L’ancien directeur de Milieudefensie, la branche néerlandaise de Friends of the Earth, n’aura travaillé qu’une seule journée au sein du groupe Tata Steel Nederland avant d’être remercié. L’entreprise a justifié ce licenciement immédiat en invoquant des informations complémentaires sur son passé, non communiquées lors de son embauche. Ces éléments, révélés par le quotidien néerlandais NRC le 2 juin 2026, établissent que Donald Pols a été membre, dans les années 1980-1990, du Afrikaner Studente Front (ASF), un mouvement pro-apartheid actif à l’université de Pretoria. Selon Euronews FR, l’ONG environnementale Milieudefensie a immédiatement exprimé sa « profonde déception » face à ce choix, qualifiant Tata Steel d’« un des plus grands pollueurs des Pays-Bas ».
Ce qu'il faut retenir
- Donald Pols, ex-directeur de Milieudefensie, a été recruté puis limogé par Tata Steel Nederland en l’espace de 24 heures.
- Son licenciement fait suite à la révélation de son appartenance passée au mouvement sud-africain Afrikaner Studente Front (ASF), pro-apartheid, dans les années 1980-1990.
- En 1991, Pols a participé à la perturbation d’une visite de Nelson Mandela à l’université de Pretoria, où des drapeaux de l’ANC furent brûlés et des slogans pro-apartheid scandés.
- Tata Steel Nederland est aujourd’hui poursuivi pour 1,5 milliard d’euros par des habitants d’IJmuiden, où l’entreprise est accusée de polluer l’air et de dévaloriser les biens immobiliers.
- L’entreprise a écopé d’une amende de 2,4 millions d’euros en 2025 pour dépassement des normes d’émissions de fluorure d’hydrogène et de métaux lourds.
Un parcours d’écologiste controversé au sein d’un géant industriel polluant
Donald Pols, figure reconnue de l’écologie néerlandaise, a dirigé Milieudefensie pendant plusieurs années avant de rejoindre, fin mai 2026, le groupe Tata Steel Nederland au poste de directeur du développement durable. Ce choix avait immédiatement suscité la polémique, Milieudefensie dénonçant le fait qu’une ONG environnementale de premier plan puisse rejoindre l’un des plus grands émetteurs de CO₂ du pays. Dans un communiqué, le président de l’ONG, Marty Smits, avait souligné : « Nous sommes surpris et profondément déçus par cette décision. Tata Steel est un acteur majeur de la pollution aux Pays-Bas. » Selon Euronews FR, Pols avait défendu sa position en affirmant vouloir « démontrer que la durabilité industrielle peut être impulsée de l’intérieur ».
Avant cette nomination, Pols s’était illustré dans une bataille juridique historique contre Shell, aux côtés de Milieudefensie. En 2021, un tribunal néerlandais avait ordonné au géant pétrolier de réduire ses émissions de 45 % d’ici 2030 — une première mondiale. En 2025, la justice a finalement annulé cette décision à la demande de Shell, une issue que Pols avait qualifiée de « déception ». « La lutte contre le changement climatique est un marathon, pas un sprint, et la course ne fait que commencer », avait-il déclaré à l’époque. « Milieudefensie demande des comptes aux entreprises sur leurs responsabilités. Nous nous appuyons sur la science, nous sommes critiques et inébranlables. »
L’ombre du passé pro-apartheid et l’échec d’un recrutement éclair
C’est le quotidien NRC, dans son édition du 2 juin 2026, qui a révélé les liens de Donald Pols avec l’Afrikaner Studente Front (ASF), mouvement étudiant sud-africain actif dans les années 1980 et au début des années 1990. À l’époque, l’ASF militait activement pour le maintien de l’apartheid et s’opposait farouchement à la fin de la ségrégation raciale. Selon les archives citées par le NRC, Pols, alors étudiant à l’université de Pretoria, avait participé en 1991 à la perturbation d’une visite de Nelson Mandela. Des centaines de membres de l’ASF avaient brûlé des drapeaux de l’ANC — le parti de Mandela — et scandé des slogans en faveur du régime d’apartheid.
Interrogé par le NRC, Pols a reconnu son appartenance passée au mouvement et qualifié son comportement de l’époque de « répréhensible ». « Il n’y a aucune justification possible, et je n’en cherche pas. J’en assume la responsabilité. Mais je ne suis en rien la personne que j’étais à l’époque », a-t-il déclaré. Contacté par Euronews FR, Tata Steel a confirmé avoir mis fin au contrat de Pols « après avoir pris connaissance d’informations supplémentaires sur son passé, non communiquées lors de son embauche ». L’entreprise n’a pas précisé si ces éléments concernaient spécifiquement ses liens avec l’ASF ou d’autres aspects de son parcours.
Tata Steel dans la tourmente judiciaire et écologique
Tata Steel Nederland, filiale du groupe indien Tata, est au cœur de plusieurs procédures judiciaires aux Pays-Bas. Dans la ville d’IJmuiden, où se situe son principal site industriel, des riverains ont assigné l’entreprise en justice pour un montant de 1,5 milliard d’euros. Ils accusent Tata Steel de causer des problèmes de santé — notamment des maladies respiratoires — et de faire chuter la valeur de leurs biens immobiliers en raison des émissions toxiques de son aciérie. L’Agence environnementale régionale a également infligé à l’entreprise une amende de 2,4 millions d’euros en 2025 pour avoir « dépassé diverses normes », notamment en matière d’émissions de fluorure d’hydrogène et de métaux lourds.
Selon l’Institut national de la santé publique et de l’environnement néerlandais, les habitants vivant à proximité du site d’IJmuiden présentent un risque accru de maladies liées à la pollution atmosphérique. Pourtant, le groupe a obtenu en avril 2026 un soutien public de 2 milliards d’euros du Parlement néerlandais pour accélérer sa transition verte. L’objectif est de remplacer progressivement le charbon par le gaz, puis l’hydrogène à partir de 2030, afin de réduire drastiquement ses émissions de CO₂. Par ailleurs, la maison mère indienne Tata a annoncé un investissement supplémentaire de 4 milliards d’euros pour moderniser le site d’IJmuiden.
Pour Milieudefensie, l’affaire semble désormais close. Dans un dernier communiqué, Marty Smits a rappelé que l’ONG « recherche activement le dialogue avec les entreprises tout en préservant son indépendance ». « Nous ne comprenons donc pas cette décision de Donald Pols », a-t-il ajouté, sans évoquer de poursuites ou de sanctions contre l’ancien directeur. Quant à Tata Steel, l’entreprise n’a pas indiqué si elle prévoyait de remplacer Pols à court terme, ni comment elle comptait rassurer les riverains d’IJmuiden sur ses engagements environnementaux.
Tata Steel a justifié le licenciement immédiat de Donald Pols en invoquant « des informations supplémentaires sur son passé, non communiquées auparavant à l’entreprise ». Ces éléments, révélés par le NRC, concernent son appartenance passée au mouvement pro-apartheid Afrikaner Studente Front (ASF) dans les années 1980-1990. Selon Euronews FR, l’entreprise a estimé que ces informations étaient de nature à affecter sa réputation.
Tata Steel Nederland a obtenu un soutien public de 2 milliards d’euros du Parlement néerlandais pour sa transition verte. L’entreprise prévoit de remplacer le charbon par le gaz d’ici 2030, puis par l’hydrogène. La maison mère indienne Tata a également annoncé un investissement de 4 milliards d’euros pour moderniser le site d’IJmuiden. Ces échéances devraient être suivies de près, alors que l’entreprise fait l’objet de poursuites judiciaires pour pollution.