Depuis les attaques du 7 octobre 2023, Israël a intensifié la construction de routes et d’infrastructures routières en Cisjordanie, selon Le Figaro. Ces travaux, qui relient entre elles les colonies israéliennes et les intègrent au réseau routier national, fragmentent davantage le territoire palestinien déjà marqué par l’occupation.

Ce qu'il faut retenir

  • Construction accélérée de routes et pistes depuis octobre 2023 pour relier les colonies israéliennes entre elles et au réseau national.
  • Ces infrastructures morcellent le territoire palestinien, isolant davantage les communautés locales.
  • Un cas emblématique : la profanation de la tombe de Hussein Assaassa, 85 ans, dont le corps a été exhumé par des colons alors qu’il venait d’être enterré.
  • Le cimetière familial des Assaassa, situé près du tracé d’une future route vers la colonie de Homesh, est désormais inaccessible à la famille.
  • Sanour, une nouvelle colonie en construction, aggrave la fragmentation des terres autour du village de Funduqoumiya.

Des routes au service d’une stratégie d’annexion

Les nouvelles infrastructures routières israéliennes en Cisjordanie ne se limitent pas à des axes de circulation classiques. Selon des observateurs locaux, elles constituent un outil stratégique visant à consolider la présence israélienne et à préparer le terrain pour une future annexion, explique Le Figaro. En reliant les colonies entre elles et à Israël, ces routes transforment la géographie du territoire, rendant de plus en plus difficile la continuité territoriale palestinienne.

Les travaux, souvent menés sans consultation des communautés palestiniennes concernées, s’accompagnent de restrictions d’accès et de confiscations de terres. Les villages comme Funduqoumiya subissent directement les conséquences de ces aménagements, avec des terres agricoles morcelées et des déplacements de population.

La profanation d’une tombe, symbole de la violence symbolique

Le cas de Hussein Assaassa, enterré le 7 octobre 2025 dans le cimetière familial à Sanour, illustre la brutalité de cette politique. Vingt minutes après son inhumation, des colons ont exhumé son corps pour rouvrir sa tombe, relate Le Figaro. La famille, prévenue par des adolescents, n’a pu que constater les faits une fois sur place. « Nous étions complètement choqués. Pour nous, les morts sont sacrés. Nous ne pensions pas qu’ils iraient jusque-là », a déclaré Mohammed Assaassa, l’un des dix enfants du défunt, dans son bureau voisin du cimetière désormais inaccessible.

Cette profanation, bien que coordonnée avec l’armée israélienne, révèle le climat de tension et de mépris dans lequel s’inscrivent ces travaux. Le cimetière familial, utilisé depuis des décennies par le clan Assaassa, est désormais coupé de la communauté, symbolisant l’étouffement progressif des structures sociales palestiniennes.

Sanour, une nouvelle colonie qui scelle le sort des villages palestiniens

À quelques centaines de mètres du cimetière des Assaassa, le village de Funduqoumiya subit les conséquences de l’expansion de la colonie de Sanour, installée à seulement cinq cents mètres de leur lieu de sépulture. Les caravanes des colons et les bulldozers israéliens ont déjà éventré les terres environnantes, transformant durablement le paysage, explique Le Figaro.

Cette colonisation s’accompagne de restrictions croissantes pour les Palestiniens, qui voient leurs déplacements et leur accès aux ressources se réduire. Les routes, souvent réservées aux Israéliens ou aux colons, deviennent des outils de contrôle territorial, renforçant l’isolement des villages palestiniens.

Un contexte déjà tendu avant les attaques du 7 octobre

Bien que les travaux se soient accélérés depuis 2023, la politique de fragmentation territoriale en Cisjordanie remonte à plusieurs décennies. Les colonies israéliennes, considérées comme illégales au regard du droit international, ont toujours été accompagnées d’infrastructures routières destinées à les relier entre elles et à Israël, rappelle Le Figaro.

Ces aménagements ont progressivement morcelé la Cisjordanie en zones disjointes, rendant impossible la création d’un État palestinien viable. Les routes, en particulier, jouent un rôle clé dans cette stratégie, en servant de frontières internes et en limitant la mobilité des Palestiniens.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes dépendront en grande partie des décisions politiques israéliennes. Si la tendance actuelle se poursuit, les travaux d’infrastructure pourraient s’intensifier avant la fin de l’année 2026, avec un risque accru de confiscations de terres et de déplacements forcés. La communauté internationale, qui a déjà condamné à plusieurs reprises l’expansion des colonies, pourrait réagir, mais l’efficacité de ces pressions reste incertaine. Une chose est sûre : la fragmentation du territoire palestinien, déjà avancée, risque de s’aggraver dans les mois à venir.

Ces dynamiques posent une question centrale : jusqu’où Israël ira-t-il dans la consolidation de son contrôle territorial en Cisjordanie ? Et quelles seront les réactions des Palestiniens et de la communauté internationale face à cette escalade ? Autant dire que les prochains mois s’annoncent décisifs.

Ces routes, souvent réservées aux Israéliens et aux colons, relient les colonies entre elles et à Israël, fragmentant le territoire palestinien. Elles sont perçues comme un outil de contrôle territorial et de préparation à une annexion, ce qui va à l’encontre du droit international.