À quelques kilomètres seulement de l’aéroport international de Reykjavik, où les voyageurs atterrissent après des heures de vol, s’étend un paysage lunaire fait de champs de lave noire figée, recouverts d’une fine mousse verte. Pas un arbre ne vient troubler l’horizon, si ce n’est les silhouettes imposantes des « Seabees », le corps d’ingénieurs de la marine américaine. Au milieu de ce décor désertique, une dizaine de marins s’entraînent sur l’ancien aérodrome militaire de Patterson Field, laissé à l’abandon pendant des décennies. Selon nos confrères du Figaro, ces exercices s’inscrivent dans le cadre de l’opération « Northern Viking » (Viking du Nord), un exercice biennal de l’Otan visant à tester la capacité de l’Alliance à garantir la résilience de l’Atlantique Nord en cas de conflit majeur.

Ce qu'il faut retenir

  • Patterson Field, ancienne base militaire américaine en Islande, sert désormais de terrain d’entraînement pour les forces de l’Otan dans le cadre de l’exercice « Northern Viking »
  • Les soldats s’entraînent à remettre en état une piste d’atterrissage en quelques heures, avec pour objectif de garantir la résilience des infrastructures critiques face à une éventuelle menace
  • L’Islande, dépourvue d’armée permanente, mise sur la coopération avec ses alliés de l’Otan pour renforcer sa défense
  • L’exercice « Northern Viking » se déroule tous les deux ans et teste la capacité de l’Alliance à tenir l’Atlantique Nord

Un paysage transformé en terrain militaire

Le site de Patterson Field, situé à proximité immédiate de la capitale islandaise, offre un contraste saisissant entre la nature sauvage et l’activité humaine. Les « Seabees », unités spécialisées de la marine américaine, y déploient des engins lourds : bulldozers, bétonnières et autres machines destinées à reboucher des cratères et restaurer une piste opérationnelle en un temps record. Comme le rapporte Le Figaro, l’exercice s’articule autour d’un scénario précis : simuler une remise en état rapide d’infrastructures critiques, indispensables pour maintenir une chaîne logistique en cas de crise. L’objectif affiché par l’Otan est clair : « garantir la résilience des infrastructures », une priorité dans un contexte géopolitique marqué par les tensions avec la Russie.

L’Islande, un maillon stratégique pour l’Otan

Ce pays nordique, qui ne dispose pas d’armée permanente mais abrite la plus grande base aérienne américaine en dehors des États-Unis (la base de Keflavik), joue un rôle clé dans la stratégie de défense de l’Otan. Sa position géographique, à la confluence des routes maritimes de l’Atlantique Nord, en fait un point de passage obligé pour les forces alliées. Le Figaro souligne que l’Islande participe à l’exercice « Northern Viking » depuis sa création, afin de valider la coordination entre les différents membres de l’Alliance. « Cet entraînement permet de vérifier que nos infrastructures, même les plus isolées, peuvent être opérationnelles dans des délais très courts », explique un officier de l’Otan cité par nos confrères.

Un exercice biennal pour anticiper les menaces

L’exercice « Northern Viking », organisé tous les deux ans, mobilise des milliers de soldats, marins et aviateurs issus de pays membres de l’Otan. En 2026, l’édition en cours met l’accent sur la rapidité de réaction face à une dégradation soudaine de la situation sécuritaire dans la région. Les scénarios incluent des attaques cyber sur les systèmes de communication, des sabotages d’infrastructures portuaires ou encore des perturbations des liaisons maritimes. Selon nos confrères du Figaro, les manœuvres actuelles se concentrent particulièrement sur la remise en état de pistes d’atterrissage, éléments vitaux pour le déploiement de forces aériennes.

Les exercices de ce type ne sont pas anodins. Ils s’inscrivent dans un contexte où la Russie a multiplié les démonstrations de force en mer de Barents et en Arctique, une zone où Moscou revendique une influence croissante. L’Islande, bien que non membre de l’Union européenne, reste un partenaire indispensable pour l’Otan, qui y voit un bastion avancé pour surveiller les mouvements militaires russes dans la région.

Et maintenant ?

La prochaine édition de « Northern Viking » est prévue pour 2028, mais les responsables militaires de l’Otan pourraient décider d’accélérer le rythme des exercices en réponse aux tensions persistantes en Europe du Nord. Par ailleurs, des discussions sont en cours pour renforcer la présence permanente de forces alliées en Islande, une mesure qui devrait être annoncée lors du prochain sommet de l’Otan en 2027. Reste à voir si ces initiatives suffiront à dissuader toute escalade dans la région.

En attendant, les marins des « Seabees » poursuivent leur entraînement sous le ciel islandais, entre deux averses, rappelant que même dans ce pays sans armée, la défense collective reste une priorité absolue.

L’Islande, bien que dépourvue d’armée permanente, est un membre fondateur de l’Otan et abrite depuis des décennies des bases militaires américaines, comme celle de Keflavik. Sa position géographique en fait un maillon essentiel pour la défense de l’Atlantique Nord. Même sans armée, le pays participe activement aux exercices de l’Alliance pour garantir la sécurité de ses infrastructures et renforcer sa coopération avec les autres membres.