Alors que les salariés de l'usine Goodyear d'Amiens s'inquiètent pour leur avenir face à la concurrence déloyale des produits chinois, le président Emmanuel Macron a tenu à les rassurer directement lors d'une visite ce lundi 8 juin 2026. « Il faut qu'on vous protège des règles déloyales dans l'Union européenne », a-t-il déclaré, selon BFM - Politique.
Ce qu'il faut retenir
- Emmanuel Macron s'est rendu à l'usine Goodyear d'Amiens pour discuter des inquiétudes des salariés face à la concurrence chinoise.
- Le président a promis une protection renforcée contre les « règles déloyales » de l'UE dans ce dossier.
- Cette visite intervient dans un contexte de tensions commerciales accrues entre l'Europe et la Chine.
- Les salariés craignent pour l'emploi et la pérennité du site industriel.
Une visite présidentielle pour répondre aux inquiétudes des salariés
Sur place, Emmanuel Macron a échangé longuement avec les ouvriers de l'usine Goodyear, l'un des derniers sites de production de pneumatiques en France. Selon les informations rapportées par BFM - Politique, le président a évoqué la nécessité de défendre les intérêts des travailleurs français face à une concurrence étrangère perçue comme déloyale. « On ne peut pas laisser faire n'importe quoi », a-t-il insisté, sans préciser immédiatement les mesures concrètes qui pourraient être mises en place.
Cette visite s'inscrit dans une série de déplacements présidentiels visant à montrer le soutien de l'État aux secteurs industriels en difficulté. Pour les salariés, cette attention médiatique et politique représente un soulagement, même si les incertitudes sur l'avenir de l'usine persistent. L'usine Goodyear d'Amiens emploie encore plusieurs centaines de personnes, mais fait face à une pression accrue des importations à bas prix en provenance de Chine.
La concurrence chinoise au cœur des débats économiques européens
Le sujet de la concurrence chinoise est devenu un dossier brûlant au sein de l'Union européenne, où les entreprises européennes dénoncent des pratiques commerciales jugées déloyales. Ces dernières années, Bruxelles a multiplié les enquêtes et les mesures antidumping pour protéger ses industries. « Il faut qu'on vous protège des règles déloyales dans l'Union européenne », a répété le président, soulignant que la France pousserait pour des règles plus strictes.
Parmi les griefs des industriels français : les subventions massives accordées par Pékin à ses entreprises, les coûts de production moins élevés en Chine, ou encore les normes environnementales et sociales moins strictes. Ces facteurs permettent aux fabricants chinois de proposer des prix bien inférieurs à ceux des producteurs européens, mettant en péril la compétitivité des sites industriels comme celui d'Amiens.
Un engagement présidentiel qui reste à concrétiser
Si Emmanuel Macron a clairement affiché sa volonté de protéger les salariés et l'industrie française, les mesures exactes qu'il compte mettre en œuvre restent à préciser. BFM - Politique indique qu'aucune annonce concrète n'a été faite lors de cette visite, mais que des discussions sont en cours au niveau européen pour renforcer les contrôles sur les importations et les aides publiques chinoises.
Côté français, le gouvernement pourrait envisager des aides ciblées ou des relocalisations pour soutenir les secteurs en difficulté. Cependant, la marge de manœuvre budgétaire reste limitée, et toute décision devra être validée par la Commission européenne pour éviter les accusations de distorsion de concurrence. Les syndicats, eux, appellent à une action rapide et décisive pour sauver l'emploi local.
Dans les semaines à venir, les négociations entre Paris et Bruxelles sur ce dossier pourraient s'intensifier, tandis que les salariés de Goodyear continueront de suivre avec attention les annonces du gouvernement. Pour l'instant, l'engagement d'Emmanuel Macron a au moins permis de rassurer temporairement une partie des effectifs, même si l'incertitude plane toujours sur l'avenir du site.
Les critiques portent principalement sur les subventions massives accordées par Pékin à ses entreprises, qui faussent le jeu de la concurrence, ainsi que sur les différences de normes environnementales, sociales et fiscales entre la Chine et l'Europe. Ces éléments permettent aux producteurs chinois de proposer des prix artificiellement bas, mettant en difficulté les industries européennes.
Depuis 2020, l'Union européenne a multiplié les enquêtes antidumping et les mesures de sauvegarde, notamment sur les panneaux solaires, les vélos électriques et l'acier. En 2025, Bruxelles a également renforcé les contrôles sur les subventions étrangères et mis en place un mécanisme de filtrage des investissements chinois dans les secteurs stratégiques. D'autres mesures pourraient être annoncées dans les prochains mois.