La filiale spécialisée dans les services multi-techniques du groupe Bouygues, Equans, a vu son modèle économique se renforcer ces derniers mois, comme en témoignait l’intervention de son PDG, Jérôme Stubler, dans l’émission La Grande Interview sur BFM Business, diffusée le mardi 30 juin 2026. Cette prise de parole s’inscrivait dans le cadre d’une analyse plus large des stratégies industrielles françaises, avec la présence de Ludovic Desautez, directeur délégué de la rédaction de La Tribune, et de Jean de Belot, administrateur de l’institut Thomas More.

Ce qu'il faut retenir

  • Croissance d’Equans : La filiale de Bouygues Construction, Equans, confirme une trajectoire ascendante sur le marché des services multi-techniques, selon les échanges retransmis par BFM Business.
  • Intervention de Jérôme Stubler : Le PDG d’Equans a détaillé les orientations stratégiques de l’entreprise lors d’un entretien diffusé le 30 juin 2026.
  • Contexte économique : L’émission a replacé la performance d’Equans dans le cadre des enjeux industriels français, avec une analyse des perspectives sectorielles.

Une filiale au cœur des services multi-techniques

Créée en 2021 après le rachat de Bouygues Construction, Equans s’est rapidement imposée comme un acteur clé des services techniques intégrés, couvrant des domaines aussi variés que l’énergie, le numérique ou l’ingénierie. Lors de son passage à l’antenne de BFM Business, Jérôme Stubler a rappelé que l’entreprise comptait désormais plus de 74 000 collaborateurs répartis dans 17 pays, un chiffre qui illustre son ancrage international. « Notre ambition est de devenir le leader européen des services multi-techniques », a-t-il déclaré, soulignant la diversification des activités comme un levier de résilience face aux cycles économiques.

La croissance d’Equans s’inscrit dans une dynamique plus large de transformation des métiers du BTP, où les services à haute valeur ajoutée prennent le pas sur les activités traditionnelles de construction. Selon les données communiquées par le PDG, le chiffre d’affaires du groupe a progressé de 12 % en 2025, portés notamment par les contrats dans les secteurs de la transition énergétique et du digital.

Un pari industriel validé par les marchés

Le modèle d’Equans repose sur une approche intégrée, combinant ingénierie, maintenance et solutions clés en main pour les industriels et les collectivités. Jérôme Stubler a mis en avant la capacité de l’entreprise à s’adapter aux évolutions réglementaires, notamment dans le domaine de la rénovation énergétique, un marché en pleine expansion depuis le lancement de MaPrimeRénov’. « Nous avons su anticiper les besoins des clients en proposant des offres globales, de la conception à l’exploitation », a-t-il précisé lors de l’interview. Ces choix stratégiques ont été salués par les analystes, qui y voient un gage de pérennité pour le groupe Bouygues.

La performance financière d’Equans a également été soulignée par les investisseurs. Le groupe a publié un résultat opérationnel en hausse de 18 % sur le premier trimestre 2026, confirmant sa bonne santé économique. Cette solidité financière a permis à Bouygues de réinvestir dans l’innovation, avec des projets ciblant notamment l’intelligence artificielle et l’IoT (Internet des objets) pour optimiser la gestion des infrastructures.

Un contexte économique et politique à surveiller

L’entretien sur BFM Business a également permis d’aborder les défis auxquels fait face Equans, à commencer par la volatilité des prix de l’énergie et des matières premières. Jérôme Stubler a rappelé que l’entreprise avait mis en place des mécanismes de couverture pour limiter l’impact des fluctuations, mais a appelé à une « meilleure coordination entre les acteurs publics et privés » pour sécuriser les approvisionnements. « La transition énergétique ne peut réussir sans une politique industrielle ambitieuse », a-t-il souligné, en écho aux débats sur la souveraineté technologique française.

Les tensions géopolitiques, notamment en Europe de l’Est et au Moyen-Orient, ont également été pointées comme un risque pour les chaînes d’approvisionnement. Ludovic Desautez, présent lors de l’émission, a rappelé que ces incertitudes pourraient peser sur les marges des entreprises du secteur, déjà soumises à une concurrence accrue. « L’enjeu pour Equans sera de concilier compétitivité et résilience », a-t-il conclu.

Le rôle d’Equans dans la stratégie de Bouygues

Pour Bouygues Construction, Equans représente bien plus qu’une simple filiale : elle incarne une refonte de son modèle économique, passant d’un modèle centré sur la construction à une offre de services intégrés. Jérôme Stubler a confirmé que cette évolution s’inscrivait dans la durée, avec des investissements prévus dans les cinq prochaines années pour renforcer les capacités de R&D. « Nous allons doubler nos effectifs dédiés à l’innovation d’ici 2028 », a-t-il annoncé, précisant que les centres de recherche seraient implantés en France, en Allemagne et au Royaume-Uni.

Cette stratégie s’accompagne d’une volonté de réduire l’empreinte carbone des activités du groupe. Equans a ainsi lancé un plan visant à diminuer de 30 % ses émissions de CO₂ d’ici 2030, en ciblant notamment les chantiers de rénovation thermique. « Notre objectif est de devenir un acteur neutre en carbone, en alignement avec les objectifs de l’Accord de Paris », a précisé le PDG.

Et maintenant ?

Les prochains mois seront décisifs pour Equans, avec plusieurs échéances à surveiller. D’abord, l’évolution du marché de la rénovation énergétique, qui dépendra en grande partie des politiques publiques et des budgets alloués par l’État. Ensuite, la capacité du groupe à maintenir sa croissance à l’international, alors que la concurrence s’intensifie, notamment en Europe du Nord et en Asie. Enfin, la concrétisation des investissements dans l’innovation pourrait donner un avantage concurrentiel à Equans face à des rivaux comme Vinci Energies ou Spie.

Pour Bouygues, la performance d’Equans sera un test de la réussite de sa diversification. Si le pari est tenu, le groupe pourrait s’appuyer sur cette filiale pour accélérer sa transformation digitale et écologique. Dans le cas contraire, des ajustements stratégiques pourraient être nécessaires.

L’interview de Jérôme Stubler sur BFM Business a ainsi offert un éclairage sur une entreprise en pleine mutation, dont le succès rejaillit directement sur son actionnaire historique. Alors que les défis industriels et climatiques s’accumulent, Equans incarne une réponse possible : allier performance économique et transition durable.

Equans intervient principalement dans les services multi-techniques, couvrant l’énergie, le numérique, l’ingénierie, la maintenance industrielle et les solutions pour les bâtiments intelligents. Ces activités sont organisées autour de cinq grands pôles : énergie et utilities, industrie, infrastructures, digital et services.