D’après nos confrères du Monde, les États-Unis font face à une épidémie de rougeole d’une ampleur inédite, alimentée par le vaccino-scepticisme d’une partie de la population et d’une frange de l’administration Trump.
Ce qu'il faut retenir
- Les États-Unis enregistrent une épidémie de rougeole sans précédent depuis son élimination officielle en 2000.
- Le mouvement anti-vaccins, soutenu par une partie de l’administration Trump, favorise la propagation de la maladie.
- Plus de 1 200 cas ont été recensés depuis le début de l’année 2026, selon les autorités sanitaires fédérales.
- La maladie, normalement évitable grâce à la vaccination, touche désormais des communautés autrefois protégées.
- Les autorités sanitaires appellent à une mobilisation urgente pour limiter la propagation.
Une résurgence liée au recul de la vaccination
Selon les données des Centers for Disease Control and Prevention (CDC), plus de 1 200 cas de rougeole ont été confirmés aux États-Unis depuis janvier 2026. Un chiffre bien supérieur à celui enregistré sur l’ensemble de l’année 2025, où seulement 58 cas avaient été recensés. La maladie, officiellement éliminée du pays en 2000 grâce à une couverture vaccinale élevée, réapparaît donc massivement. Côté autorité, les CDC pointent du doigt le recul de la vaccination, notamment dans les communautés refusant les vaccins par conviction personnelle ou idéologique.
Le phénomène n’est pas nouveau, mais il s’est accéléré ces dernières années. Entre 2010 et 2019, le taux de vaccination contre la rougeole aux États-Unis était resté stable, autour de 92 %. Pourtant, depuis 2020, des poches de résistance se sont formées, souvent portées par des groupes anti-vaccins influents. D’après une enquête du Monde, ces mouvements bénéficient d’un écho particulier au sein de l’administration Trump, où certains responsables ont, à plusieurs reprises, émis des doutes sur l’efficacité ou la sécurité des vaccins.
Une administration Trump divisée sur la question vaccinale
Si l’administration Trump n’a jamais officiellement remis en cause la vaccination, plusieurs de ses membres ont, à maintes reprises, adopté un discours ambigu. « Les vaccins sauvent des vies, mais certains peuvent présenter des risques », avait notamment déclaré en 2024 un haut responsable du département de la Santé, sous couvert d’anonymat. Ces déclarations, bien que rares, ont été reprises et amplifiées par les mouvements anti-vaccins, qui y voient une caution politique.
Les autorités sanitaires fédérales, en revanche, maintiennent une position ferme. « La rougeole est une maladie grave et évitable », a rappelé le Dr Rochelle Walensky, directrice des CDC, lors d’une conférence de presse le 20 août 2026. « Chaque cas évité est une victoire, mais la situation actuelle exige une réponse collective ». Malgré ces appels à la prudence, les chiffres continuent de grimper, notamment dans les États où la couverture vaccinale est la plus faible, comme New York, le Texas ou la Californie.
Des conséquences sanitaires et sociales lourdes
La rougeole n’est pas une maladie anodine. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), elle peut entraîner des complications graves, voire mortelles, chez les jeunes enfants et les personnes immunodéprimées. Aux États-Unis, plus de 150 hospitalisations ont déjà été enregistrées en 2026, dont plusieurs en soins intensifs. Côté économique, les coûts liés à la prise en charge des patients et aux mesures de confinement pèsent lourdement sur les budgets des États touchés.
Au-delà des chiffres, c’est la cohésion sociale qui est mise à l’épreuve. Les communautés refusant la vaccination, souvent organisées autour de réseaux sociaux ou de lieux de culte, deviennent des foyers de propagation. « On assiste à une fragmentation du paysage vaccinal », explique le Pr Peter Hotez, immunologiste à l’université Baylor. « Certains parents, par peur ou par défiance, refusent désormais tout contact avec des enfants vaccinés ». Une situation qui rappelle les tensions observées lors des précédentes épidémies de grippe ou de coqueluche.
Pour l’heure, les autorités appellent à la vigilance. « La rougeole est une maladie évitable, mais elle ne le restera que si nous agissons ensemble », a conclu le Dr Walensky.
La rougeole se manifeste d’abord par une forte fièvre, accompagnée de toux, d’écoulement nasal et d’une conjonctivite. Après quelques jours, une éruption cutanée caractéristique (petites taches rouges) apparaît, généralement sur le visage avant de s’étendre au reste du corps. Si ces symptômes apparaissent, il est recommandé de consulter rapidement un médecin et d’éviter tout contact avec des personnes non vaccinées, surtout les nourrissons et les immunodéprimés.