’instauration des 35 heures avait été « une erreur », tout en réaffirmant sa volonté de rassembler les forces de droite et du centre autour d’un projet commun. Ces prises de position, parfois en opposition frontale avec les propositions de Marine Le Pen, dessinent les contours d’une ligne politique ambitieuse, mêlant rigueur budgétaire et réformes structurelles.
Dans un entretien accordé à la chaîne d’information en continu, Édouard Philippe a également confirmé son intention de ne pas exclure certaines mesures controversées, comme le rétablissement de la double peine pour les étrangers condamnés. Autant dire que son discours, à la fois pragmatique et volontariste, se positionne en rupture avec certaines orthodoxies de son camp, tout en s’inscrivant dans une logique de responsabilité économique et sociale.
Ce qu'il faut retenir
- Les 35 heures jugées « une erreur » : Édouard Philippe a clairement remis en cause la loi sur la réduction du temps de travail, la qualifiant d’erreur stratégique.
- Allongement du temps de travail pour les retraites : Il a indiqué que la réforme des retraites passerait nécessairement par une augmentation de la durée de cotisation pour chacun.
- Refus catégorique des hausses d’impôts : Le candidat a exclu toute augmentation des prélèvements obligatoires, privilégiant la maîtrise des dépenses publiques.
- Réduction du chômage par l’emploi : Il mise sur des politiques actives pour faire reculer le taux de chômage, sans préciser de mesures concrètes pour l’instant.
- Rassemblement de la droite et du centre : Il a réitéré sa conviction que la victoire électorale dépendra d’une union des forces politiques modérées.
Une critique acerbe des 35 heures et de la politique économique passée
Lors de ses prises de parole, Édouard Philippe n’a pas hésité à pointer du doigt les choix économiques de la décennie précédente. « Je pense que faire les 35h était une erreur », a-t-il lancé, avant d’ajouter que cette mesure avait contribué à fragiliser la compétitivité française. Selon lui, la réforme des retraites, qu’il juge inévitable, devra s’accompagner d’un effort supplémentaire des actifs. « Nous devons régler cette question des retraites et pour la régler il faudra que chacun travaille un peu plus », a-t-il expliqué. Une position qui s’inscrit dans la droite ligne des propositions portées par une partie de la droite libérale, mais qui tranche avec les discours plus sociaux de son parti d’origine, Horizons.
Par ailleurs, il a balayé d’un revers de main l’idée d’une hausse des impôts, une mesure qu’il qualifie de « contre-productive ». « Je ne veux pas qu’on parle d’augmentations d’impôts », a-t-il martelé, insistant sur la nécessité de « remettre de l’ordre dans nos finances publiques » sans alourdir la pression fiscale. Une posture qui pourrait séduire un électorat en quête de solutions libérales, mais qui risque aussi de diviser au sein même de sa famille politique.
Entre alliances et tensions avec Marine Le Pen
Édouard Philippe n’a pas manqué de commenter les propositions de Marine Le Pen, candidate du Rassemblement National. Selon lui, ses idées manquent de clarté. « Ce que j’observe dans ce que dit Marine Le Pen, c’est qu’il y a en réalité beaucoup de flou », a-t-il déclaré. Une critique qui s’ajoute à celle visant les relations avec l’Élysée, qualifiées de « lointaines » par l’ancien Premier ministre. Pour autant, il n’a pas exclu une alliance avec la droite radicale en cas de second tour, tout en rappelant que sa priorité reste le rassemblement de la droite et du centre autour d’un projet commun. « À la fin nous allons devoir nous rassembler à droite et au centre », a-t-il insisté, confirmant ainsi sa stratégie d’union des forces modérées.
Cette volonté de dépasser les clivages traditionnels se heurte cependant à la réalité des rapports de force politiques. Si Édouard Philippe mise sur une primaire ouverte pour fédérer, il devra compter avec les ambitions de figures comme Valérie Pécresse ou Xavier Bertrand, qui pourraient aussi prétendre à incarner cette union. Bref, la route vers une candidature unique de la droite et du centre s’annonce semée d’embûches.
L’école et l’immigration au cœur de son projet
Outre les questions économiques et sociales, Édouard Philippe a également mis en avant deux priorités pour son éventuelle présidence. D’une part, il souhaite faire de l’école « une grande ambition nationale », sans préciser pour l’instant les moyens concrets qu’il entend y consacrer. D’autre part, il a affiché une position ferme sur l’immigration, se disant favorable au rétablissement de la double peine pour les étrangers condamnés. « Rétablissement de la double peine : ça ne me pose aucun problème », a-t-il affirmé, une déclaration qui pourrait renforcer son ancrage à droite, mais aussi alimenter les critiques sur son manque de nuances.
Enfin, interrogé sur sa légitimité à incarner cette union, il a répondu sans détour : « Je suis un candidat et un homme de droite ». Une affirmation qui, loin de surprendre, confirme son positionnement politique, tout en ouvrant le débat sur sa capacité à élargir son électorat au-delà des sympathisants traditionnels de la droite.
En définitive, Édouard Philippe se positionne comme un candidat de rupture, prêt à bousculer les tabous de son camp tout en affichant une ligne claire : moins d’État, plus de travail, et une gestion rigoureuse des finances publiques. Son succès dépendra désormais de sa capacité à transformer ces principes en mesures concrètes, tout en évitant les pièges d’une campagne où les alliances et les trahisons sont monnaie courante.
Il considère que cette mesure a affaibli la compétitivité de l’économie française et contribue à fragiliser le système des retraites. Selon lui, il faudra augmenter la durée de travail pour équilibrer les comptes sociaux, une position qui s’inscrit dans une logique de responsabilité économique.
Il doit d’abord obtenir l’investiture de son parti, Horizons, puis tenter de fédérer les autres forces de droite et du centre autour d’un projet commun. Une primaire interne pourrait être organisée d’ici la fin de l’année 2026, avant une éventuelle alliance pour le premier tour de l’élection présidentielle.