Alors que le tourisme rural gagne en popularité en France, cinq fermes bretonnes proposent une formule originale pour séduire les visiteurs. Selon Ouest France, ces exploitations agricoles transforment leurs gîtes en lieux d’expériences authentiques, invitant les vacanciers à s’immerger dans le quotidien des éleveurs et des agriculteurs. L’objectif ? Partager des moments concrets autour des animaux et des activités agricoles, loin des clichés du tourisme de masse.
Ce qu'il faut retenir
- Cinq fermes en Bretagne proposent des séjours touristiques incluant des ateliers participatifs avec les animaux.
- Les visiteurs peuvent ainsi traire des vaches, nourrir les volailles ou participer à des travaux agricoles selon les exploitations.
- Ces formules s’adressent aux familles, aux randonneurs ou aux citadins en quête d’authenticité.
- Les tarifs varient entre 70 et 120 euros la nuitée, selon les prestations proposées.
- Cette initiative s’inscrit dans une tendance plus large de tourisme durable et de retour à la terre en France.
Des gîtes qui deviennent de véritables espaces de partage
Côté Morbihan, à proximité de Vannes, la ferme de Kerbellec mise sur l’accueil des enfants et des adultes pour leur faire découvrir la vie à la campagne. Les vacanciers peuvent participer à la traite des vaches chaque matin, une activité qui attire particulièrement les familles. « Nous voulons leur montrer d’où vient le lait qu’ils boivent, et les sensibiliser au respect des animaux », explique Marie Le Goff, gérante de la ferme. Elle précise que ces ateliers sont encadrés par des professionnels pour garantir la sécurité et le bien-être des participants.
Dans les Côtes-d’Armor, la ferme de Kergonan, près de Dinan, propose quant à elle des séjours axés sur l’élevage ovin. Les visiteurs sont invités à participer à la tonte des moutons ou à la fabrication de fromage de brebis. « Nous organisons des stages sur plusieurs jours pour ceux qui veulent approfondir leurs connaissances », ajoute Jean-Yves Le Bris, l’un des associés. Ces formules, souvent réservées aux groupes, rencontrent un succès croissant auprès des touristes allemands et néerlandais, avides de découvertes rurales.
Un modèle économique qui séduit autant les agriculteurs que les vacanciers
Pour les exploitants agricoles, ces gîtes représentent une source de revenus complémentaires bienvenue. Selon une étude de la Chambre d’agriculture de Bretagne, publiée en 2025, 12 % des fermes bretonnes proposent désormais des hébergements touristiques, contre seulement 5 % il y a dix ans. « Cela nous permet de diversifier nos activités et de sensibiliser le public à notre métier », souligne Le Goff. Les retombées économiques sont réelles : un séjour complet, incluant ateliers et hébergement, génère en moyenne 400 euros de chiffre d’affaires par semaine et par ferme.
Côté visiteurs, l’engouement est palpable. Les plateformes de réservation comme Gîtes de France ou Airbnb enregistrent une hausse de 30 % des demandes pour ces types de séjours en Bretagne depuis 2024. Les retours des clients sont majoritairement positifs, comme en témoigne ce commentaire laissé sur un site de voyage : « Nous avons adoré participer à la traite des vaches et goûter le beurre frais fabriqué sur place. Une expérience unique ! »
Un tourisme qui mise sur la durabilité et l’éducation
Ces initiatives s’inscrivent dans une démarche plus large de tourisme durable, où le respect de l’environnement et la transmission des savoir-faire locaux priment. Les fermes participantes adoptent souvent des pratiques bio ou en conversion, et proposent des produits fermiers à la vente. À la ferme de Kerbihan, dans le Finistère, les propriétaires ont même installé des panneaux solaires pour alimenter leur gîte en énergie renouvelable. « Nous voulons montrer que l’agriculture peut être à la fois productive et respectueuse de la planète », explique Claire Morvan, co-gérante de l’exploitation.
Pour les vacanciers, cette formule permet de réduire leur empreinte carbone en évitant les longs déplacements vers des destinations lointaines. « On voit de plus en plus de familles qui optent pour des vacances en Bretagne plutôt qu’à l’étranger, précisément pour ces raisons », observe Le Bris. Les ateliers proposés sont souvent couplés à des randonnées pédestres ou à des balades à vélo, pour une immersion totale dans le bocage breton.
Ces séjours en ferme pourraient aussi inspirer de nouvelles vocations, notamment chez les jeunes agriculteurs en quête de diversification. Pour l’heure, les cinq exploitations citées par Ouest France affichent complet pour l’été 2026, preuve que le concept séduit toujours autant. Une chose est sûre : en Bretagne, le tourisme rural a de beaux jours devant lui.
Non, aucun prérequis n’est nécessaire. Les ateliers sont conçus pour être accessibles à tous, quel que soit l’âge ou le niveau de connaissance. Les agriculteurs encadrent les participants et expliquent chaque geste étape par étape.