Depuis deux ans, le château d'Aubenas, ancienne forteresse médiévale ardéchoise reconvertie en centre d'art contemporain et du patrimoine, propose des expositions mêlant art et histoire locale. Selon Franceinfo - Culture, une nouvelle manifestation artistique y est désormais entièrement dédiée à un tubercule bien connu des Français : la pomme de terre. Intitulée « Des patates », cette exposition rassemble les œuvres de 25 artistes de générations et de nationalités variées, jusqu'au 20 septembre 2026.

Ce qu'il faut retenir

  • L'exposition « Des patates » est visible au château d'Aubenas jusqu'au 20 septembre 2026, dans le cadre du centre d'art contemporain ouvert depuis juillet 2024.
  • Vingt-cinq artistes internationaux y explorent le thème de la pomme de terre à travers peintures, sculptures et installations, avec plus de 60 000 visiteurs accueillis depuis son ouverture.
  • Parmi les pièces phares figurent une « Kartofelhaus » de Sigmar Polke, une installation de Giuseppe Penone et des œuvres d'Agnès Varda, toutes mises en scène dans les salons historiques du château.
  • Le tarif d'entrée est de 9 euros (plein) et 6 euros (réduit), avec des horaires étendus en juillet et août.

Un centre d'art contemporain ancré dans l'histoire locale

Le château d'Aubenas, construit à la fin du XIIIe siècle, abrite depuis 2024 un centre d'art contemporain et du patrimoine après sept années de travaux. Ce site, qui a déjà accueilli plus de 60 000 visiteurs lors des onze expositions organisées depuis son ouverture, continue d'attirer un public toujours plus large. Les 13 000 habitants de cette ville ardéchoise peuvent désormais y découvrir des créations artistiques contemporaines, tout en explorant l'histoire de leur région à travers des parcours muséographiques.

Deux nouvelles expositions ont été lancées en avril 2026. La première, signée par l'artiste Nicolas Daubannes, s'intéresse aux graffitis carcéraux conservés dans les sous-sols du château, qui abritaient des geôles aux XVIIe et XVIIIe siècles. La seconde, « Des patates », est une immersion totale dans l'univers de ce tubercule, devenu une « joyeuse obsession » pour les artistes invités.

La pomme de terre comme fil rouge artistique et historique

L'exposition « Des patates » se déploie sur deux étages du château, transformant les salles historiques en espaces de création. Dès l'entrée, les visiteurs sont accueillis par une « Grande patate chaude » de Raphaël Bachir Osman, une toile colorée et scintillante qui donne le ton. Dans le grand salon jaune, autrefois lieu de célébration de mariages, trône une « Kartofelhaus », une cabane en bois recouverte de pommes de terre germées, œuvre de l'artiste allemand Sigmar Polke, décédé en 2010. Cette pièce, appartenant à la collection Pinault, joue avec les contrastes entre le luxe des matériaux du château – parquet en marqueterie, lustre à pampilles – et la rusticité du tubercule.

D'autres œuvres marquent le parcours. Dans le salon bleu, une cheminée en marbre surplombe un monceau de pommes de terre signées Giuseppe Penone, figure de l'Arte Povera. L'artiste italien a enterré des moulages de son visage avec des pommes de terre, laissant la nature sculpter des formes en bronze parmi les tubercules périssables. Une façon de rappeler que l'humanité n'est pas au-dessus de la nature, mais en fait partie intégrante.

Des œuvres qui dialoguent avec l'histoire et les mémoires

L'exposition ne se contente pas d'exposer des œuvres : elle dialogue avec l'histoire du château et ses mémoires oubliées. Dans le donjon médiéval, protégé par un épouvantail, l'artiste réunionnaise Rozy Tergemina Sapelkine présente « Nasyon Patat [Nation Patate] », une installation mêlant dessins, peintures et sculptures en tissu. Inspiré par les patates douces cultivées clandestinement par sa grand-mère sur l'île de La Réunion, l'artiste évoque la résistance face à l'ordre colonial. « Toutes les patates sont des patates », rappelle-t-elle dans le cartel, soulignant l'universalité de ce tubercule.

Dans une salle dédiée, un hommage est rendu à Agnès Varda, disparue en 2019. Un extrait de son documentaire « Les glaneurs et la glaneuse » (2000) est diffusé, tandis que onze de ses photographies de patates en forme de cœur sont exposées. La cinéaste, connue pour son costume « Patate » à la Biennale de Venise, semble veiller sur l'exposition depuis les hauteurs du château, où sa voix résonne en énumérant les variétés de pommes de terre.

Une scénographie immersive et des œuvres emblématiques

La dernière salle plonge le visiteur dans une atmosphère mystérieuse, avec une photographie de Brassaï, « Magique circonstancielle », représentant une pomme de terre germée. Ses ramifications, éclairées par une lumière rasante, créent une impression presque surnaturelle. Au centre de la pièce, une statuette translucide de l'artiste parisien SMITH, « L'extase de M. Patate » (2023), semble flotter en apesanteur. Cette œuvre conclut le parcours sur une note poétique et onirique.

La scénographie joue sur les contrastes entre les matériaux nobles du château – marbre, bois sculpté, miroirs dorés – et les éléments bruts ou symboliques liés à la pomme de terre. Si certaines visiteuses, comme l'une d'elles citée par Franceinfo - Culture, regrettent que les meubles d'origine du château n'aient pas été conservés, l'exposition mise sur l'audace et l'inattendu pour marquer les esprits.

Et maintenant ?

L'exposition « Des patates » restera visible jusqu'au 20 septembre 2026 au château d'Aubenas, centre d'art contemporain et du patrimoine. Les organisateurs espèrent attirer un public toujours plus large, dans la continuité des 60 000 visiteurs déjà accueillis depuis l'ouverture du site en 2024. Une nouvelle exposition, signée Nicolas Daubannes, est également programmée jusqu'à cette date, prolongeant l'exploration des liens entre art et mémoire.

Tarifs et horaires : l'entrée est fixée à 9 euros (plein) et 6 euros (tarif réduit). Le château est ouvert du mardi au dimanche, de 10h à 18h, avec des horaires étendus en juillet et août (jusqu'à 19h, voire 20h certains mercredis).

L'exposition est visible jusqu'au 20 septembre 2026 au château d'Aubenas, selon Franceinfo - Culture.

Vingt-cinq artistes de générations et de nationalités différentes ont contribué à cette exposition, selon les informations rapportées par Franceinfo - Culture.