Une Anglaise de 40 ans est décédée en août 2021 des suites d’un cancer du côlon, après qu’un diagnostic erroné d’hémorroïdes ait retardé la prise en charge de sa maladie. Son conjoint a obtenu une indemnisation du système de santé britannique, qu’il accuse de négligence. Selon Ouest France, cette affaire illustre les dysfonctionnements persistants au sein du NHS (National Health Service), déjà pointés du doigt pour des retards de diagnostic de cancer.

Ce qu'il faut retenir

  • Une Anglaise de 40 ans est décédée en août 2021 d’un cancer du côlon après un diagnostic erroné d’hémorroïdes.
  • Son conjoint a obtenu une indemnisation du NHS, accusé de négligence.
  • En cinq ans, le NHS a versé près de 190 millions de livres pour régler 870 dossiers liés à des erreurs ou retards de diagnostic de cancer.

Un parcours médical semé d’embûches

Les symptômes initiaux de la patiente, une résidente du sud de l’Angleterre, ont été attribués à tort à des hémorroïdes. Ce n’est qu’après plusieurs mois, lorsque son état s’est aggravé, que des examens complémentaires ont révélé la présence d’un cancer du côlon à un stade avancé. Malgré un traitement d’urgence, la maladie était déjà trop avancée pour permettre une guérison. Selon les éléments transmis au tribunal, les retards dans le diagnostic ont été jugés « évitables » par les experts médicaux.

Le NHS a reconnu sa responsabilité dans cette affaire et a accordé une indemnisation à la famille, sans pour autant reconnaître officiellement une faute systémique. Cette procédure a duré plusieurs années, soulignant la complexité des recours dans les cas de négligence médicale au Royaume-Uni.

Un système de santé sous pression

Cette tragédie s’inscrit dans un contexte plus large de critiques envers le NHS, régulièrement pointé du doigt pour ses délais de prise en charge et ses erreurs de diagnostic. D’après Ouest France, entre 2017 et 2022, le NHS a dû verser près de 190 millions de livres pour solder 870 dossiers liés à des retards ou erreurs de diagnostic de cancer. Ces chiffres, révélés par le ministère britannique de la Santé, montrent l’ampleur des dysfonctionnements.

Parmi les cancers les plus concernés figurent ceux du sein, du côlon et du poumon, souvent diagnostiqués à un stade trop tardif pour permettre une intervention curative. Les associations de patients dénoncent un manque de moyens, une surcharge des services médicaux et des protocoles parfois inadaptés. « Le système est à bout de souffle », a déclaré un porte-parole de l’association Cancer Research UK.

Les recours possibles et leurs limites

En cas de négligence médicale avérée, les familles des victimes peuvent engager des procédures judiciaires pour obtenir réparation. Au Royaume-Uni, ces recours passent généralement par le système de compensation du NHS, qui évalue les préjudices avant de proposer un accord. Si la famille n’est pas satisfaite, elle peut saisir les tribunaux, mais la procédure est longue et coûteuse.

Dans le cas de cette patiente, le montant de l’indemnisation n’a pas été rendu public. Cependant, les avocats spécialisés estiment que les sommes versées par le NHS restent souvent insuffisantes au regard du préjudice subi. « Ces indemnisations ne compensent pas la perte d’un proche, mais elles permettent au moins de reconnaître l’erreur », a expliqué un juriste londonien.

Et maintenant ?

Pour tenter de réduire ces erreurs, le NHS a annoncé en 2024 le déploiement de nouveaux protocoles de dépistage précoce, notamment pour les cancers colorectaux. Une campagne de sensibilisation visant à informer le public sur les symptômes évocateurs est également prévue pour l’automne 2026. Reste à voir si ces mesures permettront de diminuer significativement le nombre de diagnostics tardifs.

Cette affaire soulève une question centrale : comment concilier la gestion des urgences médicales avec la prévention des erreurs de diagnostic ? Pour l’instant, les solutions restent partielles, et les familles endeuillées continuent de se battre pour obtenir justice.