Alors que les vagues de chaleur s’intensifient et que les rapports scientifiques alertent une fois de plus sur l’urgence climatique, la montée des discours d’extrême droite dans plusieurs pays européens interroge. Dans une tribune publiée ce 2 septembre 2026, Libération soulève un paradoxe : comment concilier l’urgence écologique avec la montée de politiques climatosceptiques ?
Ce qu'il faut retenir
- Les partis d’extrême droite européens multiplient les positions climatosceptiques, remettant en cause les consensus scientifiques.
- En Allemagne, en France et en Italie, ces formations enregistrent une progression électorale significative depuis 2024.
- Leur discours s’accompagne souvent de rejets des politiques environnementales, perçues comme des contraintes pour les populations.
- Libération interroge : ces partis, s’ils arrivaient au pouvoir, aggraveraient-ils la crise climatique ?
Selon nos confrères de Libération, l’extrême droite européenne ne se contente plus de critiquer les mesures écologiques : elle en fait une pierre angulaire de son projet politique. En Allemagne, l’AfD — parti classé d’extrême droite — a ainsi multiplié les prises de position contre les énergies renouvelables, accusant le gouvernement d’imposer des « diktats verts » à la population. «
Ces partis instrumentalisent la lassitude des citoyens face aux restrictions, en promettant un retour à la « liberté » énergétique, explique Mathieu Lindon. Mais derrière ce discours, c’est la science climatique qui est niée. »
En France, le Rassemblement National a récemment durci son ton sur les questions environnementales. Lors des dernières élections européennes, le parti mené par Jordan Bardella avait promis de « suspendre » certaines normes environnementales, jugées trop coûteuses pour les ménages. Une position qui, selon Libération, s’inscrit dans une logique de rejet global des politiques de transition écologique. « Le RN a toujours considéré que la question climatique était un cheval de Troie des « mondialistes », rappelle un analyste politique cité par le quotidien. Leur approche relève davantage du populisme que d’une véritable réflexion sur la soutenabilité des modèles économiques. »
En Italie, Fratelli d’Italia, dirigé par Giorgia Meloni, a adopté une posture similaire. Depuis son arrivée au pouvoir en 2024, le gouvernement a réduit les subventions aux énergies vertes et relancé des projets d’extraction d’hydrocarbures en Méditerranée. Une décision saluée par une partie de l’électorat, mais critiquée par les scientifiques. Libération souligne que ces choix politiques pourraient avoir des conséquences directes sur les engagements climatiques de l’Union européenne.
Le paradoxe est flagrant : alors que l’Union européenne tente de renforcer ses objectifs de réduction des émissions de CO₂, plusieurs États membres — où l’extrême droite progresse — freinent des quatre fers. Selon un rapport de l’Agence européenne pour l’environnement publié en juillet 2026, cinq pays de l’UE — dont l’Allemagne et l’Italie — risquent de ne pas atteindre leurs objectifs pour 2030. « Le risque est double, estime un climatologue interrogé par Libération. Non seulement ces gouvernements ralentissent la transition écologique, mais ils sapent aussi la crédibilité des institutions européennes. »
Quant à l’urgence climatique, Libération rappelle que les scientifiques sont unanimes : les prochaines années seront décisives. « Le temps presse, souligne un chercheur du GIEC. Si les politiques climatosceptiques se généralisent, les conséquences seront irréversibles. La question n’est plus seulement idéologique : elle est existentielle. »
L’extrême droite européenne associe souvent les politiques climatiques à une ingérence des élites mondialisées. En Allemagne, en France et en Italie, ces partis rejettent les objectifs de neutralité carbone, qu’ils présentent comme des contraintes économiques ou idéologiques. Leur discours repose sur une méfiance envers les institutions européennes et une défiance envers la science climatique.