Depuis plusieurs semaines, le territoire de Fizi, situé dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), est le théâtre de violents affrontements entre les forces armées congolaises, soutenues par des milices locales, et les rebelles du Mouvement du 23 mars (M23). Ce dernier bénéficie du renfort de milices alliées ainsi que du soutien, selon Kinshasa, du Rwanda. France 24 rapporte que les populations civiles se retrouvent prises au piège de cette escalade militaire, alors que les groupes armés intensifient le recrutement de nouvelles recrues.
Ce qu'il faut retenir
- Les combats opposent l’armée congolaise et ses alliés à l’alliance du M23, des milices locales et du Rwanda, dans le territoire de Fizi (est de la RDC).
- Les populations civiles subissent directement les conséquences de ces affrontements, pris en étau entre les belligérants.
- Les groupes armés, dont le M23, renforcent leurs effectifs en recrutant massivement de nouvelles recrues.
- Le conflit s’inscrit dans une dynamique régionale déjà tendue, avec des accusations mutuelles entre Kinshasa et Kigali.
Un conflit aux racines régionales
Les tensions dans l’est de la RDC ne sont pas nouvelles, mais elles se sont récemment intensifiées dans le territoire de Fizi, où l’armée congolaise tente de contenir l’avancée du M23. Selon les autorités congolaises, ce groupe rebelle bénéficie du soutien logistique et militaire du Rwanda, une accusation que Kigali dément catégoriquement. France 24 souligne que cette guerre par procuration aggrave la crise humanitaire, les civils payant le prix fort de ces combats. — Autant dire que la situation sur le terrain est particulièrement complexe, avec une multiplication des acteurs armés.
Le M23, qui avait déjà mené une rébellion entre 2012 et 2013 avant d’être vaincu, a refait surface ces dernières années, profitant des faiblesses de l’État congolais et des divisions locales. Ses rangs se sont gonflés, intégrant des milices locales et des déserteurs de l’armée régulière. Les observateurs locaux estiment que le groupe compte désormais plusieurs milliers de combattants, renforcés par des volontaires issus des communautés locales.
Des civils pris au piège d’une guerre sans fin
Les habitants de Fizi subissent les conséquences directes de ces affrontements. Les déplacements de population se multiplient, alors que villages et routes sont régulièrement pris pour cible. Selon des témoignages recueillis par France 24, les exactions commises par les différents groupes armés — pillages, enlèvements, violences sexuelles — poussent les civils à fuir en masse. — Bref, l’est de la RDC sombre dans une spirale de violence dont les habitants ne voient pas l’issue.
Les humanitaires sur place alertent sur l’urgence de la situation. Les camps de déplacés, déjà saturés, ne suffisent plus à accueillir les nouveaux arrivants. Les ONG appellent à une protection accrue des civils, mais les moyens manquent face à l’ampleur des besoins. Les Nations unies, présentes dans la région via la MONUSCO, peinent à jouer un rôle dissuasif, malgré leur mandat de protection des populations.
Le Rwanda dans le viseur des autorités congolaises
Le président congolais, Félix Tshisekedi, a plusieurs fois pointé du doigt le Rwanda, l’accusant d’ingérence directe dans le conflit. « Le Rwanda soutient militairement le M23, ce qui aggrave la crise dans l’est de notre pays », a-t-il déclaré lors d’un discours en mars 2026. Ces accusations, relayées par France 24, sont vivement rejetées par Kigali, qui parle de « propagande congolaise » pour détourner l’attention des échecs de son armée.
La communauté internationale, notamment l’Union africaine et les États-Unis, a appelé à la désescalade et au dialogue. Pourtant, les tentatives de médiation peinent à aboutir, chaque partie campant sur ses positions. Les tensions entre la RDC et le Rwanda risquent, selon les analystes, de s’aggraver si aucune solution n’est trouvée rapidement.
Les humanitaires, eux, craignent une aggravation de la crise humanitaire si les combats persistent. Ils appellent à un accès sans entrave aux zones de conflit pour porter secours aux populations. Quant au M23, son avancée dépendra en grande partie de la capacité de l’armée congolaise à mobiliser des renforts et à unifier ses alliés locaux.
Le M23 a profité des faiblesses de l’État congolais et des divisions locales pour se réorganiser. Son retour s’inscrit aussi dans un contexte de tensions régionales accrues, avec des accusations de soutien rwandais qui alimentent le conflit.
