Libéré en octobre 2025 après 738 jours de captivité, Evyatar David a décrit, lors d’un entretien diffusé mercredi 26 août par CNN, les profondes séquelles psychologiques persistantes liées à son enlèvement et à sa détention dans la bande de Gaza. Selon nos confrères du Monde, l’homme de 34 ans, dont la vidéo le montrant creusant sa propre tombe sous la contrainte avait marqué les esprits, évoque aujourd’hui un traumatisme quotidien.

Ce qu'il faut retenir

  • 738 jours passés en captivité pour Evyatar David, libéré en octobre 2025 après avoir été filmé en train de creuser sa tombe par le Hamas.
  • Ses déclarations ont été recueillies par CNN le 26 août 2026, soit près d’un an après son retour en Israël.
  • Il décrit des cauchemars récurrents et une angoisse permanente, symptômes d’un syndrome de stress post-traumatique.
  • La vidéo de son supplice, diffusée par le Hamas, avait suscité une émotion internationale.

Un calvaire filmé et diffusé par le Hamas

Le parcours d’Evyatar David a basculé le 22 octobre 2023, lorsque le Hamas l’a enlevé lors de l’attaque terroriste ayant fait plus de 1 200 morts en Israël. Dès les premiers jours de sa détention, il a été contraint de participer à des vidéos de propagande, dont celle où il creusait symboliquement sa propre tombe. « Cette scène m’a hanté pendant des mois », a-t-il expliqué à CNN, soulignant l’impact durable de ces images sur sa psyché.

Selon les informations rapportées par le Monde, David a été détenu dans des conditions que les organisations humanitaires qualifient de « inhumaines ». Les tunnels du Hamas, où il a passé la majorité de sa captivité, étaient des lieux de souffrance extrême, entre malnutrition, isolement et violences psychologiques. Ces conditions, couplées à la menace permanente de mort, ont laissé des traces indélébiles.

Des séquelles psychologiques persistantes

Dans son entretien avec CNN, Evyatar David a décrit une réalité quotidienne marquée par l’angoisse. « Je me réveille la nuit en sursaut, avec des cauchemars qui me ramènent directement en captivité », a-t-il confié. Ces épisodes, qui surviennent plusieurs fois par semaine, s’accompagnent d’une anxiété diffuse qui l’accompagne « toute la journée ». Il a précisé souffrir de troubles du sommeil, de flashbacks et d’une hypervigilance constante, symptômes typiques d’un syndrome de stress post-traumatique (SSPT).

Les experts en santé mentale interrogés par le Monde soulignent que ces réactions sont « classiques » chez les anciens otages ayant subi des traumatismes prolongés. Les études sur les victimes de prises d’otages montrent que, dans près de 60 % des cas, les séquelles psychologiques persistent au-delà de deux ans après la libération. David, lui, est suivi par une équipe spécialisée en Israël, mais les progrès restent lents.

Un parcours semé d’embûches depuis sa libération

Rentré en Israël en octobre 2025, Evyatar David a dû faire face à un nouveau défi : la réinsertion. Entre les médias sollicitant des interviews et les associations de victimes cherchant à témoigner, le quotidien a été rythmé par des sollicitations parfois invasives. « On me demande sans cesse de raconter mon histoire, mais parfois, je n’ai plus la force », a-t-il indiqué. Ces contraintes, ajoutées à l’attente d’une reconnaissance officielle de son statut de victime de guerre, ont contribué à aggraver son état psychologique.

D’après les informations obtenues par CNN et relayées par le Monde, David a été reconnu comme « blessé de guerre » par les autorités israéliennes, ce qui lui ouvre droit à un accompagnement médical et financier. Cependant, l’accès à ces aides reste inégal, selon les témoignages d’autres anciens otages. Certains dénoncent des délais administratifs excessifs et des procédures complexes.

Et maintenant ?

À l’approche du troisième anniversaire de l’attaque du 7 octobre 2023, les questions sur le sort des otages encore détenus à Gaza restent au cœur de l’actualité. Les négociations pour leur libération, suspendues depuis plusieurs mois, pourraient reprendre sous l’égide d’intermédiaires internationaux. Pour Evyatar David, comme pour des centaines d’autres victimes, l’objectif est double : obtenir justice et reconstruire une vie normale. Reste à savoir si les mécanismes de soutien psychologique et médical seront à la hauteur des besoins.

Dans l’immédiat, Evyatar David poursuit son suivi médical et tente de se réapproprier une vie sociale. Il a indiqué vouloir « tourner la page », sans pour autant oublier. « Je ne veux pas que mon histoire soit réduite à une tragédie, mais je refuse qu’elle soit niée », a-t-il conclu. Son témoignage, diffusé par CNN, rappelle que les séquelles de la guerre ne s’effacent pas avec la libération.

Les anciens otages reconnus comme « blessés de guerre » bénéficient d’un accompagnement médical et financier en Israël. Les prestations incluent des soins psychologiques, des allocations et un suivi social, mais les associations dénoncent des lenteurs administratives et des inégalités d’accès. D’après le ministère israélien des Affaires sociales, plus de 80 % des libérés en 2025 ont demandé une aide, mais seulement 60 % en ont effectivement bénéficié à ce jour.