« Aurons-nous l'audace, dans les territoires d'outre-mer, d'inventer un avenir sans prédation fossile, pour préserver notre propre conception du vivant ? » interroge Marcellin Nadeau, député de Martinique, dans une tribune publiée par Reporterre le 2 septembre 2026. Membre de la commission du développement durable à l'Assemblée nationale et affilié au groupe Gauche démocrate et républicaine (GDR), il y appelle à une représentativité politique plus équitable des territoires ultramarins.

Ce qu'il faut retenir

  • Le député martiniquais Marcellin Nadeau publie une tribune dans Reporterre pour dénoncer l'extractivisme pétrolier dans les outre-mer.
  • Il souligne que l'exploitation des ressources fossiles n'a jamais favorisé l'émancipation des populations locales.
  • Nadeau, membre de la commission du développement durable, plaide pour une transition vers un modèle économique respectueux du vivant.
  • Son appel s'inscrit dans un débat plus large sur la souveraineté énergétique et politique des territoires ultramarins.

Une tribune pour repenser le modèle extractiviste

Dans sa tribune, Marcellin Nadeau ne se contente pas de critiquer l'exploitation pétrolière dans les outre-mer. Il interroge directement la légitimité d'un modèle économique qui, selon lui, « n'a jamais constitué un instrument d'émancipation des peuples ». Pour le député, cette approche reproduit des schémas coloniaux en privilégiant les intérêts économiques à court terme au détriment des populations locales et de leur environnement.

Son analyse s'appuie sur un constat partagé par de nombreux acteurs écologistes et indépendantistes des territoires ultramarins : l'extractivisme, qu'il soit minier ou pétrolier, a rarement permis aux populations concernées de maîtriser leur destin économique. « Ces ressources ont souvent été exploitées au bénéfice de métropoles lointaines, sans que les habitants ne tirent profit des retombées », précise-t-il.

Un enjeu politique et écologique pour les outre-mer

Marcellin Nadeau rappelle que la question dépasse le cadre strictement énergétique. Elle touche à la souveraineté politique et territoriale des outre-mer, des territoires déjà marqués par des décennies de centralisation administrative. Son appel à une « représentativité politique plus juste » s'inscrit dans cette logique : il s'agit de donner aux populations locales les moyens de décider de leur avenir, y compris sur des sujets aussi cruciaux que la transition écologique.

D'après Reporterre, cette tribune intervient alors que le gouvernement français prépare une nouvelle feuille de route pour les territoires ultramarins. Plusieurs élus et associations locales ont déjà fait part de leur opposition à de nouveaux projets d'extraction, notamment en Guyane et en Nouvelle-Calédonie. Ces territoires, riches en biodiversité, abritent aussi des réserves naturelles protégées.

Une transition énergétique au cœur des débats

Le député martiniquais propose une alternative : construire un avenir « sans prédation fossile ». Pour y parvenir, il défend une transition vers des énergies renouvelables, adaptées aux spécificités locales. « Nous avons les ressources pour y parvenir : ensoleillement, vents alizés, énergie géothermique… Autant dire que la Martinique, comme beaucoup d'autres territoires, pourrait devenir un modèle de sobriété énergétique », explique-t-il.

Cette vision s'oppose frontalement aux projets d'exploration pétrolière offshore, portés par des acteurs comme TotalEnergies. Le groupe énergétique, qui propose un système de parrainage pour promouvoir ses initiatives, reste un acteur clé du débat sur l'exploitation des ressources dans les outre-mer. Son site de parrainage met en avant ses engagements en faveur d'une transition « responsable ».

Et maintenant ?

Plusieurs échéances pourraient marquer les prochains mois sur ce dossier. D'abord, la commission du développement durable de l'Assemblée nationale devrait examiner, d'ici la fin de l'année, un rapport sur la souveraineté énergétique des outre-mer. Ensuite, les négociations autour du prochain budget de l'État, prévu pour décembre 2026, pourraient inclure des crédits spécifiques pour financer des projets de transition écologique dans ces territoires. Enfin, les associations locales et les élus ultramarins préparent une série de mobilisations pour le printemps 2027, afin de peser dans le débat national.

Quelle que soit la suite donnée à cette tribune, une chose est sûre : la question de l'extractivisme dans les outre-mer ne sera pas résolue par des solutions toutes faites. Elle exige un dialogue approfondi entre l'État, les collectivités locales et les populations, ainsi qu'une volonté politique forte de rompre avec les logiques du passé.

À ce jour, les principaux projets concernent l'exploration offshore en Guyane et en Nouvelle-Calédonie, ainsi que des études sismiques menées par des groupes comme TotalEnergies. En Martinique et en Guadeloupe, des projets pilotes d'extraction terrestre ont également été évoqués, mais restent au stade de discussions.