À quatre jours de l’ouverture du G7 à Évian, prévu du 15 au 17 juin 2026, le président français Emmanuel Macron organisera jeudi une visioconférence internationale baptisée « sommet de convergence mondiale pour la croissance ». L’objectif affiché ? Renforcer la coopération économique entre les grandes puissances industrielles et les pays émergents, alors que les tensions commerciales persistent entre l’Europe, la Chine et les États-Unis. Selon Le Figaro, cette initiative vise à apaiser les déséquilibres macroéconomiques mondiaux et à poser les bases d’une croissance « équilibrée, durable et partagée ».
Ce qu'il faut retenir
- Une visioconférence jeudi 12 juin 2026 réunissant les membres du G7, la Chine et plusieurs pays émergents, dont le Brésil, la Corée du Sud, l’Inde, le Kenya et l’Égypte.
- L’Élysée présente ce sommet comme un signal de « disponibilité nouvelle » de la Chine, des États-Unis et de l’Europe à s’engager dans une démarche économique coordonnée.
- Priorité affichée : réduire les déséquilibres macroéconomiques et restaurer une industrie forte en Europe, tout en équilibrant les échanges commerciaux avec la Chine et les États-Unis.
- La France menace d’instaurer des droits de douane sur les produits chinois si Pékin ne joue pas le jeu, une position déjà évoquée par Macron en décembre 2025 et janvier 2026.
- Ce sommet s’inscrit dans la préparation du G20 prévu en décembre 2026 aux États-Unis, dont la Chine est membre.
L’Élysée a souligné dans un communiqué que cette conférence « signale une disponibilité nouvelle de la Chine, des États-Unis et de l’Europe de s’engager dans une démarche économique coordonnée ». Parmi les participants figurent les représentants des sept pays du G7 — Allemagne, Canada, États-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni — ainsi que ceux de la Chine et du Fonds monétaire international (FMI). Cette rencontre virtuelle précède de quelques jours le sommet du G7 qui se tiendra dans la ville thermale d’Évian, en Haute-Savoie, un lieu choisi pour son cadre propice aux discussions informelles et stratégiques.
La présidence française a précisé que cette initiative s’inscrit dans la volonté de « créer les conditions d’une croissance équilibrée ». Elle rappelle que la résorption des déséquilibres macroéconomiques est une « priorité » pour Emmanuel Macron dans le cadre de la présidence française du G7. « Ce sommet vise à initier une coopération entre les économies systémiques et émergentes pour apaiser les tensions », a expliqué l’Élysée, ajoutant que la lutte contre ces déséquilibres « est dans l’intérêt aussi des pays les plus fragiles ».
La France entend notamment « restaurer une industrie forte en Europe » et « équilibrer le commerce avec la Chine ainsi que les États-Unis ». Une ambition qui intervient alors que les relations commerciales entre Bruxelles et Pékin restent tendues. Dès décembre 2025, Emmanuel Macron avait proposé une approche « coopérative » pour aborder ces questions, tout en laissant planer la menace de mesures protectionnistes. « L’Europe a un double problème, l’agressivité chinoise et les tarifs américains », avait-il déclaré en janvier 2026. « C’est un gros problème d’avoir les deux en même temps. »
Un sommet virtuel préparatoire aux enjeux du G7
Cette visioconférence s’inscrit dans une séquence diplomatique chargée pour la France. Dès mercredi 11 juin, Emmanuel Macron recevra à l’Élysée des représentants de la société civile, des partenaires sociaux, du monde économique, des fondations, des think tanks et de la jeunesse. Leurs échanges « porteront sur les enjeux de développement et de partenariats internationaux, la sécurisation des chaînes de valeur pour les approvisionnements critiques, le numérique et l’intelligence artificielle, ainsi que sur la protection de l’État de droit, des libertés fondamentales, de l’espace civique et la place de la jeunesse dans nos démocraties », précise un communiqué de l’Élysée.
Cette démarche reflète une volonté de donner la parole à des acteurs non étatiques avant le sommet du G7, une pratique devenue courante dans les grandes négociations internationales. Emmanuel Macron enchaînera ensuite avec des rencontres bilatérales : un dîner avec le Premier ministre canadien Mark Carney vendredi 13 juin à Paris, puis un échange avec le Premier ministre indien Narendra Modi dimanche 15 juin à Nice, lors d’un événement dédié à la tech. Enfin, il accueillera ses homologues du G7 lundi 16 juin à Évian, où se déroulera le sommet jusqu’au 18 juin.
La Chine et les États-Unis, deux partenaires au cœur des discussions
Le rôle de la Chine dans cette visioconférence est particulièrement scruté. Pékin, bien que membre du G20, n’appartient pas au G7, contrairement aux États-Unis et aux grandes économies européennes. Pourtant, son inclusion dans ce sommet virtuel marque une volonté de dialogue malgré les tensions persistantes. La Chine reste un partenaire commercial incontournable pour l’Europe, mais aussi un concurrent industriel redouté. « La résorption des déséquilibres macroéconomiques mondiaux est une priorité » pour la France, rappelle l’Élysée, une formulation qui sous-entend des attentes fortes envers Pékin.
Côté américain, les relations avec l’UE restent marquées par des désaccords, notamment sur les subventions aux industries vertes ou les droits de douane. Emmanuel Macron a déjà évoqué à plusieurs reprises la nécessité de « rééquilibrer » les échanges avec Washington, tout en évitant une escalade protectionniste. Cette visioconférence pourrait donc servir de plateforme pour désamorcer les tensions avant le sommet du G7, où ces sujets seront probablement au cœur des débats.
Vers une coordination accrue des politiques économiques ?
Cette initiative s’ajoute à une série d’efforts récents pour renforcer la coopération économique mondiale. La France mise sur une approche « coordonnée » entre les grandes économies, une méthode qui contraste avec les tensions des années précédentes, marquées par des mesures unilatérales et des représailles commerciales. « Ce sommet vise à initier une coopération entre les économies systémiques et émergentes », rappelle l’Élysée, soulignant que l’objectif est de « créer les conditions d’une croissance équilibrée ».
Pour autant, les défis restent nombreux. Les déséquilibres commerciaux persistent, les chaînes d’approvisionnement restent fragiles, et les tensions géopolitiques — notamment autour de Taïwan ou de la guerre en Ukraine — pèsent sur la stabilité économique. « La lutte contre les déséquilibres est dans l’intérêt aussi des pays les plus fragiles », insiste la présidence française, suggérant que les retombées d’une croissance mieux partagée pourraient bénéficier à l’ensemble de la planète.
En attendant, les attentes sont élevées. Les partenaires commerciaux de la France espèrent des signaux clairs sur la manière dont l’Europe compte aborder ses relations avec la Chine et les États-Unis. Quant à Emmanuel Macron, il mise sur cette séquence diplomatique pour renforcer le rôle de la France comme médiateur dans les grands équilibres économiques mondiaux.
La visioconférence réunira les sept membres du G7 (Allemagne, Canada, États-Unis, France, Italie, Japon, Royaume-Uni), la Chine, le Fonds monétaire international (FMI), ainsi que cinq pays émergents invités au sommet du G7 : le Brésil, la Corée du Sud, l’Inde, le Kenya et l’Égypte.
Selon l’Élysée, la visioconférence vise à initier une coopération entre les économies systémiques et émergentes pour apaiser les tensions commerciales, créer les conditions d’une croissance « équilibrée, durable et partagée », et résorber les déséquilibres macroéconomiques mondiaux. La France souhaite notamment restaurer une industrie forte en Europe et rééquilibrer les échanges commerciaux avec la Chine et les États-Unis.