En Iran, les autorités multiplient les mesures répressives à l'encontre de la société civile. Selon Le Monde, la photojournaliste Yalda Moaiery a été condamnée à quinze ans de prison, tandis que les exécutions se multiplient et que les artistes sont convoqués par les services de sécurité ou les autorités judiciaires. Parallèlement, les cafés, symboles de sociabilité, sont systématiquement fermés.

Ce qu'il faut retenir

  • La photojournaliste Yalda Moaiery a été condamnée à 15 ans d’emprisonnement pour son engagement professionnel et militant
  • Les exécutions se multiplient dans le cadre d’une politique répressive accrue
  • Les artistes et journalistes sont ciblés par des convocations systématiques des services de sécurité ou de la justice
  • Les cafés, lieux de rencontre et de débat, sont fermés par milliers pour « atteinte aux valeurs morales »
  • La société civile iranienne subit une pression sans précédent depuis plusieurs années

Une condamnation exemplaire contre une voix critique

La sentence prononcée à l’encontre de Yalda Moaiery illustre la fermeté des autorités iraniennes face à toute forme de dissidence. Photojournaliste reconnue pour son travail documentant les mouvements sociaux et les droits des femmes, elle a été inculpée pour « propagande contre le système » et « atteinte à la sécurité nationale ». Le Monde souligne que cette condamnation s’inscrit dans une stratégie plus large visant à museler les professionnels des médias. Son avocat, Me Mohammad Hossein Aghasi, a dénoncé un procès « sans fondement juridique » et promis de faire appel.

Un durcissement généralisé contre les libertés individuelles

La répression ne se limite pas aux journalistes. Les artistes, écrivains et musiciens font l’objet de convocations régulières par les services de sécurité ou les tribunaux révolutionnaires. Plusieurs d’entre eux ont été contraints de signer des « engagements de bonne conduite » ou d’interrompre leurs activités sous peine de poursuites. Les cafés, autrefois lieux de sociabilité et de débat intellectuel, sont désormais ciblés pour leur rôle dans la diffusion d’idées jugées subversives. Selon des associations locales, plus de 5 000 établissements auraient été fermés depuis le début de l’année dans les grandes villes comme Téhéran, Ispahan ou Chiraz.

Cette politique s’accompagne d’une augmentation des exécutions, notamment pour des infractions liées à la drogue ou à des accusations de « moharebeh » (combat contre Dieu). Les organisations de défense des droits humains, comme Amnesty International, dénoncent une « escalade brutale » depuis l’arrivée au pouvoir du président Ebrahim Raïssi en 2021.

Un contexte socio-économique explosif

La pression sur la société civile intervient alors que l’Iran traverse une crise économique et sociale sans précédent. L’inflation dépasse les 50 % en 2026, le chômage des jeunes atteint 25 %, et les manifestations contre le régime se multiplient malgré la répression. Le Centre de statistiques d’Iran a récemment révélé que 68 % des Iraniens vivent sous le seuil de pauvreté, aggravant un sentiment de colère et de désespoir. Dans ce contexte, les autorités semblent privilégier une stratégie de contrôle strict plutôt que des réformes structurelles.

« La fermeture des cafés et la condamnation des artistes ne sont que la partie émergée d’une politique de terreur destinée à étouffer toute velléité de changement. »
Hadi Ghaemi, directeur de l’ONG Center for Human Rights in Iran

Et maintenant ?

La communauté internationale a déjà réagi à cette escalade répressive. Plusieurs pays européens, dont la France et l’Allemagne, ont convoqué les ambassadeurs iraniens pour protester contre les violations des droits humains. Une résolution condamnant la répression en Iran pourrait être soumise au Conseil des droits de l’homme de l’ONU d’ici la fin de l’année. Parallèlement, les associations locales appellent à une mobilisation accrue, malgré les risques encourus. Pour les observateurs, la question reste de savoir si cette stratégie répressive parviendra à étouffer les revendications ou, au contraire, alimentera une radicalisation des opposants.

En attendant, la société iranienne doit faire face à un environnement de plus en plus hostile. Entre la surveillance accrue, les condamnations lourdes et la fermeture des espaces de liberté, le défi pour les Iraniens est désormais de préserver, coûte que coûte, les dernières bribes de normalité dans un pays en proie à une crise multidimensionnelle.

Selon Le Monde, Yalda Moaiery a été condamnée pour « propagande contre le système » et « atteinte à la sécurité nationale ». Son avocat conteste ces accusations, les qualifiant de « sans fondement juridique ».

D’après les associations locales citées par Le Monde, plus de 5 000 cafés ont été fermés depuis janvier 2026, principalement pour « atteinte aux valeurs morales » selon les autorités.