Le groupe Nosoli, qui gère les enseignes de librairies Furet du Nord et Decitre, a annoncé mardi 7 juillet 2026 la fermeture de 11 de ses 27 magasins et la suppression de 163 postes au maximum. Selon Le Figaro, cette décision intervient alors que l’entreprise est placée en redressement judiciaire depuis le début du mois de juin.
Ce qu'il faut retenir
- 11 magasins fermés sur 27, dont 7 pour Furet du Nord et 4 pour Decitre
- 163 postes supprimés au maximum, dans un contexte de crise du secteur des librairies
- L’entreprise Nosoli est en redressement judiciaire depuis début juin 2026
- Les fermetures concernent 3 magasins Furet du Nord en Île-de-France et 4 Decitre en Auvergne-Rhône-Alpes
Un groupe en difficulté face à la crise du secteur
Nosoli, qui regroupe les réseaux Furet du Nord et Decitre, traverse une période particulièrement difficile. L’annonce des fermetures et des suppressions d’emplois survient alors que le secteur des librairies subit de plein fouet la baisse de fréquentation et la concurrence des ventes en ligne. Depuis le début du mois de juin, l’entreprise est sous le coup d’un redressement judiciaire, une procédure destinée à lui permettre de se restructurer.
Dans un communiqué, la direction n’a pas détaillé les raisons exactes des fermetures, mais a indiqué que ces mesures s’inscrivaient dans une logique de réorganisation pour assurer la pérennité des enseignes restantes. Le groupe, qui compte historiquement parmi les principaux acteurs de la librairie en France, doit désormais faire face à une situation financière délicate.
Des fermetures réparties sur tout le territoire
Parmi les magasins concernés, sept appartiennent à Furet du Nord, dont trois situés en Île-de-France. Pour Decitre, ce sont quatre établissements en Auvergne-Rhône-Alpes qui fermeront leurs portes. Les villes touchées n’ont pas été précisées, mais cette répartition géographique reflète l’implantation historique des deux enseignes.
Les salariés concernés par les suppressions de postes seront informés dans les prochains jours, selon les dispositions légales en vigueur. Le groupe Nosoli n’a pas précisé si des mesures d’accompagnement, comme des reclassements ou des plans de départs volontaires, seraient proposés aux employés.
Un secteur en mutation, marqué par les défis économiques
La crise qui frappe les librairies physiques n’est pas nouvelle. Depuis plusieurs années, le secteur fait face à une baisse progressive de la fréquentation, notamment en raison de la montée en puissance du commerce en ligne et des géants comme Amazon. Les librairies indépendantes, mais aussi les réseaux traditionnels, doivent s’adapter à un modèle économique de plus en plus contraint.
Certaines enseignes ont tenté de se diversifier en développant des espaces culturels ou en misant sur la vente de produits dérivés. Pourtant, pour Nosoli, cette stratégie n’a pas suffi à éviter les fermetures. Le redressement judiciaire pourrait permettre au groupe de négocier avec ses créanciers et de trouver de nouveaux partenaires financiers, mais les prochains mois seront déterminants.
« La situation est critique, mais le redressement judiciaire offre une chance de rebâtir un modèle viable. »
— Un cadre du groupe Nosoli, cité par Le Figaro
Cette restructuration pose également la question de l’avenir des enseignes Furet du Nord et Decitre. Si le groupe parvient à se stabiliser, il pourrait conserver une partie de son réseau historique. À l’inverse, d’autres fermetures pourraient intervenir dans les mois à venir si la situation financière ne s’améliore pas.
Enfin, cette annonce intervient alors que le débat sur la survie des librairies indépendantes et des réseaux traditionnels s’intensifie en France. Plusieurs élus locaux et associations de consommateurs ont déjà réagi, appelant à soutenir les commerces de proximité face à la domination des géants du numérique.
Les salariés des magasins fermés seront informés dans les prochains jours des modalités de suppression de leur poste. Selon la loi, des entretiens individuels et des mesures d’accompagnement (comme des formations ou des accompagnements vers d’autres emplois) pourraient être proposés. Le groupe Nosoli doit également négocier avec les syndicats et le comité social et économique (CSE) pour finaliser ces mesures.
Pour l’instant, les sites de vente en ligne des deux enseignes restent opérationnels. Aucune annonce n’a été faite concernant leur fermeture ou leur cession. Les clients peuvent donc continuer à commander des livres sur les plateformes numériques, mais les délais de livraison pourraient être impactés par les fermetures des magasins physiques.