Le Haut-Commissariat aux droits de l’homme de l’ONU s’alarme, ce 5 août 2026, de l’augmentation significative des exécutions en Iran. Selon BMF - International, au moins 56 personnes ont été mises à mort depuis mars pour des motifs liés à la sécurité nationale, dont une majorité dans le cadre des répressions suivant les manifestations de début d’année.
Ce qu'il faut retenir
- 56 exécutions depuis mars 2026 pour des chefs d’accusation liés à la sécurité nationale, dont 27 en lien avec les manifestations de début d’année.
- L’ONU craint que plus d’une centaine d’autres condamnations à mort dans des affaires similaires n’aboutissent prochainement.
- Les exécutions pour infractions liées à la drogue se poursuivent « à un rythme alarmant ».
- Volker Türk, Haut-Commissaire aux droits de l’homme, dénonce des procès expéditifs et des aveux obtenus sous la torture.
- L’Iran reste le deuxième pays au monde en nombre d’exécutions après la Chine, selon les ONG.
Une accélération des mises à mort depuis le début de l’année
Le 19 mars 2026, l’Iran annonçait l’exécution de trois hommes accusés d’avoir tué des policiers lors des manifestations de janvier. Ces pendaisons marquaient le début d’une vague répressive qui s’est intensifiée depuis le début de la guerre entre l’Iran et une coalition américano-israélienne, déclenchée le 28 février 2026. Selon BMF - International, 27 des 56 exécutions recensées sont directement liées aux protestations antigouvernementales qui ont secoué le pays fin décembre 2025 et début janvier 2026.
Ces mouvements de contestation, initialement motivés par la hausse du coût de la vie, avaient rapidement pris une dimension politique. Le pouvoir iranien a reconnu plus de 3 000 morts dans la répression, attribuant les violences à des « actes terroristes » soutenus par les États-Unis et Israël. Des ONG étrangères estiment pour leur part que le bilan réel se chiffre en milliers de victimes.
Des procédures judiciaires jugées défaillantes par l’ONU
Volker Türk, Haut-Commissaire aux droits de l’homme, a exprimé sa préoccupation face à l’usage croissant de la peine de mort comme outil de répression. Dans un communiqué publié le 5 août, il a souligné que les garanties d’un procès équitable et le respect des procédures régulières étaient « gravement insuffisants » en Iran. Il a notamment pointé des aveux obtenus sous la torture, des condamnations prononcées après des procès expéditifs et des exécutions parfois réalisées en public.
« Plus d’une centaine d’autres personnes risquent d’être exécutées pour des chefs d’accusation similaires », a-t-il alerté. Selon lui, la peine capitale est utilisée pour « semer la peur au sein de la population et réprimer la dissidence ». L’ONU exhorte les autorités iraniennes à suspendre immédiatement toutes les exécutions et à engager un processus vers l’abolition de la peine de mort.
Un contexte de tensions régionales et de répression accrue
Cette hausse des exécutions coïncide avec une période de tensions extrêmes au Moyen-Orient. Depuis le 28 février 2026, l’Iran est engagé dans un conflit ouvert avec une coalition dirigée par les États-Unis et Israël. Cette guerre a exacerbé les tensions internes, où le régime iranien accuse régulièrement les puissances occidentales de soutenir des mouvements de contestation pour déstabiliser le pays.
Dans le même temps, les exécutions pour infractions liées à la drogue se poursuivent « à un rythme alarmant », selon Volker Türk. L’Iran, qui applique la peine de mort pour un large éventail d’infractions, reste sous le feu des critiques des organisations de défense des droits humains. Amnesty International le classe comme le deuxième pays au monde en nombre d’exécutions, derrière la Chine, avec au moins 2 707 mises à mort enregistrées en 2025 — un record en plusieurs décennies.
Des condamnations internationales récurrentes
Les déclarations de Volker Türk s’ajoutent à une série de critiques internationales envers la politique répressive de Téhéran. Plusieurs chefs d’État, dont le président français Emmanuel Macron, ont réaffirmé que la peine de mort n’avait « jamais rendu une société plus sûre ». Malgré un mouvement mondial vers l’abolition, certains pays, comme l’Iran, continuent de l’utiliser massivement.
Les ONG, comme Amnesty International, rappellent régulièrement que les exécutions en Iran ne se limitent pas aux crimes de sang. Les condamnations pour apostasie, homosexualité ou possession de drogue restent fréquentes, souvent prononcées après des procès jugés partials. Les organisations de défense des droits humains dénoncent également la pratique des exécutions publiques, destinées à intimider la population.
La situation reste donc extrêmement préoccupante, d’autant que les risques d’exécutions supplémentaires pour des motifs politiques ou liés à la drogue persistent. Les observateurs s’attendent à ce que le débat sur la peine de mort en Iran continue de s’intensifier dans les mois à venir, sans garantie toutefois d’une évolution rapide.
Selon les analystes, la peine de mort en Iran sert à la fois de moyen de répression politique et de dissuasion pour les infractions liées à la drogue ou aux mœurs. Le régime utilise cette pratique pour maintenir un climat de peur et éliminer toute opposition, notamment depuis le début des manifestations de fin 2025. Les organisations de défense des droits humains soulignent également que les procès sont souvent expéditifs et que les aveux sont fréquemment obtenus sous la torture.
Volker Türk a appelé à une suspension immédiate de toutes les exécutions et à l’ouverture d’un dialogue avec les autorités iraniennes en vue de l’abolition de la peine de mort. Cependant, l’efficacité de cette démarche dépendra largement de la pression diplomatique exercée par les États membres de l’ONU et des organisations régionales. Une résolution condamnant la politique iranienne pourrait être proposée lors de la prochaine session du Conseil des droits de l’homme, prévue en septembre 2026.