L’ancien Premier ministre et candidat à l’élection présidentielle, Édouard Philippe, a dévoilé ce jeudi 2 septembre 2026 une série de propositions économiques et sociales, selon nos confrères de BFM Business. Parmi les mesures phares, il défend une réduction drastique de la durée d’indemnisation du chômage à 12 mois maximum pour les travailleurs de moins de 50 ans, une réforme des arrêts maladie et une défense du pacte Dutreil pour les transmissions d’entreprises familiales.

Ce qu'il faut retenir

  • 12 mois maximum d’indemnisation chômage pour les moins de 50 ans, inspiré du modèle allemand
  • Renforcement des jours de carence pour les arrêts maladie ponctuels, avec une indemnisation réduite dès le premier ou deuxième jour
  • Création d’une période incompressible de 3 à 6 mois entre un arrêt maladie et une rupture conventionnelle pour limiter les abus
  • Défense du pacte Dutreil pour faciliter la transmission des entreprises familiales
  • Rejet des propositions de taxations massives des héritages, privilégiant une augmentation des plafonds de donation aux enfants et petits-enfants

Une réforme de l’assurance chômage inspirée de l’Allemagne

Édouard Philippe a indiqué vouloir aligner la durée d’indemnisation du chômage sur le modèle allemand, en la limitant à 12 mois maximum pour les travailleurs de moins de 50 ans. Actuellement, cette durée est fixée à 18 mois pour les moins de 55 ans, depuis une réforme de 2023 qui avait déjà réduit l’ouverture des droits de six mois. Une nouvelle étape est prévue avec une durée portée à 15 mois en cas de rupture conventionnelle à partir du 1er septembre 2026.

« Sur l’assurance chômage, ma direction c’est de faire comme l’Allemagne. Douze mois d’indemnisation maximum pour les moins de 50 ans », a déclaré l’ancien chef du gouvernement, soulignant la nécessité de « remettre de l’ordre dans nos comptes » tout en maintenant un filet de sécurité pour les travailleurs.

Un durcissement des règles sur les arrêts maladie

Autre volet de ses propositions, Édouard Philippe entend s’attaquer à ce qu’il qualifie de « dérive préoccupante » des arrêts maladie. Selon lui, leur coût annuel représente 17 milliards d’euros, en hausse de près de 40 % entre 2019 et 2025. Pour y remédier, il propose de renforcer les jours de carence : « Le premier jour, les deux premiers jours ne seront pas indemnisés lorsque c’est un arrêt ponctuel ». Il évoque également la possibilité de s’inspirer du système espagnol, où les congés longs sont mieux indemnisés, mais où les congés courts sont plus strictement encadrés.

Il a par ailleurs suggéré d’instaurer une période incompressible de trois à six mois entre un arrêt maladie et une rupture conventionnelle, afin de lutter contre « le phénomène de chantage à l’arrêt maladie ». Une mesure qui vise à éviter les abus tout en préservant les droits des salariés en cas de problème de santé durable.

Défense du pacte Dutreil et rejet des propositions sur les héritages

Sur le front des transmissions d’entreprises, Édouard Philippe a réaffirmé son attachement au pacte Dutreil, un dispositif fiscal qui facilite la transmission des entreprises familiales. « Ce dispositif a un immense mérite : les entreprises familiales savent qu’il existe, ce qui leur permet de préparer sereinement leur transmission à la génération suivante », a-t-il expliqué. Alors que le pays s’apprête à connaître un « immense mouvement de transmission », il juge « extrêmement important d’envoyer ce signal aux entrepreneurs ».

Face aux propositions portées par Jean-Luc Mélenchon ou Marylise Léon visant à taxer intégralement les héritages au-delà de 12 millions d’euros, ou encore à taxer les successions « au premier euro », Édouard Philippe s’est dit en « désaccord frontal ». Il défend au contraire une politique de transmission du patrimoine plus précoce et plus large, notamment via une augmentation sensible des plafonds de donation pendant les trois premières années d’un éventuel quinquennat. « Il faut permettre la transmission du patrimoine beaucoup plus vite et beaucoup plus tôt pour aider la jeunesse », a-t-il insisté.

Modernisation des infrastructures et politique économique

Édouard Philippe a également rappelé son attachement à une « vraie politique de l’offre », qu’il avait mise en place avec Emmanuel Macron lorsqu’il était Premier ministre. Il propose notamment de supprimer 50 milliards d’impôts de production en contrepartie d’une baisse équivalente des aides aux entreprises. Sur le plan des infrastructures, il mise sur un grand plan fret-ferroviaire pour améliorer la compétitivité française et réduire les émissions de CO₂, ainsi que sur le développement du stockage de l’eau pour éviter une exploitation excessive des nappes phréatiques.

« La prospérité d’un pays, ce n’est pas seulement l’orthodoxie financière et budgétaire et des entreprises qui vont bien. C’est aussi une direction que l’on donne et des infrastructures qui ne peuvent pas être décidées par des entreprises privées et qui sont essentielles au développement économique de la nation », a-t-il résumé. Il a par ailleurs critiqué les propositions de Jean-Luc Mélenchon sur l’annulation de la dette, qu’il juge « l’assurance de la destruction du crédit de la France ». « Avec ce genre de propositions, le sang et les larmes, c’est lui », a-t-il lancé.

Une réforme des retraites pour « travailler un peu plus longtemps »

Interrogé sur la question des retraites, Édouard Philippe a réaffirmé sa position : « On doit faire une réforme des retraites qui prenne en compte toutes les différences dans les métiers, qui soit parfaitement soucieuse de la justice entre les individus, mais qui accepte l’idée que tout le monde doit travailler un peu plus longtemps ». Il a rappelé son attachement à une réforme « moderne et équilibrée », sans préciser davantage ses propositions dans ce domaine.

Et maintenant ?

Les propositions d’Édouard Philippe, bien que présentées lors de l’université d’été du Medef, devront être précisées et défendues dans les mois à venir, à l’approche de l’élection présidentielle. Si elles devaient être mises en œuvre, les premières mesures pourraient concerner la réforme des arrêts maladie, avec une possible application dès 2027. Quant à l’assurance chômage, une modification législative serait nécessaire pour réduire la durée d’indemnisation, une décision qui dépendra du futur gouvernement. Reste à voir si ces propositions trouveront un écho auprès des autres candidats et des partenaires sociaux.

Édouard Philippe interviendra ce jeudi aux côtés de six autres candidats à l’Université de rentrée du Medef, un événement qui permettra d’affiner ses propositions et de confronter ses idées à celles de ses concurrents pour la présidentielle de 2027.

Depuis une réforme de 2023, la durée maximale d’indemnisation est fixée à 18 mois pour les moins de 55 ans. À partir du 1er septembre 2026, cette durée sera réduite à 15 mois en cas de rupture conventionnelle.

Parmi ses propositions, on retrouve la suppression de 50 milliards d’impôts de production, un grand plan fret-ferroviaire pour améliorer la compétitivité, et le développement du stockage de l’eau pour limiter l’exploitation des nappes phréatiques.