Fabien Onteniente, réalisateur emblématique du cinéma populaire français à l’origine de « Camping », « Trois Zéros » ou encore « Jet Set », s’est confié dans un livre autobiographique publié ce mois-ci. Intitulé « Alors, on n’attend pas Fabien ? Du HLM au box-office », l’ouvrage retrace son parcours atypique, de son enfance dans un HLM à ses plus grands succès cinématographiques. Selon Franceinfo – Culture, l’auteur y aborde également ses angoisses, ses inspirations et les coulisses de ses films cultes.
Présent au 23h de Franceinfo mercredi 17 juin 2026, Fabien Onteniente a évoqué son attachement au football, son admiration pour l’équipe de France et les raisons qui l’ont poussé à écrire ce récit. Le sous-titre du livre, « Du HLM au box-office », résume à lui seul l’ascension d’un homme qui, parti de rien, a su marquer l’histoire du cinéma français.
Ce qu’il faut retenir
- Fabien Onteniente publie « Alors, on n’attend pas Fabien ? Du HLM au box-office », un livre autobiographique retraçant son parcours de son enfance modeste à ses plus grands succès cinématographiques.
- Son premier contact avec le cinéma remonte à l’âge de 8 ans, lors d’un tournage improvisé dans sa cité HLM, où il a offert sa chaussette rouge à l’équipe pour les besoins d’une scène.
- Parmi ses films les plus connus figurent « Camping », « Jet Set », « Trois Zéros » et « Disco », tous devenus des classiques du cinéma populaire français.
- Onteniente y évoque ses angoisses face au succès, notamment après la sortie de « Jet Set » en 2000, ainsi que sa passion pour le football et l’esprit d’équipe.
- Il rend hommage à son complice Franck Dubosc, avec qui il a collaboré sur plusieurs projets, et souligne l’importance de la fraternité et de la positivité dans son œuvre.
Un parcours marqué par le hasard et la passion
Fabien Onteniente est né et a grandi dans un HLM situé en bordure de voie ferrée, dans une cité où cohabitaient des familles françaises et une importante communauté portugaise. Comme il l’explique dans son livre, c’est lors d’un tournage improvisé de « La Gifle » en 1974 que sa vie a basculé. Des acteurs comme Annie Girardot, Bernard Blier ou Jean Carmet étaient alors en train de tourner une scène dans le bidonville voisin, construit en quelques jours. C’est là qu’un Michel Audiard, intrigué par sa présence, lui a demandé de prêter sa chaussette rouge pour une scène. Cet épisode, bien que mineur, a marqué le début de sa fascination pour le cinéma.
Pourtant, le jeune Fabien ne rêvait pas de devenir réalisateur. À l’origine, il souhaitait être comédien. Mais comme il le confie aujourd’hui, son tempérament hyperactif et son besoin de mouvement l’ont rapidement détourné de cette voie. « Pour être comédien, il faut une bonne chaise », a-t-il déclaré, reprenant une citation célèbre de Jean Gabin. C’est donc par accident, et grâce à son énergie débordante, qu’il a finalement embrassé le métier de réalisateur, un rôle qui lui a permis de contrôler l’ensemble du processus créatif : décors, costumes, choix des comédiens.
Le succès et ses doutes : l’envers du décor
Son premier grand succès arrive en l’an 2000 avec « Jet Set », un film qui, malgré les éloges et l’enthousiasme du public, a provoqué chez lui une crise d’angoisse. « Quand le succès est arrivé, j’ai paniqué », a-t-il confié à Franceinfo. « Je me suis dit : ‘Ça va figer les choses, j’ai encore des choses à faire’. » Ce sentiment d’être submergé par les compliments et la pression du milieu cinématographique l’a poussé à s’isoler le jour de la première du film, préférant boire un verre seul plutôt que de célébrer le succès en public.
Pourtant, Fabien Onteniente a su surmonter cette épreuve et enchaîner les succès avec « Camping » en 2006, suivi de deux suites en 2008 et 2016. Ces films, qui mêlent humour, fraternité et nostalgie des années 2000, ont conquis des millions de spectateurs et sont devenus des références du cinéma populaire. Comme il aime à le dire, le succès impose une forme de devoir de résultat, surtout lorsqu’on travaille avec des producteurs qui misent sur vous. « On me disait que tout le monde attend au tournant, j’ai répondu : ‘Il n’y a pas de tournant, je vais tout droit.’ »
Football, fraternité et cinéma : une même philosophie
Fabien Onteniente se définit comme un homme pour qui « il y a ceux qui pensent à s’amuser et ceux qui s’amusent à penser ». Lui fait partie de la première catégorie. Son amour pour le football, qu’il décrit comme un sport fédérateur où « tout le monde s’embrasse, même les gens qui ne se connaissent pas », transparaît dans son cinéma. Il évoque souvent les valeurs de camaraderie et de solidarité qui ont marqué son enfance dans la cité, où enfants de toutes origines jouaient ensemble au ballon sans se soucier des différences.
Cette philosophie se retrouve dans ses films, notamment dans « Camping », où l’esprit d’équipe et la joie simple sont au cœur de l’intrigue. Il cite également les grands événements sportifs, comme la Coupe du monde ou les Jeux Olympiques, comme des moments où « les compétitions rassemblent les gens ». Une vision qui rejoint sa volonté, à travers son cinéma, de « redonner le sourire aux gens qui voient la vie avec le verre à moitié vide ».
« Les gens qui ont des soucis, les gens qui voient la vie parfois avec le verre vide, j’essaie de leur améliorer un peu la vie. »
— Fabien Onteniente, dans son livre « Alors, on n’attend pas Fabien ? Du HLM au box-office »
Un hommage à Franck Dubosc et un message aux jeunes générations
Dans son livre, Fabien Onteniente rend un vibrant hommage à Franck Dubosc, son partenaire sur « Camping » et d’autres projets. Pour lui, Dubosc incarne « quelqu’un de bien », une personne authentique et généreuse. Leur collaboration, marquée par une alchimie évidente à l’écran, a contribué à faire de la saga « Camping » un phénomène culturel. Onteniente souligne aussi l’importance de la fidélité et de l’amitié dans le milieu du cinéma, un secteur souvent perçu comme impitoyable.
Mais au-delà des anecdotes et des souvenirs, le livre se veut aussi un message d’encouragement. « Si des gamins ont envie de commencer, même s’ils n’ont pas de chaussette rouge », écrit-il, « ils doivent savoir que l’aventure est dangereuse, mais que la routine peut être mortelle ». Une façon pour lui de rappeler que la persévérance et la passion peuvent mener loin, quel que soit son milieu d’origine.
Fabien Onteniente le rappelle avec humour et humilité : le cinéma, pour lui, reste avant tout une aventure collective. Qu’il s’agisse de prêter une chaussette rouge à 8 ans ou de diriger des stars à l’âge adulte, chaque étape de sa vie a été guidée par une même envie : « faire vibrer les gens, les faire rire, et leur donner envie de croire en leurs rêves ».
Fabien Onteniente est un passionné de football et un fervent supporter de l’équipe de France. Lors de son passage au 23h de Franceinfo, il a confié avoir vibré pour les Bleus lors de leur victoire contre le Sénégal, et avoir offert son livre à Didier Deschamps avant son départ pour la Coupe du monde. Il a également évoqué son attachement aux compétitions sportives comme source d’inspiration pour son cinéma.
Parmi les films les plus connus de Fabien Onteniente figurent « Camping » (2006), « Jet Set » (2000), « Trois Zéros » (2002), et « Disco » (2008). Ces œuvres, souvent centrées sur des thèmes comme la fraternité, l’humour et la nostalgie, sont devenues des classiques du cinéma populaire français.