Alors que la Esports World Cup bat son plein dans les allées du Parc des Expositions de la Porte de Versailles à Paris, une observation frappe : les jeux vidéo mobiles, pourtant plébiscités en Asie, peinent à attirer les foules. « Honor of Kings », « Mobile Legends » ou encore « Free Fire » — des titres souvent joués par des millions de joueurs sur smartphones et tablettes — affichent des gradins clairsemés, selon Le Monde.

Ce qu'il faut retenir

  • Les compétitions des jeux mobiles « Honor of Kings », « Mobile Legends » et « Free Fire » lors de l'Esports World Cup à Paris enregistrent une affluence limitée dans les gradins.
  • Ces titres, extrêmement populaires en Asie, suscitent un intérêt croissant en Europe, mais peinent à convertir cette notoriété en présence physique dans les salles.
  • L'événement, organisé porte de Versailles, mise sur une diversité de disciplines e-sportives pour attirer un public varié.
  • La faible fréquentation des compétitions de jeux mobiles contraste avec l'engouement mondial pour ces jeux, souvent gratuits et accessibles.
  • Les organisateurs tablent sur un effet d'entraînement pour les prochaines éditions, en misant sur l'évolution des habitudes de consommation du jeu vidéo.

Une discipline en plein essor, mais un public encore timide

D'après Le Monde, les compétitions dédiées aux jeux mobiles à l'Esports World Cup — qui se déroule actuellement à Paris — peinent à attirer les spectateurs dans les gradins. Pourtant, ces titres ne sont pas des inconnus sur la scène internationale. « Honor of Kings », développé par Tencent, et « Mobile Legends », produit par Moonton, trustent les premières places des classements mondiaux en termes de joueurs actifs, avec plusieurs dizaines de millions d'utilisateurs quotidiens. « Free Fire », du studio Garena, compte également des centaines de millions de téléchargements.

Autant dire que l'intérêt pour ces jeux est réel, mais il ne se traduit pas encore par une présence massive dans les salles. Les organisateurs de l'événement, qui accueillent des centaines de joueurs et des milliers de spectateurs pour d'autres disciplines comme « Counter-Strike 2 » ou « League of Legends », espéraient sans doute une affluence plus marquée pour ces compétitions. Pour l'instant, les gradins restent largement vides lors des matchs de jeux mobiles.

Des jeux mobiles en quête de légitimité e-sportive

Contrairement à des titres comme « Fortnite » ou « Valorant », qui ont déjà acquis une certaine crédibilité dans l'univers compétitif, les jeux mobiles peinent encore à s'imposer comme des références incontournables du e-sport. Leur modèle économique, souvent gratuit avec des achats intégrés, et leur accessibilité sur smartphone ne suffisent pas à garantir un public en présentiel. Pourtant, leur popularité ne se dément pas : selon les données disponibles, « Honor of Kings » serait le jeu le plus joué au monde en 2026, devant des géants comme « League of Legends » ou « Minecraft ».

Certains observateurs soulignent que l'e-sport mobile pourrait suivre la même trajectoire que les compétitions de jeux PC ou console il y a quelques années. « Il y a une dizaine d'années, personne n'aurait parié sur l'avenir des compétitions de jeux mobiles, rappelle un analyste du secteur. Aujourd'hui, ils représentent un marché en croissance rapide, même si leur intégration dans les grands événements reste inégale. »

Un défi pour les organisateurs de l'Esports World Cup

L'Esports World Cup, qui se tient pour la première fois cette année à Paris, mise sur une programmation variée pour séduire le public. Avec des compétitions dans des disciplines aussi diverses que les jeux de tir, les jeux de stratégie ou les jeux mobiles, les organisateurs cherchent à toucher un public large. Pourtant, la faible affluence lors des matchs de jeux mobiles interroge sur l'équilibre à trouver entre attractivité et diversité.

Un responsable de l'événement, interrogé par Le Monde, a indiqué que « l'objectif est de montrer la vitalité de l'e-sport dans toutes ses formes ». Il a ajouté que « les jeux mobiles ont encore un potentiel énorme, et nous espérons que leur présence dans un événement comme celui-ci contribuera à leur légitimation ». Pour l'instant, il faudra attendre les prochaines éditions pour voir si cette stratégie portera ses fruits.

Et maintenant ?

Les organisateurs de l'Esports World Cup pourraient ajuster leur stratégie pour les prochaines éditions en mettant davantage en avant les compétitions de jeux mobiles. Une campagne de communication ciblée, mettant en avant des équipes ou des joueurs emblématiques, pourrait permettre d'attirer un public plus large. Par ailleurs, l'évolution des habitudes de jeu — avec une part croissante des joueurs utilisant des smartphones — pourrait, à terme, se répercuter sur la fréquentation des événements en présentiel.

Reste à savoir si les jeux mobiles parviendront à s'imposer comme des incontournables du e-sport, ou s'ils resteront cantonnés à une niche. Une chose est sûre : leur popularité mondiale ne cesse de croître, et leur intégration dans les grands événements ne devrait pas tarder à suivre.

Plusieurs facteurs expliquent cette situation. D'abord, l'accès aux jeux mobiles est souvent gratuit, ce qui réduit l'incitation à se déplacer pour assister à des compétitions. Ensuite, les habitudes des joueurs, habitués à jouer depuis leur smartphone, ne les poussent pas naturellement à venir dans des salles de spectacle. Enfin, certains titres restent perçus comme moins « sérieux » que les jeux PC ou console, ce qui limite leur légitimité dans l'univers e-sportif.