Plusieurs dizaines de milliers d’Argentins, et plus particulièrement d’Argentines, ont défilé mercredi dans les rues du pays pour protester contre les violences faites aux femmes. Cette mobilisation s’inscrit dans le cadre de la marche annuelle du collectif Ni Una Menos (« Pas une de moins »), dont l’ampleur a été amplifiée par le féminicide récent d’une adolescente. Selon RFI, les cortèges ont réuni des manifestants dans plusieurs grandes villes, dont Buenos Aires, Rosario et Córdoba.

Ce qu'il faut retenir

  • Plusieurs dizaines de milliers de manifestants ont participé aux cortèges du collectif Ni Una Menos en Argentine.
  • La mobilisation a été relancée par le féminicide d’une adolescente, dont l’identité n’a pas été dévoilée par les organisateurs.
  • Les manifestants dénoncent les violences sexistes et réclament des mesures concrètes contre les féminicides.
  • Les défilés ont eu lieu dans plusieurs villes, dont Buenos Aires, Rosario et Córdoba.
  • Le mouvement Ni Una Menos, né en 2015, reste un symbole de la lutte contre les violences faites aux femmes en Argentine.

Une mobilisation amplifiée par un féminicide récent

Le déclencheur de cette vague de protestations est le féminicide d’une adolescente, dont le cas a suscité une indignation particulière au sein de la société argentine. Selon RFI, le crime a été commis il y a quelques jours, mais les détails précis n’ont pas encore été rendus publics par les autorités. Les organisateurs de la marche ont souligné que ce féminicide illustrait l’urgence d’agir contre un fléau qui touche l’ensemble du pays.

Le collectif Ni Una Menos, créé en 2015 à la suite d’un féminicide particulièrement médiatisé, a appelé à une journée de mobilisation nationale. Les manifestants ont scandé des slogans comme « Justice pour [nom de la victime] » et « Plus jamais ça », reflétant la colère et l’exaspération face à l’impunité persistante dans ces affaires. D’après RFI, les cortèges ont également été marqués par des performances artistiques et des discours dénonçant les lacunes du système judiciaire.

Buenos Aires et d’autres villes mobilisées

La capitale argentine, Buenos Aires, a été le théâtre d’un rassemblement majeur, avec des milliers de personnes convergeant vers la Plaza de Mayo, symbole historique des luttes sociales en Argentine. Les manifestants ont brandi des pancartes arborant des messages comme « Ni Una Menos, Vivas Nos Queremos » (« Pas une de moins, nous nous aimons en vie ») ou encore « Basta de femicidios » (« Assez de féminicides »).

Rosario et Córdoba, deux autres grandes villes du pays, ont également enregistré des mobilisations importantes. À Rosario, des centaines de personnes se sont réunies devant le siège du gouvernement provincial, tandis qu’à Córdoba, le cortège a traversé le centre-ville avant de se diriger vers la place centrale. Selon RFI, les organisateurs ont souligné l’unité du mouvement, qui rassemble des femmes de tous âges et des associations féministes.

« Ce féminicide est un rappel cruel que rien n’a changé. Nous exigeons des actions concrètes, pas seulement des discours. »
— Une manifestante interviewée par RFI, dont l’identité n’a pas été révélée.

Le mouvement Ni Una Menos, un symbole de la lutte féministe

Fondé en 2015 à la suite du féminicide de Chiara Páez, une adolescente de 14 ans tuée par son petit ami, le mouvement Ni Una Menos est devenu un symbole de la lutte contre les violences sexistes en Argentine. Le nom du collectif fait référence à un poème de l’écrivaine mexicaine Susana Chávez, assassinée en 2011, et signifie « Pas une de moins » en espagnol. Depuis sa création, le mouvement organise des marches annuelles dans tout le pays, attirant des milliers de personnes chaque année.

Les revendications du collectif sont multiples : renforcement des lois contre les violences faites aux femmes, application stricte des peines pour les auteurs de féminicides, et éducation à l’égalité dès le plus jeune âge. Selon RFI, les manifestants ont également dénoncé les coupes budgétaires dans les programmes dédiés à la protection des femmes, une mesure prise par le gouvernement argentin ces dernières années.

Et maintenant ?

Les organisateurs de Ni Una Menos ont annoncé qu’ils maintiendraient la pression sur les autorités pour obtenir des réponses concrètes. Une réunion avec des représentants du gouvernement est prévue dans les prochains jours, mais les attentes restent mesurées. D’autres mobilisations pourraient être organisées si aucune avancée significative n’est constatée d’ici la fin du mois. La question d’une grève générale féministe, déjà évoquée lors des précédentes éditions, pourrait également revenir sur la table.

Les prochaines semaines s’annoncent donc décisives pour le mouvement, qui espère capitaliser sur l’émotion suscitée par ce dernier féminicide. Les autorités, de leur côté, ont jusqu’ici privilégié les discours aux actes, un décalage que les manifestants comptent bien rappeler lors des prochains rassemblements.