En Espagne, la province de Catalogne a mené une expérimentation inédite cet été. Entre juin et juillet 2026, des radars nouvelle génération, équipés d’intelligence artificielle, ont été déployés sur ses routes. Leur mission : analyser les gestes des conducteurs et des passagers pour détecter deux infractions majeures, souvent à l’origine d’accidents graves : l’usage du téléphone au volant et le non-port de la ceinture de sécurité. Selon Ouest France, ces dispositifs pourraient être généralisés dans les prochaines années, marquant une avancée significative dans la lutte contre les comportements à risque sur la route.

Ce qu'il faut retenir

  • Des radars IA testés en Catalogne en juin et juillet 2026 pour détecter l’usage du téléphone et l’absence de ceinture
  • Ces appareils analysent les gestes des occupants avec une précision accrue par rapport aux systèmes classiques
  • L’Espagne pourrait étendre ce dispositif à l’ensemble du territoire dans les années à venir

Une technologie inspirée par l’urgence de sécuriser les routes

Les radars traditionnels, bien que performants pour mesurer les excès de vitesse, peinent à identifier certains comportements dangereux. C’est précisément ce vide que comble cette innovation, comme l’explique un responsable des transports catalans cité par Ouest France. « Ces nouveaux appareils ne se contentent pas de flasher les vitesses excessives. Ils scrutent les mouvements des conducteurs et des passagers pour repérer, par exemple, une main tenant un téléphone ou une ceinture non attachée », a-t-il indiqué. Autant dire que la marge d’erreur est réduite à son minimum.

L’enjeu est de taille. Selon les dernières statistiques de l’Union européenne, l’usage du téléphone au volant multiplie par quatre le risque d’accident, tandis que le non-port de la ceinture augmente de 50 % la probabilité de décès en cas de collision. Face à ces chiffres, les autorités espagnoles ont décidé d’agir. La Catalogne, région pionnière en matière d’innovation routière, a donc servi de terrain d’expérimentation pour cette technologie, dont les résultats devraient être analysés d’ici la fin de l’année.

Comment fonctionnent ces radars nouvelle génération ?

Contrairement aux caméras classiques, ces dispositifs s’appuient sur des algorithmes d’intelligence artificielle entraînés pour reconnaître des gestes spécifiques. Placés le long des axes routiers, ils captent les mouvements des occupants des véhicules grâce à des capteurs haute définition. Si un conducteur est vu en train d’utiliser son téléphone, ou si un passager n’a pas bouclé sa ceinture, le système enregistre l’infraction et transmet les preuves aux forces de l’ordre. Bref, une approche automatisée et systématique, conçue pour éliminer les zones d’ombre.

Les concepteurs de cette technologie assurent que son taux de fiabilité atteint plus de 95 % dans des conditions normales d’utilisation. « Nous avons travaillé avec des bases de données contenant des milliers d’heures de vidéos pour affiner la reconnaissance des gestes », a précisé un ingénieur en vision par ordinateur ayant participé au projet. Un niveau de précision qui pourrait bien faire de ces radars un modèle pour d’autres pays européens.

Un déploiement progressif, mais une adoption à venir

Pour l’heure, l’Espagne reste le seul pays à tester ces radars, mais les autorités catalanes n’excluent pas une généralisation à l’échelle nationale. « Si les résultats sont concluants, nous pourrions voir ces appareils déployés dans d’autres régions dès 2027 », a laissé entendre une source proche du ministère des Transports. En Europe, où la sécurité routière est une priorité, cette innovation pourrait inspirer d’autres États membres, notamment la France, où les radars classiques sont déjà omniprésents.

Côté français, le débat sur l’efficacité des radars existe, mais l’introduction de l’IA dans ce domaine suscite un vif intérêt. « Les technologies évoluent, et il est logique que les outils de contrôle suivent le même chemin », a commenté un expert en sécurité routière contacté par Ouest France. Reste à savoir si les conducteurs, déjà soumis à une multitude de contrôles, accueilleront favorablement cette nouvelle forme de surveillance.

Et maintenant ?

Les autorités catalanes doivent encore finaliser l’évaluation de cette phase de test, prévue pour la fin 2026. Si les conclusions sont positives, un déploiement à plus grande échelle pourrait être envisagé dès 2027. En France, où les radars automatiques ont déjà transformé le paysage routier, une adaptation de cette technologie n’est pas exclue, même si aucune annonce officielle n’a encore été faite. En attendant, les conducteurs sont invités à redoubler de vigilance, car les infractions au téléphone et à la ceinture restent parmi les plus sanctionnées.

Cette innovation rappelle que la lutte contre les comportements dangereux au volant passe aussi par l’adoption de technologies toujours plus performantes. Une évolution nécessaire, à l’heure où les accidents de la route restent la première cause de mortalité chez les jeunes adultes en Europe.

Non. Pour l’instant, seuls les radars catalans ont été testés en conditions réelles. Leur généralisation en Espagne n’est pas encore actée, et aucun pays européen, dont la France, n’a encore annoncé leur déploiement. Tout dépendra des résultats de l’expérimentation espagnole.