À Bieujac, en Gironde, une association de bénévoles se mobilise pour venir en aide aux agriculteurs confrontés à des situations de détresse extrême, parfois au bord du suicide. Selon Reporterre, cette structure, bien que modeste en taille, propose une assistance juridique, administrative et surtout un soutien psychologique aux professionnels du secteur agricole en grande difficulté.

Ce qu'il faut retenir

  • Une association girondine, composée de bénévoles, soutient les agriculteurs en détresse, avec une attention particulière portée aux aspects psychologiques et administratifs
  • Les bénévoles interviennent auprès d’agriculteurs confrontés à des situations de grande précarité, parfois au point de songer au suicide
  • L’association propose une aide juridique, administrative et un accompagnement psychologique, essentiel dans un contexte de crises répétées du secteur

Une initiative née dans l’urgence

L’association, dont les membres restent discrets sur leur identité, intervient dans un département marqué par les crises agricoles. Selon les données disponibles, la Gironde a vu plusieurs exploitations familiales disparaître ces dernières années, victimes de la baisse des prix, des aléas climatiques ou encore de la concurrence internationale. Les bénévoles, souvent eux-mêmes issus du monde agricole ou ayant une expérience en accompagnement social, interviennent à la demande des agriculteurs ou via des signalements.

Un soutien pluridisciplinaire face à l’isolement

Leur action ne se limite pas à une aide ponctuelle. Elle s’articule autour de trois axes principaux : l’accompagnement juridique pour les litiges avec les banques, les fournisseurs ou les institutions ; l’aide administrative pour les démarches souvent complexes liées aux subventions ou aux assurances ; et surtout, le soutien psychologique, considéré comme le plus crucial. « Quand on arrive dans une exploitation, on constate que l’isolement est l’un des premiers ennemis des agriculteurs en difficulté », explique l’un des bénévoles. Les réunions régulières organisées par l’association permettent aux agriculteurs de briser cette solitude et d’échanger sur leurs difficultés.

Les bénévoles rappellent que le secteur agricole cumule des pressions économiques, environnementales et sociales, autant de facteurs qui peuvent mener à une détresse profonde. « Certains viennent nous voir après des années de pertes financières, avec des dettes qui s’accumulent. Le risque de suicide n’est pas une exception dans ce milieu », confie un membre de l’association.

Des témoignages qui illustrent l’urgence

C’est dans un pré de Bieujac, sous un soleil écrasant, que Cécile Goudenèche, agricultrice de 45 ans, raconte son parcours. Elle a bénéficié de l’aide des bénévoles après une année catastrophique marquée par la sécheresse et la baisse des prix de son cheptel. « Sans eux, je ne serais probablement plus là aujourd’hui », confie-t-elle, les yeux brillants. Son histoire n’est pas isolée : plusieurs agriculteurs de la région ont témoigné auprès de Reporterre de l’impact positif de ce soutien, allant jusqu’à sauver des vies.

« Si je suis encore vivante, c’est grâce à eux. Ils m’ont aidée à y voir plus clair, à ne pas me sentir abandonnée. »
— Cécile Goudenèche, agricultrice en Gironde

Un modèle qui pourrait essaimer

Face à l’ampleur des difficultés du secteur, l’association girondine suscite l’intérêt d’autres régions. Plusieurs collectifs locaux ont déjà pris contact pour s’inspirer de son fonctionnement. « Notre objectif n’est pas de devenir une organisation nationale, mais de montrer qu’une aide locale et humaine peut faire la différence », précise un bénévole. Pour l’heure, l’association fonctionne avec une poignée de membres actifs, mais leur impact dépasse largement leur nombre.

Et maintenant ?

Une réunion de coordination avec des associations similaires est prévue en septembre 2026 à Bordeaux. L’objectif ? Échanger sur les bonnes pratiques et explorer la possibilité de créer un réseau régional. Par ailleurs, une pétition pour la reconnaissance du rôle des bénévoles dans le soutien aux agriculteurs devrait être lancée d’ici la fin de l’année. Reste à voir si les pouvoirs publics s’empareront de cette initiative pour la généraliser.

En attendant, les bénévoles continuent leur tournée des exploitations, souvent sans autre moyen de transport que leur propre véhicule. Leur détermination rappelle que, face aux crises, la solidarité reste un levier puissant – même lorsqu’elle vient de simples citoyens.

Les coordonnées ne sont pas rendues publiques pour protéger la vie privée des bénévoles et des agriculteurs accompagnés. Pour toute demande, il est conseillé de passer par les syndicats agricoles locaux ou les chambres d’agriculture, qui peuvent orienter vers des structures similaires.