Selon Libération, la photojournaliste iranienne Forough Alaei immortalise au quotidien les actes de bravoure de ses concitoyennes, qui osent défier les normes sociales en pratiquant des sports ou des métiers majoritairement réservés aux hommes. À travers son objectif, elle capture des moments où ces femmes, souvent anonymes, s’affranchissent des limites imposées par la société iranienne.

Ce qu'il faut retenir

  • Forough Alaei, photojournaliste iranienne, documente les femmes qui s’affranchissent des normes traditionnelles dans des domaines masculins.
  • Ses clichés mettent en lumière des activités comme le sport ou certains métiers, historiquement interdits ou découragés pour les femmes en Iran.
  • Ces initiatives, bien que discrètes, s’inscrivent dans une dynamique de résistance silencieuse face aux contraintes légales et sociales.

Depuis plusieurs années, l’Iran reste un pays où les libertés des femmes sont strictement encadrées par des lois et des traditions conservatrices. Pourtant, comme le rapporte Libération, une poignée d’entre elles choisissent de contourner ces obstacles pour s’adonner à des activités jugées inappropriées. Forough Alaei, qui vit et travaille en Iran, a fait de cette lutte son sujet de prédilection. Ses photographies, publiées à plusieurs reprises, offrent un aperçu rare de ces combats individuels, où chaque geste compte autant qu’une déclaration politique.

Parmi les exemples les plus marquants, on trouve des femmes qui s’essaient à des sports comme le football, l’escalade ou encore le cyclisme, disciplines où la présence féminine reste marginalisée. D’autres osent embrasser des métiers traditionnellement masculins, à l’image de mécanicienne, de pompier ou de chauffeur de taxi. Autant dire que ces initiatives, bien que limitées, représentent une forme de subversion quotidienne dans un pays où les rôles de genre sont rigoureusement définis. « Ces femmes ne cherchent pas la confrontation directe avec le pouvoir, mais elles refusent de se plier à un système qui les exclut », explique Forough Alaei dans une récente interview accordée à Libération.

« Chaque fois qu’une femme monte sur un terrain de sport ou répare une voiture, elle envoie un message : nous sommes là, et nous refusons d’être invisibles. »
— Forough Alaei, photojournaliste iranienne

Ces actes de résistance, bien que discrets, s’inscrivent dans un contexte plus large de contestation féminine en Iran. Depuis le mouvement « Femme, vie, liberté » de 2022, qui a vu des millions de femmes défier ouvertement le port obligatoire du voile, la société iranienne est traversée par des tensions croissantes. Cependant, contrairement aux manifestations de rue, les initiatives documentées par Forough Alaei se déroulent hors des projecteurs, dans l’ombre des quartiers et des villes. Ces femmes agissent par nécessité ou par passion, souvent sans soutien institutionnel, mais avec une détermination qui force l’admiration.

Les clichés de Forough Alaei, parfois publiés sur des plateformes internationales, contribuent à donner une visibilité à ces parcours individuels. Certains de ses travaux ont été exposés en Europe, où ils ont suscité l’intérêt des médias et des défenseurs des droits humains. Pourtant, en Iran, ses photographies restent souvent censurées ou relayées de manière anonyme pour éviter des représailles. Malgré cela, la photojournaliste continue son travail, convaincue que chaque image compte dans la lutte pour l’égalité.

Et maintenant ?

À l’approche du huitième anniversaire du mouvement « Femme, vie, liberté » en septembre 2026, les initiatives individuelles comme celles documentées par Forough Alaei pourraient gagner en visibilité. Les réseaux sociaux, malgré la censure, restent un outil de mobilisation pour ces femmes, qui utilisent des comptes cachés pour partager leurs exploits. Reste à voir si ces actions dispersées pourront, à terme, s’organiser en un mouvement plus structuré, ou si elles resteront des actes isolés de résistance.

En attendant, Forough Alaei poursuit son travail, consciente que chaque cliché est un pas de plus vers une société où les femmes iraniennes pourraient, enfin, choisir librement leur destin. Ses prochaines expositions, prévues pour 2027, devraient mettre en avant de nouveaux témoignages, offrant un éclairage toujours plus précis sur ces combats silencieux.

Les femmes qui s’adonnent à des sports ou métiers masculins en Iran s’exposent à des sanctions légales, comme des amendes ou des arrestations. Elles peuvent également faire face à des pressions sociales, allant des critiques familiales aux harcèlements en ligne. Selon des ONG locales, plusieurs d’entre elles ont déjà été convoquées par les autorités pour avoir enfreint les règles vestimentaires ou comportementales imposées aux femmes.