Alors que les feux de forêt frappent chaque été une partie de l’Europe, les moyens nationaux se révèlent parfois insuffisants face à l’ampleur des sinistres. L’Union européenne dispose d’un mécanisme dédié pour coordonner l’assistance entre États membres : le Mécanisme de protection civile de l’UE (MPCU), qui gère notamment la réserve stratégique RescEU. Un outil opérationnel chaque saison estivale, mais dont les responsables européens appellent aujourd’hui à un renforcement significatif, d’après RFI.

Ce qu'il faut retenir

  • La lutte contre les incendies repose en premier lieu sur les États membres de l’UE, mais peut solliciter le Mécanisme de protection civile de l’UE (MPCU).
  • Ce mécanisme coordonne le déploiement de RescEU, une réserve stratégique européenne incluant pompiers, avions et hélicoptères.
  • RescEU est régulièrement mobilisé lors des saisons estivales, mais son efficacité dépend des renforts supplémentaires nécessaires.
  • Plusieurs responsables européens estiment que le dispositif doit être « renforcé davantage » pour faire face à l’augmentation des incendies.

Des moyens nationaux aux renforts transfrontaliers

La lutte contre les incendies en Europe repose avant tout sur les ressources propres des États. Chaque pays dispose de ses propres forces de secours, d’avions bombardiers d’eau et d’hélicoptères pour intervenir en cas de départ de feu. Cependant, lorsque les incendies dépassent les capacités locales ou que plusieurs régions sont simultanément touchées, ces moyens peuvent s’avérer insuffisants. C’est dans ce cadre que l’Union européenne joue un rôle de coordination et d’appui, comme le détaille RFI.

Le Mécanisme de protection civile de l’UE (MPCU), créé en 2001 et renforcé en 2019, permet aux États membres de solliciter une aide européenne lorsque leurs propres ressources sont débordées. Ce dispositif s’appuie notamment sur RescEU, une réserve stratégique européenne qui mutualise les moyens les plus critiques en cas de crise. Elle comprend des avions de lutte contre les incendies, des hélicoptères et des équipes de pompiers spécialisés, mobilisables rapidement à travers l’Europe.

RescEU, une réserve stratégique sous haute tension

RescEU fonctionne comme un filet de sécurité supplémentaire. Les États peuvent demander son activation lorsqu’un incendie menace des zones habitées, des infrastructures essentielles ou des écosystèmes sensibles. En 2023, par exemple, plusieurs pays méditerranéens ont bénéficié de renforts via ce mécanisme lors d’une saison estivale particulièrement meurtrière. L’Italie, la Grèce et la Croatie avaient alors reçu des avions bombardiers d’eau et des équipes supplémentaires pour contenir les flammes.

Pourtant, malgré ces interventions, les responsables européens soulignent que RescEU doit être encore amélioré. « Il faut renforcer davantage ce dispositif », a souligné un haut fonctionnaire de la Commission européenne, cité par RFI. L’objectif ? Accélérer les temps de réponse, augmenter les capacités disponibles et mieux anticiper les crises en améliorant la coordination entre les États. Le changement climatique, en multipliant les épisodes de sécheresse et de canicule, rend en effet les incendies plus fréquents et plus intenses.

« La lutte contre les incendies ne peut plus reposer uniquement sur les moyens nationaux. Nous devons mutualiser nos ressources et anticiper les crises pour éviter que les feux ne deviennent ingérables. »
— Un responsable européen, anonyme, d’après RFI

Une saison estivale sous haute surveillance

Chaque année, entre juin et septembre, l’Europe suit avec attention l’évolution des incendies de forêt, notamment en Méditerranée. Les pays du sud du continent, comme l’Espagne, le Portugal, la France ou la Grèce, sont les plus exposés en raison des températures élevées et des vents forts. L’été 2025 a encore illustré cette vulnérabilité : des milliers d’hectares ont été ravagés, et plusieurs évacuations ont été nécessaires.

Dans ce contexte, RescEU représente un atout majeur. Pourtant, son déploiement reste conditionné par la disponibilité des moyens et par la rapidité des décisions politiques. Certains États membres, bien que volontaires, peinent parfois à libérer leurs ressources pour des interventions à l’étranger. C’est pourquoi la Commission européenne travaille à l’amélioration des procédures, en renforçant les échanges préventifs et en prévoyant des exercices communs entre pays.

Et maintenant ?

La Commission européenne devrait présenter d’ici la fin de l’année 2026 un nouveau plan de renforcement de RescEU. Celui-ci pourrait inclure une augmentation des moyens aériens disponibles, une meilleure intégration des technologies de surveillance (drones, satellites) et une harmonisation des protocoles d’intervention entre États. Une réunion des ministres de l’Intérieur des Vingt-Sept, prévue en octobre, devrait également aborder la question des financements supplémentaires pour ce mécanisme.

Reste à voir si ces mesures suffiront à faire face à une menace qui, avec le réchauffement climatique, ne cesse de s’aggraver. Pour l’heure, les États européens continuent de miser sur la solidarité transfrontalière pour limiter l’impact des incendies.