Dans la petite commune d’Étang-sur-Arroux, en Saône-et-Loire, où vivent à peine 1 800 habitants, un établissement hors contrat tente de répondre à un défi de taille : offrir une scolarité adaptée à des élèves souvent laissés de côté. Selon Le Figaro, le collège Vauban, inauguré en septembre 2025, accueille depuis dix élèves de 6e et 5e, tous porteurs de troubles de l’apprentissage ou en situation de décrochage scolaire.

Ce qu'il faut retenir

  • Un réseau pionnier : Excellence Ruralités, fondé par Hervé Catala et Jean-Baptiste Nouailhac, propose une pédagogie adaptée aux enfants à besoins spécifiques.
  • 10 élèves seulement : Le collège Vauban mise sur des effectifs réduits pour un accompagnement personnalisé, une promesse rare dans les zones rurales.
  • Une réponse aux troubles de l’apprentissage : La quasi-totalité des élèves souffrent de difficultés scolaires, souvent liées à un manque de confiance en soi.
  • Des méthodes alternatives : L’établissement mise sur des outils comme des polycopiés imprimés à la demande et une approche individualisée pour capter l’attention.
  • Un modèle controversé : Le réseau Excellence Ruralités, financé par Pierre-Édouard Stérin, a récemment fait l’objet de polémiques, sans pour autant décourager les familles.

Le dispositif pédagogique du collège Vauban s’appuie sur des principes simples : des classes à effectifs réduits et un suivi individualisé. Pour Marie de Seroux, enseignante en 5e, cette organisation change radicalement ses méthodes de travail. « Ça me change de mes précédents postes : j’arrive à demander bien plus rapidement le calme », explique-t-elle, en agitant une clochette pour marquer la fin de la récréation. Autour d’elle, cinq élèves seulement sont présents dans la salle, un chiffre qui illustre l’absence de surcharge dans cet établissement.

Le projet s’inscrit dans une démarche plus large portée par Excellence Ruralités, un réseau qui se présente comme une alternative pour les familles confrontées à l’absence de solutions locales. Dans cette région de Saône-et-Loire, où l’offre éducative est limitée, l’initiative comble un vide, notamment pour les enfants présentant des troubles de l’apprentissage. « Chez nous, la quasi-totalité des enfants ont des troubles de l’apprentissage, accompagnés d’un sérieux manque de confiance », souligne un membre de l’équipe pédagogique, sans plus de précisions.

Les familles, elles, n’hésitent pas à franchir les portes de ce collège hors contrat, malgré les récentes polémiques qui entourent Excellence Ruralités. Financé par Pierre-Édouard Stérin, entrepreneur et investisseur, le réseau a récemment été pointé du doigt pour ses méthodes et son manque de transparence. Pourtant, les parents, dont certains ont déjà connu des parcours scolaires chaotiques pour leurs enfants, y voient une lueur d’espoir. « Des petits effectifs, un accompagnement personnalisé et une pédagogie adaptée », résume une mère d’élève, dont l’enfant est scolarisé à Vauban depuis la rentrée 2025.

Le collège Vauban n’est pas le seul à tenter cette expérience. Excellence Ruralités, qui compte plusieurs établissements en France, mise sur un modèle qui diverge des conventions traditionnelles. Ici, pas de numérique imposé, pas de pression liée aux évaluations standardisées. À la place, on trouve des polycopiés fraîchement imprimés, des discussions en petit groupe et une attention portée à chaque élève. « Une liasse de polycopiés encore chauds à la main », décrit Le Figaro, pour illustrer l’absence de méthodes dématérialisées.

Le succès de cette initiative interroge, d’autant que le réseau Excellence Ruralités n’a pas échappé aux critiques. En 2024, des articles de presse ont pointé du doigt le manque de cadre réglementaire encadrant ces établissements hors contrat, ainsi que des dérives possibles en matière de financement ou de pédagogie. Pourtant, pour les familles concernées, l’enjeu est ailleurs : offrir une chance à des enfants que le système traditionnel a parfois abandonnés.

Reste à savoir si ce modèle peut essaimer. Excellence Ruralités, bien que discret, pourrait inspirer d’autres initiatives locales, surtout dans les zones rurales où l’accès à l’éducation spécialisée est limité. Pour l’heure, le collège Vauban fonctionne avec une poignée d’élèves, mais son existence même pose une question de fond : comment concilier innovation pédagogique et inclusion scolaire ?

Et maintenant ?

Le collège Vauban devrait poursuivre son activité à la rentrée 2026 avec, potentiellement, une légère augmentation de ses effectifs. Excellence Ruralités, de son côté, pourrait étendre son réseau si les résultats concrets se confirment. Reste à voir si les autorités éducatives locales et nationales suivront cette initiative, ou si elle restera un modèle marginalisé. Une chose est sûre : pour les familles concernées, l’alternative existe déjà.

Ce modèle interroge aussi sur l’avenir des établissements hors contrat en France. Avec plus de 2 000 écoles et collèges hors contrat recensés en 2025, selon le ministère de l’Éducation nationale, leur rôle dans le paysage éducatif devient difficile à ignorer. Certains y voient une réponse adaptée aux besoins spécifiques des élèves, d’autres une menace pour l’égalité scolaire. Le cas d’Étang-sur-Arroux illustre cette tension, entre innovation et controverse.

Excellence Ruralités se concentre exclusivement sur les élèves en situation de décrochage scolaire ou porteurs de troubles de l’apprentissage. Le réseau mise sur des effectifs réduits, un accompagnement personnalisé et des méthodes pédagogiques adaptées, souvent éloignées du numérique.

Les établissements hors contrat, en général, échappent à certaines règles éducatives et financières qui encadrent les écoles publiques ou sous contrat. Des questions se posent sur leur financement, leur transparence et leur impact sur l’égalité des chances. Excellence Ruralités, financé par Pierre-Édouard Stérin, a notamment été critiqué pour son manque de clarté sur ses méthodes et son budget.