Une explosion accidentelle causée par un engin datant probablement de la Seconde Guerre mondiale a fait cinq morts et dix-neuf blessés dimanche 31 mai dans un village de pêcheurs de Papouasie orientale, en Indonésie. Neuf maisons ont été détruites et trois personnes restent portées disparues, selon les autorités locales. L'incident, qui s'est produit dans la région de Merauke, a surpris les habitants en pleine après-midi, projetant une boule de feu suivie d'une épaisse colonne de fumée.

Comme le rapporte BMF - International, l'explosion s'est produite sous une maison sur pilotis, un type d'habitat courant dans les zones côtières indonésiennes. Les images diffusées par la chaîne indonésienne Kompas TV montrent les dégâts immédiats : des débris projetés sur des centaines de mètres et des flammes léchant les structures environnantes. Les secours ont rapidement été mobilisés, mais le bilan reste lourd.

Ce qu'il faut retenir

  • Cinq morts et dix-neuf blessés confirmés après l'explosion d'un engin de la Seconde Guerre mondiale en Papouasie orientale.
  • Neuf maisons détruites et trois personnes portées disparues selon les autorités.
  • L'explosion s'est produite dimanche 31 mai dans un village de pêcheurs de la région de Merauke.
  • Les autorités soupçonnent un obus ou une bombe datant de la Seconde Guerre mondiale comme source de l'explosion.

Une explosion aux conséquences immédiates

L'explosion a eu lieu vers 16h30 locales dimanche, alors que les habitants vaquaient à leurs occupations. Selon le porte-parole de la police de Papouasie, Cahyo Sukarnito, les premiers éléments laissent fortement penser à un engin datant de la Seconde Guerre mondiale. « On soupçonne fortement que la source de l'explosion est une bombe ou un obus de mortier datant de la Seconde Guerre mondiale », a-t-il déclaré à l'AFP.

Les images diffusées par les médias locaux montrent l'ampleur des dégâts : des pans de murs arrachés, des toits effondrés et des débris dispersés sur plusieurs centaines de mètres. Les secours ont dû évacuer les habitants des zones voisines par précaution, craignant la présence d'autres engins non explosés. Les opérations de déminage ont été immédiatement lancées par les autorités militaires locales.

Un contexte historique lourd de risques

L'Indonésie, alors connue sous le nom d'Indes néerlandaises, a été un théâtre majeur de la Seconde Guerre mondiale entre 1942 et 1945. Les forces japonaises y ont occupé le territoire avant d'être combattues par les Alliés, notamment américains et australiens. Pendant ce conflit, des milliers d'engins explosifs ont été utilisés, dont une partie n'a jamais été désamorcée. Ces vestiges, souvent enfouis ou immergés, représentent encore aujourd'hui une menace pour les populations locales.

L'Indonésie n'est pas le seul pays confronté à ce problème. Selon les estimations, des dizaines de milliers d'engins non explosés subsistent encore en Europe, en Asie et en Afrique, héritage des deux guerres mondiales. En 2025, une explosion similaire avait fait treize morts sur l'île de Java lors d'une opération de destruction de munitions obsolètes. Ces incidents rappellent les dangers persistants liés aux vestiges des conflits passés.

Des opérations de déminage en cours

Les autorités indonésiennes ont lancé une enquête pour déterminer les circonstances exactes de l'explosion. Une équipe de déminage spécialisée est sur place pour sécuriser la zone et rechercher d'éventuels autres engins explosifs. Les opérations pourraient prendre plusieurs jours, en fonction des conditions météorologiques et de l'étendue des dégâts.

Les habitants du village de pêcheurs, traumatisés par l'incident, ont été relogés temporairement dans des centres d'accueil mis en place par le gouvernement provincial. Les autorités ont appelé la population à signaler toute découverte suspecte et à éviter de toucher les objets inconnus. Une campagne de sensibilisation est en cours pour rappeler les risques liés aux vestiges de guerre.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes consisteront à identifier avec précision la nature de l'engin responsable de l'explosion et à renforcer les mesures de sécurité dans les zones à risque. Une réunion d'urgence est prévue aujourd'hui, lundi 1er juin, avec les responsables locaux et les experts en déminage. Les autorités pourraient annoncer de nouvelles consignes de sécurité pour les populations vivant près des anciennes zones de conflit.

Par ailleurs, cette tragédie relance le débat sur la gestion des vestiges de guerre en Indonésie. Des associations locales demandent une cartographie plus précise des zones à risque et un renforcement des budgets alloués aux opérations de déminage. Rien n'indique pour l'instant que ce type d'incident pourrait se reproduire, mais la menace reste bien réelle dans plusieurs régions du pays.

Les bombes et obus de cette époque sont souvent conçus pour résister aux intempéries et à la corrosion pendant des décennies. Leur mécanisme de détonation peut s'activer après des années d'inactivité, notamment en cas de perturbation externe comme un choc ou une manipulation. En Indonésie, les pluies tropicales et les mouvements de terrain accélèrent parfois leur dégradation, augmentant les risques d'explosion.