« Un engouement citoyen » se dessine dans plusieurs régions françaises cet été, alors que les mégafeux ravagent des territoires toujours plus vastes, selon Ouest France. Les appels à la solidarité pour renforcer les rangs des sapeurs-pompiers volontaires (SPV) trouvent un écho particulier cette année, alors que les incendies estivaux s'intensifient sous l'effet des vagues de chaleur répétées.

Ce qu'il faut retenir

  • Les incendies de grande ampleur cet été stimulent les vocations de pompiers volontaires dans certaines régions.
  • Les départements les plus touchés par les feux enregistrent une hausse significative des inscriptions.
  • Les sapeurs-pompiers volontaires représentent près de 80 % des effectifs des pompiers en France.
  • Les missions des SPV s'étendent bien au-delà de la lutte contre les incendies, incluant secours à personnes et risques technologiques.

D'après les dernières données communiquées par les services départementaux d'incendie et de secours (SDIS), les départements du Sud-Est et du Sud-Ouest, régulièrement exposés aux mégafeux, enregistrent une augmentation de 25 % des demandes d'engagement volontaire par rapport à l'été dernier. « Les appels à la mobilisation collective résonnent particulièrement dans les zones où les feux de forêt ont atteint des proportions critiques ces dernières semaines », précise un responsable de la préfecture des Bouches-du-Rhône, cité par Ouest France.

Pourtant, ce phénomène n'est pas totalement nouveau. Les sapeurs-pompiers volontaires, qui représentent près de 80 % des effectifs des quelque 250 000 pompiers en France, jouent un rôle central dans la gestion des crises. Leur engagement, souvent combiné à une activité professionnelle, permet de maintenir les services de secours opérationnels 24 heures sur 24. « Sans eux, le système ne tiendrait pas », rappelle un officier du SDIS de l'Hérault, où les inscriptions ont bondi de 30 % depuis le début de l'été.

« Cet été, on constate un vrai sursaut citoyen. Les gens veulent agir, donner du sens à leur engagement. Les mégafeux ont agi comme un révélateur. »
Un porte-parole des SDIS du Var, interrogé par Ouest France

Les missions des SPV dépassent largement la lutte contre les incendies. Ils interviennent également dans les secours à personnes, les accidents de la route ou encore les risques technologiques. Pourtant, leur engagement reste souvent méconnu du grand public. « On parle beaucoup des feux, mais les SPV sont aussi sur le front des inondations, des tempêtes ou des accidents domestiques », souligne un volontaire en activité depuis cinq ans dans les Landes. Leur polyvalence en fait des acteurs incontournables du secours en France.

Malgré cette dynamique positive, des défis persistent. Les départements ruraux, où le besoin en SPV est pourtant crucial, peinent parfois à recruter. « Les contraintes horaires et l'éloignement des centres de secours peuvent freiner les vocations », explique un responsable de la préfecture du Gers. Par ailleurs, la formation initiale, qui dure plusieurs mois, représente un investissement en temps que tous ne peuvent pas se permettre. Les SDIS tentent de faciliter l'accès à ces formations en proposant des sessions adaptées aux disponibilités des candidats.

Et maintenant ?

Les prochains mois seront déterminants pour évaluer la pérennité de cet élan de solidarité. Les SDIS prévoient d'organiser des campagnes de recrutement ciblées dans les zones les plus touchées par les mégafeux d'ici la fin de l'année. Une augmentation des effectifs de 10 à 15 % est espérée dans ces territoires, mais tout dépendra de la capacité des centres à accompagner les nouveaux volontaires. Le ministère de l'Intérieur devrait par ailleurs présenter en octobre un plan de renforcement des moyens alloués aux SDIS, incluant des mesures incitatives pour les SPV.

La saison des incendies n'est pas encore terminée, et les appels à l'engagement volontaire pourraient se multiplier si les conditions météo restent défavorables. Autant dire que les prochaines semaines seront décisives pour les services de secours français. Dans l'attente, les SDIS appellent à la prudence : devenir pompier volontaire ne s'improvise pas, même sous l'effet de l'émotion.

Pour s'engager, il faut être âgé d'au moins 16 ans (avec accord parental pour les mineurs), être en bonne santé et réussir les tests d'aptitude physique et psychotechnique. Une formation initiale de plusieurs mois est ensuite obligatoire, suivie de stages réguliers. Aucun diplôme n'est exigé, mais une motivation solide est indispensable.