Selon Franceinfo - Culture, des vacanciers français ont récemment participé à une excursion originale dans le sud de la Thaïlande, plus précisément dans les mangroves de Krabi. L’objectif ? Observer des serpents sauvages dans leur habitat naturel, une activité qui séduit de plus en plus de visiteurs en quête de dépaysement.
Vipères, cobras, pythons… La Thaïlande abrite plus de 200 espèces de serpents, une diversité qui fascine autant qu’elle intrigue. Pour les locaux, ces reptiles font partie du quotidien, mais pour les touristes, leur observation représente une aventure unique. Une randonnée en barque à travers les eaux saumâtres de la mangrove, guidée par un expert, permet de découvrir ces animaux souvent méconnus.
Ce qu'il faut retenir
- La Thaïlande compte plus de 200 espèces de serpents, dont certaines venimeuses comme la vipère des mangroves.
- À Krabi, des excursions en barque sont organisées pour observer les serpents, notamment lors des marées hautes.
- Les guides locaux capturent et relâchent les serpents inoffensifs après les avoir montrés aux visiteurs.
- Le nombre d’accidents mortels dus aux morsures de serpents en Thaïlande reste faible : environ une dizaine par an.
- Des fermes à reptiles, transformées en lieux de spectacle, attirent également les touristes à la recherche d’émotions fortes.
Une expérience immersive dans les mangroves de Krabi
Au cœur des mangroves de Krabi, au sud de la Thaïlande, une poignée de touristes français s’apprête à vivre une expérience hors du commun. À bord d’une barque, ils naviguent entre les palétuviers, guidés par Panya Tulyasuk, un spécialiste local des serpents. « Il y a plus de serpents lorsque la marée est haute », explique-t-il avant de préciser : « Certains se perchent dans les arbres, ce qui les rend difficiles à repérer. »
Rapidement, le groupe aperçoit un premier reptile. « Sa couleur est la même que celle des arbres. Il est très difficile de le distinguer. C’est une vipère des mangroves. C’est très venimeux, prévient le guide. Si elle vous mord, alors gros problème. » Anna Gautier, une touriste française, avoue ressentir un mélange d’excitation et d’appréhension. « C’est impressionnant. Je suis contente qu’il y ait mon frère devant. Mais on ne se sent pas trop en sécurité, là », confie-t-elle.
Entre fascination et prudence : les règles d’or pour observer les serpents
Panya Tulyasuk, habitué à manipuler ces animaux, montre comment distinguer les espèces. « C’est une couleuvre locale très répandue, non mortelle, mais elle attaque si elle se sent en danger », explique-t-il en attrapant un spécimen. Pour les touristes, l’enjeu est de taille : comment réagir en cas de rencontre ? « Il faut rester très calme, bouger très lentement. C’est le seul moyen pour que le serpent demeure immobile », détaille Arnaud Boutet, envoyé spécial sur place.
Les Thaïlandais, eux, ont appris à coexister avec ces reptiles. « Quand les gens en croisent, généralement, ils les repoussent et les laissent partir un peu loin », indique le guide. Une habitude qui limite les risques d’accidents. Panya illustre ce propos en relâchant un serpent inoffensif, qu’il avait capturé quelques semaines plus tôt. « Les serpents attirent les touristes, et de nombreux visiteurs se pressent dans les fermes à reptiles, transformées en lieux de spectacle », ajoute-t-il.
Des fermes à serpents aux visites nocturnes de Bangkok : la diversité des expériences
À quelques kilomètres de Krabi, des fermes à reptiles proposent des spectacles mettant en scène des cobras royaux de plus de trois mètres. Certains employés défient même ces animaux, attirant l’attention des visiteurs en quête d’adrénaline. Panya, qui héberge chez lui plusieurs espèces, partage cette passion avec les touristes. « Il y a des serpents autour de chez nous. On en a peur car on ne les connaît pas. Alors j’aimerais apprendre à les connaître davantage », témoigne un vacancier.
Plus au nord, dans la capitale Bangkok, des visites guidées nocturnes sont organisées autour des marais. Équipés de torches, les participants observent, sans toucher, des espèces qui sortent de leur cachette une fois la nuit tombée. « C’est une vipère à grands yeux. Même si c’est encore un bébé, elle est dangereuse », met en garde Chris Chanon, le guide. Malgré cette présence omniprésente, le nombre d’accidents mortels en Thaïlande reste exceptionnel : seulement une dizaine par an dans tout le pays.
Des initiatives pour mieux connaître les serpents
Face à la méconnaissance générale de ces animaux, certains guides locaux misent sur l’éducation. À travers des démonstrations et des explications détaillées, ils espèrent réduire les peurs irrationnelles. « Les serpents font partie intégrante de notre écosystème. Plutôt que de les craindre, mieux vaut apprendre à les respecter », souligne Panya Tulyasuk.
Cette approche pédagogique semble porter ses fruits. De plus en plus de vacanciers repartent de leur séjour avec une vision différente de ces reptiles. « C’est un peu comme faire un parc d’attractions. On a l’impression de toucher un peu la faune locale », résume Arthur Gautier, un autre touriste français. Une prise de conscience qui pourrait, à terme, contribuer à la préservation de ces espèces.
Les experts recommandent de rester calme, de ne pas faire de mouvements brusques et de garder une distance de sécurité. Il est également conseillé de porter des vêtements longs et des chaussures fermées pour minimiser les risques.
Oui, certaines espèces comme le python réticulé ou le cobra royal bénéficient de protections légales. Leur capture ou leur commerce sont strictement réglementés pour éviter leur surexploitation.
Avec la hausse du tourisme en Thaïlande, ces excursions atypiques séduisent de plus en plus de visiteurs. Si l’aventure promet des souvenirs mémorables, elle rappelle aussi l’importance de respecter la faune locale, aussi impressionnante soit-elle.