Depuis le début de l’invasion russe en février 2022, l’Ukraine fait face à une pénurie de main-d’œuvre qui s’aggrave avec le temps. Selon BFM Business, les entreprises locales peinent à recruter, un phénomène qui touche particulièrement les secteurs clés comme l’industrie, l’agriculture et les services. La mobilisation massive de la population masculine, combinée à l’exode des travailleurs vers l’étranger ou vers les zones moins exposées aux combats, a laissé de nombreux postes vacants, parfois critiques pour l’économie du pays.

Ce qu'il faut retenir

  • 1,2 million de personnes ont quitté l’Ukraine depuis 2022, selon les estimations de l’ONU, privant les entreprises de ressources humaines essentielles.
  • Les secteurs les plus touchés sont l’industrie manufacturière, où 30 % des postes restent non pourvus, et l’agriculture, avec un déficit de main-d’œuvre estimé à 40 % dans certaines régions.
  • Le gouvernement ukrainien a lancé des programmes de relance économique, mais leur efficacité reste limitée en raison de la poursuite des hostilités.

Une économie sous tension, entre guerre et exode des travailleurs

L’Ukraine, qui abritait avant-guerre une population active de près de 20 millions de personnes, a vu une partie importante de sa main-d’œuvre s’expatrier ou être mobilisée. Selon un rapport de la Banque mondiale publié en juillet 2026, plus de 600 000 emplois ont été détruits depuis 2022, tandis que les besoins en recrutement dans l’industrie et les services se maintiennent. Les entreprises, contraintes de réduire leurs activités ou de délocaliser partiellement, peinent à maintenir leur compétitivité.

Les régions de l’Est, les plus exposées aux combats, sont les plus touchées. Dans le Donbass, près de 50 % des petites et moyennes entreprises ont fermé ou réduit drastiquement leurs effectifs, faute de personnel. Les grandes villes comme Kiev ou Lviv, bien que moins exposées, subissent également les effets de l’exode rural et de la mobilisation.

Les mesures gouvernementales peinent à inverser la tendance

Pour pallier cette pénurie, le gouvernement ukrainien a mis en place plusieurs dispositifs, comme des incitations fiscales pour les entreprises qui embauchent des travailleurs déplacés ou des jeunes diplômés. Une loi adoptée en mars 2025 permet également aux entreprises de recruter plus facilement des étrangers, notamment dans les secteurs en tension. Pourtant, ces mesures se heurtent à des obstacles logistiques et psychologiques : beaucoup d’Ukrainiens refusent de revenir dans des zones instables, et les travailleurs étrangers hésitent à s’installer dans un pays en guerre.

« Le principal défi n’est pas seulement de créer des emplois, mais de convaincre les Ukrainiens de les occuper. La peur des bombardements, la fatigue et l’incertitude économique jouent contre nous. »
Oleksandr Kubrakov, ministre ukrainien de l’Économie, a déclaré en juin 2026.

Et maintenant ?

Les perspectives pour les prochains mois dépendent largement de l’évolution du conflit. Si une trêve durable était trouvée d’ici la fin 2026, une partie des travailleurs déplacés pourrait envisager un retour, ce qui soulagerait partiellement la pression sur le marché du travail. En revanche, une prolongation des hostilités aggraverait la crise, avec un risque accru de fermetures d’entreprises et de chômage structurel. Les autorités misent sur des partenariats avec l’Union européenne pour faciliter la migration de travailleurs qualifiés, mais les négociations restent complexes.

Cette situation illustre les défis structurels auxquels l’Ukraine devra faire face, même après la fin des combats. La reconstruction du pays passera inévitablement par une relance de son attractivité économique et une stabilisation durable de sa main-d’œuvre.

Les secteurs les plus affectés sont l’industrie manufacturière (30 % de postes vacants), l’agriculture (jusqu’à 40 % dans certaines régions), et les services, notamment dans les zones proches du front. Les entreprises locales peinent à recruter, malgré les incitations gouvernementales.