Alexandre Mulliez, actionnaire et figure majeure du FC Versailles, a annoncé vouloir diminuer ses apports financiers personnels tant que le club des Yvelines n’enregistrera pas de bénéfices. Cette décision, dévoilée dans la deuxième saison de la série documentaire « Le Club » diffusée sur Canal+, intervient alors que le club évolue en Ligue 3 et multiplie les efforts pour atteindre la Ligue 2.

Selon RMC Sport, Alexandre Mulliez, petit-fils du milliardaire Gérard Mulliez (fondateur du groupe Auchan), a expliqué son choix lors d’un entretien avec Jean-Michel Fourgous, président de la communauté d’agglomération de Saint-Quentin-en-Yvelines. « Aujourd’hui, j’ai envie de diminuer mon risque tant que le club n’est pas rentable », a-t-il déclaré. Un constat partagé par le quadragénaire, qui a également confié à Jean-Claude Le Grand, directeur général des relations humaines de L’Oréal, que le FC Versailles n’était « pas du tout » rentable.

Ce qu'il faut retenir

  • Alexandre Mulliez réduit ses investissements personnels tant que le FC Versailles n’est pas rentable, selon RMC Sport.
  • Le club de Ligue 3 n’enregistre actuellement aucun bénéfice, a confirmé Mulliez dans la série « Le Club ».
  • Une levée de 6 millions d’euros est nécessaire avant mi-mai pour assurer la pérennité du club.
  • Le FC Versailles espère quitter son stade provisoire (200 places) pour le stade Montbauron (5 700 places) à Versailles, sous réserve de l’installation d’un éclairage moderne.
  • Le club emploie une cinquantaine de salariés et fonctionne comme une structure de Ligue 2 en attendant une montée.

Une levée de fonds urgente avant mai 2026

Depuis le début de l’année, Alexandre Mulliez s’est lancé dans une recherche active de nouveaux partenaires financiers pour sécuriser l’avenir du FC Versailles. « Je dois lever 6 millions d’euros avant mi-mai maximum, parce que si je n’y arrive pas, je laisse tomber le club, potentiellement le club s’écroule », a-t-il expliqué lors d’un échange en visioconférence. Avec trois mois pour atteindre cet objectif, il a souligné l’urgence de la situation : « On est mi-février, j’ai trois mois et en fait, il n’y a rien d’autre. »

Pour attirer des investisseurs, le FC Versailles propose de céder 30 % de son capital sans céder le contrôle majoritaire. « On vend 30 % du capital, donc on ne vend pas une part majoritaire du capital », a précisé Mulliez. L’enjeu n’est pas financier, mais humain : « Ça peut paraître naïf, mais je veux des gens sympas, parce que ce qu’on vend nous, ce n’est pas un retour sur investissement, ce n’est pas un rendement, c’est une aventure humaine. »

Un projet sportif ambitieux malgré des contraintes financières

Avec une cinquantaine de salariés, le FC Versailles fonctionne actuellement comme une structure de Ligue 2, avec pour objectif une montée en deuxième division. En attendant, l’équipe de Jordan Gonzalez évolue au stade Georges-Lefèvre du Camp des Loges, l’ancien centre d’entraînement du PSG, situé à Saint-Germain-en-Laye (Yvelines). Ce stade, d’une capacité d’environ 200 places, ne permet pas d’accueillir des matchs en soirée, contrairement aux exigences des compétitions professionnelles.

Le club espère pouvoir bientôt réintégrer le stade Montbauron à Versailles, d’une capacité de 5 700 places. Cependant, ce projet dépend de l’installation d’un système d’éclairage moderne, indispensable pour organiser des matchs en nocturne. « À condition de parvenir à équiper l’enceinte d’un système d’éclairage moderne indispensable à l’organisation de matchs en soirée, tout en respectant les règles d’urbanisme visant à protéger le château de Versailles adjacent », précise RMC Sport. Un dossier prioritaire pour Alexandre Mulliez, qui consacre une grande partie de son temps au développement du club.

« Moi, je peux continuer à tirer sur la corde. Je bosse comme un malade et j’en suis fier. J’ai besoin que les gens se disent : “Il bosse comme un malade”. Et en même temps, en pensant ça tout à l’heure je me suis dit : “C’est ce qui va faire que je vais exploser”… »
— Alexandre Mulliez, dans la série « Le Club »

Un modèle économique à réinventer

Le FC Versailles mise sur une approche originale pour attirer des investisseurs. Plutôt que de promettre des rendements financiers, le club propose une « aventure humaine », avec des actionnaires sélectionnés pour leur engagement et leur absence d’ingérence. « Je veux des gens qui ne souhaitent pas faire d’ingérence. J’exige de la confiance et en échange de ça, je propose de racheter les actionnaires sur simple demande au prix d’entrée », a expliqué Mulliez.

Cette stratégie reflète les défis financiers auxquels fait face le club, malgré l’ambition de ses dirigeants. Le FC Versailles, créé il y a trois ans sous l’impulsion d’Alexandre Mulliez, de Fabien Lazare (entrepreneur) et de Pierre Gasly (pilote de Formule 1), ambitionne de monter en Ligue 2 dans les prochaines saisons. Cependant, la rentabilité reste un objectif lointain, comme en témoignent les déclarations de Mulliez.

Et maintenant ?

La prochaine échéance pour le FC Versailles est fixée à mi-mai 2026, date butoir pour la levée des 6 millions d’euros nécessaires à la survie du club. Si cette opération échoue, Alexandre Mulliez a clairement indiqué qu’il pourrait se retirer, laissant planer le risque d’un effondrement structurel. Parallèlement, la modernisation du stade Montbauron et l’obtention des autorisations urbanistiques pourraient prendre plusieurs mois, retardant ainsi le retour du club dans sa ville d’origine.

Le modèle économique du FC Versailles, basé sur une approche collaborative et humaine, reste à prouver. Dans l’immédiat, la survie du club dépendra de sa capacité à convaincre de nouveaux partenaires de s’engager dans cette aventure, malgré l’absence de perspectives de rentabilité à court terme.

Alexandre Mulliez a décidé de limiter ses apports financiers personnels car le FC Versailles n’est pas rentable. Il souhaite réduire son risque tant que le club ne dégage pas de bénéfices, comme il l’a expliqué dans la série documentaire « Le Club » diffusée sur Canal+.

Le FC Versailles vise une montée en Ligue 2. Pour y parvenir, le club mise sur une structure professionnelle, similaire à celle d’une équipe de Ligue 2, tout en évoluant actuellement en Ligue 3.