Avec un seul poumon et après avoir surmonté un cancer, Fanny Barbara, originaire de Bigorre, s’apprête à prendre le départ de l’UTMB 2026 ce vendredi 28 août. La Bigourdane, qui avait déjà terminé l’édition 2025 de l’Ultra-Trail du Mont-Blanc, participe cette année à la Diagonale des Fous et aux 90 kilomètres du Mont-Blanc avant de revenir à Chamonix pour l’épreuve reine. Une performance qui illustre sa détermination et son intégration dans la Team Adaptive, un dispositif conçu pour accompagner des athlètes présentant divers handicaps.
Selon RMC Sport, le parcours de Fanny Barbara bascule brutalement en 2014, alors qu’elle n’a que 23 ans. Employée dans l’agroalimentaire et pratiquante occasionnelle de ski, elle se rend à l’hôpital pour une opération mineure. « J’étais partie au bloc initialement pour un foyer infectieux récalcitrant. Il se trouve qu’au réveil, on m’a expliqué que j’avais bien un foyer infectieux, mais à cause d’une tumeur cancéreuse, et qu’on a dû m’enlever mon poumon gauche », confie-t-elle au micro de RMC Running.
Ce qu'il faut retenir
- 2014 : Diagnostic d’un cancer du poumon gauche chez Fanny Barbara, alors âgée de 23 ans, nécessitant une ablation totale de l’organe.
- Son chirurgien lui avait assuré qu’elle pourrait reprendre une activité physique tant qu’elle ne visait pas le marathon, un conseil qu’elle a visiblement pris à contre-pied.
- Après une rééducation longue et éprouvante, elle se lance dans la course à pied en 2018, avec un premier semi-marathon.
- En 2025, elle boucle son premier UTMB, puis enchaîne avec la Diagonale des Fous et les 90 km du Mont-Blanc en 2026.
- Elle participe à l’UTMB 2026 via la Team Adaptive, qui compte 15 athlètes aux profils variés.
- Son engagement vise à démontrer que le sport est un outil de résilience, tant sur le plan physique que psychologique.
- Fanny Barbara récuse l’idée de détenir des « pouvoirs magiques » : « On n’est pas des super-héros. On est juste des sportifs avec des capacités diminuées, des adaptations. »
Une rééducation longue et un pari sportif risqué
Le choc du diagnostic et l’opération ont marqué un tournant dans sa vie. « Ça a été plus qu’une douche froide », explique-t-elle. Son quotidien devient alors une lutte quotidienne, chaque pas représentant un défi. Pourtant, après des années de réadaptation, elle franchit le cap en 2018 en s’alignant sur un semi-marathon. « Le sport, c’est une renaissance. Que ce soit sur le plan physique, mais aussi psychologique. Ça m’a aidée à regagner du souffle, à me sentir mieux, à me réapproprier mon corps », souligne-t-elle.
Son parcours n’est pas passé inaperçu. Fanny Barbara a eu l’occasion de recroiser son chirurgien, celui-là même qui lui avait sauvé la vie en retirant son poumon. « La parole du médecin, c’est le tout-puissant, le sachant. Le fait qu’il soit venu sceller ça dans le marbre, c’était hyperviolent. Mais on a eu l’occasion d’en rigoler par la suite, quand je lui ai dit que j’avais fait un trail ! », raconte-t-elle avec une pointe d’humour.
L’UTMB et la Team Adaptive : une inclusion par le sport
Son retour à l’UTMB 2026 s’inscrit dans le cadre de la Team Adaptive, une initiative visant à intégrer des athlètes aux handicaps variés. Ce dispositif, qui accompagne 15 sportifs cette année, permet à Fanny Barbara de concourir dans des conditions adaptées. « Je cours parce que je le peux », déclare-t-elle. « Je pense qu’on peut dire que les faiblesses et les difficultés que j’ai traversées dans la maladie sont un petit peu ma force d’aujourd’hui et de demain. »
Pour elle, cette participation représente bien plus qu’une performance sportive. « Je veux représenter au mieux la Team Adaptive et incarner cette inclusion », précise-t-elle. « On n’est pas des super-héros, on n’a pas de pouvoir magique. On est juste des sportifs avec des capacités diminuées, des adaptations. » Un message clair : l’ultra-trail n’est pas réservé à une élite, mais accessible à ceux qui savent se battre.
Un symbole de résilience face aux pronostics médicaux
Son histoire résonne particulièrement dans le milieu de l’ultra-trail, où les défis physiques sont souvent associés à une santé parfaite. Pourtant, Fanny Barbara prouve que la maladie ne définit pas les limites de l’humain. « Je cours parce que je peux », martèle-t-elle. Cette philosophie guide son engagement, tant dans sa pratique sportive que dans son rôle d’ambassadrice pour l’inclusion.
Son parcours interroge aussi la relation entre médecine et sport. Le médecin qui l’a opérée en 2014 avait posé une condition : éviter le marathon. Aujourd’hui, elle a non seulement couru des trails de 90 km, mais s’attaque à l’UTMB, l’un des défis les plus exigeants au monde. Une preuve que les limites sont parfois là pour être repoussées.
Son histoire rappelle que le dépassement de soi ne se mesure pas uniquement à l’aune des performances, mais aussi à la capacité à transformer l’épreuve en force. Comme elle le résume elle-même : « Le sport m’a redonné ce que la maladie m’avait pris. Il m’a rendu mon souffle, littéralement et symboliquement. »
La Team Adaptive est un dispositif mis en place par l’UTMB pour accompagner des athlètes présentant divers handicaps, physiques ou sensoriels. Ce programme leur permet de concourir dans des conditions adaptées, tout en sensibilisant le public à l’inclusion dans le sport.