Selon Top Santé, une habitude parentale largement répandue pourrait, à long terme, fragiliser la confiance intérieure des enfants. Il s’agit de la phrase « Bon travail », souvent prononcée après un succès ou une bonne performance. Cette pratique, bien que bien intentionnée, est remise en cause par la psychologue américaine Becky Kennedy, spécialiste en parentalité et diplômée de l’Ivy League.

Ce qu'il faut retenir

  • La phrase « Bon travail » pourrait affaiblir la confiance en soi des enfants à long terme, selon la psychologue Becky Kennedy.
  • Cette pratique, pourtant courante, ne valorise pas l’effort ou la progression, mais seulement le résultat final.
  • L’experte encourage les parents à adopter des formulations plus précises pour renforcer l’estime de soi de leurs enfants.
  • Becky Kennedy est diplômée de l’Ivy League et propose des méthodes éducatives alternatives.

Une critique des retours positifs génériques

Pour de nombreux parents, encourager son enfant en lui disant « Bon travail » après une réussite scolaire, sportive ou artistique relève d’une évidence. Pourtant, cette formulation, aussi anodine soit-elle, pourrait selon Becky Kennedy (Top Santé) masquer une approche moins constructive qu’il n’y paraît. La psychologue, auteure de l’ouvrage à succès « Good Inside », souligne que cette phrase, bien que positive en apparence, ne permet pas à l’enfant de comprendre pourquoi son travail est valorisé. Autant dire qu’elle ne favorise pas la construction d’une confiance profonde et autonome.

Confiance en soi : l’importance de reconnaître l’effort, pas seulement le résultat

Dans ses interventions, Becky Kennedy insiste sur un point précis : un enfant a besoin de comprendre ce qui a été bien fait pour reproduire ce comportement à l’avenir. Dire « Bon travail » revient à clore la discussion sans ouvrir de dialogue sur les processus qui ont mené à ce résultat. La psychologue propose ainsi de remplacer cette formule par des commentaires plus détaillés, comme « J’ai remarqué que tu as persévéré sur cette partie difficile, c’est très bien » ou « Tu as su t’organiser différemment cette fois, bravo ». Ces formulations, selon elle, aident l’enfant à identifier ses forces et à développer une estime de soi liée à ses propres capacités, et non à une validation extérieure.

Selon ses observations, les enfants élevés avec ce type de feedback développeraient une confiance en soi plus solide et moins dépendante des jugements extérieurs. À l’inverse, ceux qui reçoivent régulièrement des éloges vagues pourraient, à l’âge adulte, chercher une validation constante, limitant ainsi leur capacité à prendre des décisions autonomes.

Une approche validée par la recherche en psychologie

Les travaux de Becky Kennedy s’appuient sur des recherches en psychologie du développement, notamment celles portant sur la motivation intrinsèque. Des études montrent que les enfants dont les efforts sont explicitement reconnus — et non seulement les résultats — développent une meilleure résilience face aux échecs et une plus grande persévérance. Une enquête menée par l’American Psychological Association en 2023 révélait que 78 % des enfants ayant bénéficié de feedbacks précis sur leur processus présentaient une meilleure estime de soi à l’adolescence, contre 45 % pour ceux ayant reçu des compliments génériques.

Cette différence s’explique par le fait que les enfants apprennent à associer leur valeur à leurs actions plutôt qu’à une approbation externe. Pour les parents, cela implique de passer d’un mode de communication évaluatif (« Tu as eu 15/20, bravo ») à un mode descriptif (« J’ai vu que tu as relu tes leçons plusieurs fois, c’est une très bonne stratégie »).

Et maintenant ?

La remise en question de la phrase « Bon travail » s’inscrit dans un mouvement plus large de réévaluation des méthodes éducatives, notamment via les réseaux sociaux et les plateformes dédiées à la parentalité. Becky Kennedy, dont les vidéos et livres rencontrent un succès croissant, devrait publier un nouvel ouvrage en septembre 2026, centré sur les alternatives concrètes aux compliments vides. Les professionnels de l’enfance, comme les psychologues scolaires ou les pédiatres, pourraient être amenés à intégrer ces recommandations dans leurs conseils aux familles.

Une tendance qui interroge les parents

Si la critique de « Bon travail » commence à se diffuser, notamment grâce aux réseaux sociaux, elle suscite encore des interrogations chez certains parents. Faut-il systématiquement éviter cette phrase ? La réponse n’est pas binaire, estiment les experts. Tout dépend du contexte et de la manière dont elle est prononcée. L’important reste de privilégier un dialogue constructif, où l’enfant comprend ce qui est valorisé dans son action. Comme le rappelle Top Santé, l’enjeu n’est pas de supprimer toute forme de compliment, mais de le rendre plus significatif et formateur.

Pour Becky Kennedy, l’idée n’est pas d’adopter une posture parfaite, mais de tendre vers une éducation plus consciente, où chaque mot compte. Reste à voir si cette approche s’imposera comme une norme dans les années à venir.

Selon Becky Kennedy, il est préférable de décrire ce que l’enfant a accompli : « Tu as su gérer ton temps pour finir ton projet » ou « J’ai vu que tu as demandé de l’aide quand tu bloquais ». L’idée est de mettre en avant le processus plutôt que le résultat.