Le 30 novembre 2026, le Fournil Philippe de Stang Bihan à Quimper (Finistère) devrait fermer définitivement ses portes. Derrière cette fermeture programmée, une question cruciale se pose : faut-il laisser disparaître un commerce qui emploie trois salariés, ou trouver une solution pour le maintenir à flot ? C’est le combat que mène actuellement trois employés du fournil, déterminés à reprendre l’affaire sous la forme d’une SCOP (Société coopérative et participative). Une initiative qui, si elle aboutit, permettrait non seulement de conserver leurs emplois, mais aussi de pérenniser un établissement emblématique de la région.
Ce qu'il faut retenir
- Fermeture prévue le 30 novembre 2026 pour le Fournil Philippe de Stang Bihan à Quimper, après le départ à la retraite de son gérant, Jean-Yves Philippe, et de son épouse Christine Coué Philippe.
- Trois salariés du fournil souhaitent reprendre l’établissement sous forme de SCOP, une structure qui permet aux employés de devenir associés et de gérer collectivement l’entreprise.
- Pour financer le rachat, les trois candidats à la reprise ont lancé une cagnotte en ligne afin de réunir un apport financier initial.
- Cette démarche s’inscrit dans une logique de transmission d’entreprise qui pourrait inspirer d’autres secteurs en Bretagne, où de nombreux commerces sont menacés par le départ à la retraite de leurs propriétaires.
Une transmission en péril, faute de repreneur
Le Fournil Philippe, installé à Quimper depuis plusieurs décennies, fait partie des adresses historiques de la ville. Pourtant, malgré sa notoriété locale, le commerce ne trouve pas de repreneur classique. Les salariés, qui y travaillent depuis des années, ont donc décidé de se mobiliser pour éviter la fermeture. « Nous ne voulons pas que ce lieu, qui fait partie du patrimoine local, disparaisse simplement parce que personne ne reprend l’affaire », explique l’un des trois porteurs du projet, qui préfère garder l’anonymat pour l’instant. Selon nos confrères de Ouest France, cette initiative reflète une tendance plus large en Bretagne, où de nombreux commerces de proximité peinent à trouver des repreneurs, surtout dans le secteur de la boulangerie artisanale.
La SCOP, une solution pour sauvegarder l’emploi
Opter pour une SCOP présente plusieurs avantages. D’abord, cela permet aux salariés de devenir propriétaires de leur outil de travail, tout en conservant leur emploi. Ensuite, cette structure favorise une gestion collective et solidaire, où les décisions sont prises de manière démocratique. « Une SCOP, c’est aussi une façon de garantir la pérennité du commerce, en évitant qu’il ne soit racheté par un grand groupe ou qu’il ferme faute de repreneur », souligne un expert en économie sociale et solidaire, contacté par Ouest France. Pour concrétiser ce projet, les trois employés doivent réunir un apport financier d’environ 50 000 euros, une somme qu’ils espèrent rassembler grâce à la cagnotte en ligne et à des partenariats avec des acteurs locaux.
Une mobilisation qui dépasse le cadre de la boulangerie
L’initiative des salariés du Fournil Philippe s’inscrit dans un mouvement plus large en faveur des transmissions d’entreprises en SCOP. En Bretagne, plusieurs projets similaires ont vu le jour ces dernières années, notamment dans le secteur agroalimentaire et artisanal. « Ce modèle séduit de plus en plus de salariés, car il leur offre une alternative crédible face à la fermeture ou à la reprise par un tiers extérieur », précise un responsable de la Confédération générale des SCOP. Pour les trois employés de Quimper, l’enjeu est double : sauver leur emploi et préserver un commerce qui fait partie du paysage local. « On ne veut pas que ce soit la fin d’une histoire, mais le début d’une nouvelle aventure », confie l’un d’eux.
En attendant, le Fournil Philippe continue de fonctionner normalement, tandis que ses salariés multiplient les initiatives pour attirer l’attention sur leur cause. Une chose est sûre : leur combat illustre les défis auxquels sont confrontés les commerces de proximité en France, mais aussi les solutions innovantes que certains choisissent d’adopter pour les surmonter.
Une SCOP (Société coopérative et participative) est une entreprise où les salariés sont également associés. Ils participent aux décisions et aux bénéfices, et la gestion est collective. Contrairement à une entreprise classique, où les actionnaires détiennent le capital, dans une SCOP, les salariés sont au cœur du projet, ce qui favorise une approche plus solidaire et durable.