Le groupe Europlasma, spécialisé dans la reprise et la restructuration de sites industriels en difficulté, traverse une période critique. Sa filiale Fonderie de Bretagne a été placée en redressement judiciaire, une décision qui aggrave des difficultés financières déjà importantes. Selon Le Monde, les pertes se creusent, les pannes se multiplient et les arrêts de production s’enchaînent, mettant en lumière les déboires croissants du repreneur bordelais.

Ce qu'il faut retenir

  • Europlasma, repreneur en série de sites industriels, accumule les difficultés après le placement en redressement judiciaire de sa filiale Fonderie de Bretagne.
  • Les pertes financières se creusent, tandis que les pannes et arrêts de production se multiplient, aggravant la situation.
  • Le groupe, basé à Bordeaux, voit sa stratégie de reprise remise en cause par ces échecs successifs.

Un redressement judiciaire qui fragilise le groupe

La décision de placer Fonderie de Bretagne en redressement judiciaire, rendue publique ces derniers jours, marque un tournant pour Europlasma. Le tribunal de commerce a acté cette mesure après que la filiale n’a pas pu honorer ses engagements financiers, aggravant la situation déjà tendue du groupe. Les pertes financières s’élèvent désormais à plusieurs millions d’euros, selon des sources internes citées par Le Monde.

Côté production, les difficultés sont tout aussi criantes. Plusieurs sites du groupe ont connu des pannes ou des arrêts techniques en cascade, perturbant gravement l’activité. Ces incidents, de plus en plus fréquents, soulèvent des questions sur la capacité d’Europlasma à maintenir ses engagements auprès de ses clients et partenaires industriels.

Europlasma, un modèle remis en cause ?

Europlasma s’est construit sur une stratégie de reprise de sites industriels en difficulté, promettant de les relancer après les avoir restructurés. Pourtant, les échecs récents de ses filiales jettent une ombre sur ce modèle. Le groupe, dirigé par Jean-Paul Oury, a multiplié les reprises ces dernières années, mais les résultats peinent à suivre.

«

Le redressement judiciaire de Fonderie de Bretagne est un coup dur pour nous, mais nous travaillons à une solution pour permettre à l’entreprise de continuer son activité
», a déclaré Jean-Paul Oury, PDG d’Europlasma, sans préciser les mesures envisagées. Autant dire que la pression est désormais maximale pour le repreneur bordelais, dont la crédibilité est en jeu.

Les conséquences pour les salariés et les partenaires

Les déboires d’Europlasma ont des répercussions directes sur les salariés des filiales concernées. Plus de 200 emplois sont menacés à Fonderie de Bretagne, où le redressement judiciaire pourrait entraîner des licenciements ou une cession partielle de l’activité. Les syndicats ont déjà alerté sur la situation, craignant un impact en cascade sur d’autres sites du groupe.

Côté partenaires industriels, la méfiance s’installe. Plusieurs sous-traitants ont suspendu leurs collaborations en attendant de voir comment Europlasma va gérer cette crise. Un partenaire industriel a confié à Le Monde : « On ne peut plus se permettre de prendre des risques avec des entreprises dont la santé financière est aussi fragile. »

Et maintenant ?

La prochaine échéance clé pour Europlasma sera la tenue des audiences prévues dans les prochaines semaines devant le tribunal de commerce. Un plan de continuation ou de cession de Fonderie de Bretagne doit être présenté. Par ailleurs, le groupe devra rassurer ses partenaires et investisseurs sur sa capacité à redresser la barre, sous peine de voir d’autres sites suivrent le même chemin.

Reste à voir si Europlasma parviendra à inverser la tendance ou si, au contraire, ces difficultés ne sont que le début d’un effritement plus large de son modèle économique.

Le tribunal de commerce doit examiner les propositions du groupe Europlasma lors des audiences prévues dans les prochaines semaines. Plusieurs options sont possibles : un plan de continuation, une cession partielle ou totale de l’activité, voire une liquidation judiciaire en cas d’échec des négociations.