« Il est urgent que les décideurs publics agissent. Un sursaut politique est vital pour ces enfants. Si garantir un toit à tous les enfants n’est pas notre priorité, qu’est-ce qui l’est ? » C’est par ces mots qu’Adeline Hazan, présidente de l’Unicef France, résume l’urgence de la situation, selon nos confrères du Figaro.

Ce qu’il faut retenir

  • Plus de 2 300 enfants, dont 514 âgés de moins de trois ans, sont sans solution d’hébergement après un appel au 115 en 2026.
  • Leur nombre a augmenté de 9 % par rapport à 2025 et de 42 % depuis 2022, année où le gouvernement s’était engagé à atteindre « zéro enfant à la rue ».
  • 14 enfants de moins de quatre ans et 12 adolescents de 15 à 18 ans sont décédés à la rue en 2025.
  • Les associations pointent un sous-financement chronique du dispositif d’hébergement d’urgence et un manque de pilotage.
  • L’Unicef France et la Fédération des acteurs de la solidarité (FAS) réclament un plan massif de construction de logements sociaux.

Une hausse alarmante des enfants sans abri

Plus de 2 355 enfants sont restés sans solution d’hébergement après avoir contacté le 115, le numéro d’urgence dédié aux personnes sans abri, révèle un baromètre publié le 2 septembre 2026 par l’Unicef France et la FAS. 514 d’entre eux ont moins de trois ans, ce qui illustre l’ampleur du phénomène à travers tout le pays. Selon les deux associations, ce chiffre marque une progression de 9 % en un an et de 42 % depuis 2022, date à laquelle le gouvernement avait réaffirmé son objectif de « zéro enfant à la rue ».

Ces données, bien que préoccupantes, ne reflètent pas l’intégralité de la réalité. En effet, les associations soulignent que certaines familles ne parviennent pas à joindre le 115 ou renoncent à le faire. De plus, les mineurs non accompagnés sans abri ainsi que les familles vivant en squat ou en bidonville échappent à ce décompte. Autant dire que le nombre réel d’enfants concernés pourrait être bien plus élevé.

Des conséquences dramatiques pour les mineurs

L’absence de logement stable expose les enfants à des risques majeurs pour leur santé et leur développement. D’après l’Unicef France et la FAS, les conséquences du sans-abrisme sur les mineurs sont multiples : dégradation de la santé physique et mentale, isolement social, exposition accrue à la violence et difficultés scolaires. Pour illustrer l’urgence, les associations rappellent que 14 enfants de moins de quatre ans et 12 adolescents âgés de 15 à 18 ans sont décédés dans la rue en 2025. « Les conséquences du sans-abrisme sur la vie et le bien-être des enfants sont dramatiques », ont-elles indiqué dans leur rapport.

Un système d’hébergement sous tension

Le programme d’hébergement d’urgence en France souffre d’un sous-financement chronique et d’un déficit de pilotage, selon un rapport publié en juillet 2025 par trois inspections générales. Ces lacunes empêchent le système de répondre à l’ensemble des demandes, alors que la crise du logement s’aggrave. Les associations appellent donc à une réforme structurelle, notamment à travers la création d’un plan massif de production de logements sociaux.

« Les conséquences du sans-abrisme sur la vie et le bien-être des enfants sont dramatiques : dégradation de leur santé physique et mentale, isolement social, exposition à la violence, difficultés de scolarisation. »

— Unicef France et Fédération des acteurs de la solidarité (FAS)

Des revendications face à l’inaction politique

Alors que l’élection présidentielle de 2027 approche, l’Unicef France et la FAS exigent que la lutte contre le sans-abrisme des enfants devienne une priorité absolue dans les politiques du logement et de l’hébergement. Elles dénoncent un manque d’engagement concret de la part des pouvoirs publics, malgré les engagements pris en 2022. « Il est urgent que les décideurs publics agissent », a déclaré Adeline Hazan, présidente de l’Unicef France. « Un sursaut politique est vital pour ces enfants ».

Et maintenant ?

Les prochaines semaines pourraient voir émerger des annonces politiques, notamment à l’approche de l’élection présidentielle de 2027. Les associations maintiennent la pression pour que des mesures concrètes soient prises, comme l’augmentation des places d’hébergement d’urgence ou la relance de la construction de logements sociaux. Reste à savoir si ces revendications seront entendues par les décideurs. La situation, déjà critique, pourrait encore se dégrader sans une intervention rapide.

À l’heure où le gouvernement affiche régulièrement son engagement en faveur de la protection de l’enfance, les chiffres publiés aujourd’hui rappellent cruellement l’écart entre les promesses et la réalité. Pour les associations, il ne s’agit plus seulement de mots, mais d’actions immédiates.

D’après l’Unicef France et la FAS, certaines familles ne parviennent pas à joindre le 115 ou renoncent à le faire par crainte ou par méconnaissance du dispositif. Par ailleurs, les mineurs non accompagnés sans abri ainsi que les familles vivant en squat ou en bidonville ne sont pas comptabilisés dans les statistiques officielles.